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Relèvement du plafond de la dette : « C'est une question d'heures ou de jours », assure un des négociateurs

latribune.fr

Publié le 27 mai 2023 à 15:07 - Mis à jour le 27 mai 2023 à 15:19

Photo du president americain joe biden a la maison blanche

Joe Biden a jusqu'au 5 juin pour trouver un compromis avec les Républicains

LEAH MILLIS

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen a repoussé vendredi la date limite pour relever le plafond de la dette fédérale américaine au 5 juin Janet Yellen avait précédemment fixé cette date au début du mois de juin, voire dès le 1er juin.

[Article publié le vendredi 26 mai 2023 à 22h48 et mis à jour le samedi 27 mai 2023 à 17h17] Un grand bol d'air pour Joe Biden. La date butoir pour trouver un accord avec les Républicains sur le relèvement du plafond de la dette a été repoussée au 5 juin, a déclaré le secrétaire au Trésor. Elle était jusqu'ici fixée au 1er juin.

«Sur la base des données les plus récentes disponibles, nous estimons maintenant que le Trésor ne disposera pas de ressources suffisantes pour satisfaire aux obligations du gouvernement si le Congrès n'a pas relevé ou suspendu le plafond de la dette d'ici au 5 juin», a détaillé vendredi la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen, dans une lettre aux élus du Congrès.

Plus de 130 milliards de dollars de paiements en retraites, santé et pour les anciens combattants notamment, sont prévus au cours des deux premiers jours de juin, ce qui « laissera le Trésor avec un niveau de ressources extrêmement bas », a-t-elle précisé.

Les discussions se poursuivent samedi

Un délai précieux pour la Maison Blanche pour trouver un compromis avec Kevin McCarthy, le chef des républicains à la chambre des Représentants et régler toute la paperasse administrative assortie à une telle décision. Les discussions se poursuivaient ce samedi. Elles ont progressé, mais les négociateurs buttent sur d'ultimes détails de l'accord que chacun considère comme des lignes rouges.

Interrogé samedi matin pour savoir s'il y aurait un accord avant la date-butoir, le chef républicain à la Chambre des Représentants Kevin McCarthy a répondu: « oui ». « Je pense qu'on peut vraiment y arriver », a-t-il dit à des journalistes tout en prévenant qu'il restait des points d'achoppement.

Joe Biden avait  dit espérer savoir d'ici vendredi soir si un accord budgétaire pouvait être conclu pour éviter un défaut de paiement américain, objet d'intenses négociations entre démocrates et républicains. « On est très proches, et je suis optimiste », a déclaré vendredi en fin d'après-midi le président américain. « J'espère que nous saurons d'ici ce soir si nous sommes en mesure de conclure un accord. »

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«C'est une question d'heures ou de jours»

Un des principaux points d'achoppement porte sur la demande des républicains qui exigent que les bénéficiaires de prestations, telles que l'aide alimentaire, travaillent en échange de leur obtention. Le porte-parole de la Maison Blanche, Andrew Bates, a affirmé que les républicains sont prêts à mettre en péril « plus de huit millions d'emplois s'ils ne parviennent pas à enlever le pain de la bouche d'Américains qui ont faim ».

« Je ne pense pas que ce soit bien d'emprunter de l'argent à la Chine pour payer des gens bien portants et n'ayant pas de personne à charge à traîner sur leur canapé », a fustigé Kevin McCarthy, qui se pose en défenseur intransigeant de la rigueur budgétaire, dans une vidéo partagée samedi.

L'un des négociateurs républicains Patrick McHenry a évoqué une «courte liste de désaccords» restants entre les deux camps. «C'est une question d'heures ou de jours», a-t-il dit samedi.

Risque de banqueroute

Pour éviter la banqueroute, le Congrès doit en effet augmenter rapidement le plafond d'endettement, pour l'heure de 31.000 milliards de dollars. Un échec des négociations aurait des conséquences catastrophiques pour l'économie américaine, mais aussi mondiale. Sans accord d'ici au 5 juin, les Etats-Unis ne seraient plus en mesure de rembourser ses créanciers, ni payer les salaires de certains fonctionnaires et les retraites d'anciens militaires, entre autres. Les Etats-Unis pourraient par conséquent ne plus pouvoir rembourser les porteurs de bons du Trésor américains, le placement roi de la finance mondiale. De quoi déclencher potentiellement une tempête financière mondiale, et étrangler la croissance comme l'emploi aux Etats-Unis.

Avant de donner leur feu vert, les républicains exigent des coupes budgétaires drastiques du gouvernement pour les ramener aux niveaux de 2022. Concrètement : couper 130 milliards de dollars de dépenses. Joe Biden qui refusait jusqu'ici et proposait de réduire certaines dépenses tout en augmentant les impôts pour les plus riches et les entreprises, a, selon la Maison Blanche proposé au leader des républicains à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, de faire de nouvelles dépenses qui allégerait la facture de l'Etat fédéral de plus de 1.000 milliards de dollars sur dix ans. Un montant qui s'ajouterait aux réductions du déficit déjà promises par Joe Biden, qui se montent à 3.000 milliards sur dix ans. Le président démocrate est prêt à plafonner pendant deux ans la dépense publique, là où les républicains demandent une durée plus longue.

Vote au Sénat en cas d'accord

Si un accord est trouvé, il faudra encore qu'il soit adopté par le Sénat. Ce dernier est contrôlé de justesse par les démocrates. Le texte doit aussi être soumis à la Chambre des représentants, dans laquelle les conservateurs ont une fragile majorité. Le calendrier parlementaire est contraint : nombre d'élus sont retournés dans leurs fiefs pour une pause de plusieurs jours, à l'occasion du week-end prolongé du « Memorial Day ».

Par ailleurs, certains progressistes au sein du parti démocrate, tout comme certains élus du parti républicain, ont menacé de ne pas ratifier, ou de retarder au maximum un texte qui ferait trop de concessions au camp adverse.

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Le FMI pousse à une résolution rapide

La directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a appelé vendredi à « une résolution aussi rapide que possible » des discussions concernant le plafond de la dette américaine, estimant que trouver une solution était « primordial » pour l'économie mondiale. La patronne du Fonds monétaire international s'exprimait à l'occasion d'une conférence de presse après la publication d'un rapport sur l'activité économique américaine, à l'occasion duquel l'institution a revu en légère hausse ses prévisions de croissance. Rappelant l'appel de la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen à une « résolution rapide » sur le sujet, Kristalina Georgieva a assuré « partager cette attente. Nous sommes très désireux de voir une résolution aussi rapide que possible ».

« Nous devons nous rappeler que nous sommes entrés dans le dernier quart d'heure, donc terminer avec un résultat positif est primordial, d'un point de vue mondial », a ajouté Kristalina Georgieva, précisant que, pour l'instant, l'impact sur les marchés financiers restait minime, du fait d'une certaine accoutumance à ce type de situation.

« L'expérience nous montre qu'il faut souvent aller jusqu'à la limite pour qu'une solution soit trouvée », concernant le plafond d'endettement américain, faisant état d'un « calme relatif. Nous avons vu quelques mouvements sur des marchés de niche mais ce n'est pas pour l'heure quelque chose de significatif ».

Il n'en reste pas moins que les Etats-Unis sont trop endettés, selon le FMI, qui, dans son rapport, invite le pays à réaliser « un ajustement significatif afin de placer la dette publique sur une tendance baissière d'ici la fin de cette décennie ». Dans son rapport, le FMI a revu en légère hausse ses prévisions de croissance pour les Etats-Unis en 2023, tablant désormais sur 1,7% contre 1,6% anticipé en avril. Le Fonds s'attend en effet à ce que l'inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l'alimentation et de l'énergie, « reste sensiblement supérieure à la cible de 2% en 2023 et 2024 », ce qui devrait entraîner un maintien des taux d'intérêt de la banque centrale américaine (Fed) entre 5,25% et 5,5% « jusqu'à la fin de l'année 2024 ».

« Nous estimons que les taux devront être un peu plus élevés et pour plus longtemps. Il existe par ailleurs une forte incertitude concernant les dynamiques économiques et inflationnistes », a affirmé Mme Georgieva.

Dans un communiqué, la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen a relevé « la résilience de l'économie américaine face aux difficultés mondiales ainsi que les progrès (...) réalisés dans l'année écoulée pour réduire l'inflation et maintenir un marché du travail solide ».

Le FMI souligne en effet la solidité du marché de l'emploi américain, avec un « taux de participation à l'activité économique supérieur aux niveaux pré-pandémiques » ainsi qu'un « taux de chômage historiquement bas pour les femmes et les Afro-américains », deux groupes généralement plus touchés par le chômage.

L'institution reconnaît également les efforts réalisés en 2021 pour réduire la pauvreté, notamment grâce à une hausse des salaires pour les personnes à bas revenus, entraînant une baisse significative du taux de pauvreté, passé de 11,8% en 2019 à 7,8% en 2021. La tendance s'est cependant partiellement inversée en 2022, du fait de la fin des aides mises en place durant la pandémie mais également sous l'effet de l'inflation, qui réduit l'impact positif des hausses de salaires.

(Avec AFP)

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