Royaume-Uni : le déficit se creuse encore avant la présentation du budget
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En plus du déficit qui se creuse, le gouvernement britannique fait face à une dette élevée qui a atteint 98,5% du PIB en septembre.
POOL New
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En plus du déficit qui se creuse, le gouvernement britannique fait face à une dette élevée qui a atteint 98,5% du PIB en septembre.
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[Article publié le mardi 22 octobre 2024 à 10h18, mis à jour à 16h58] Les finances britanniques plongent chaque mois un peu plus dans le rouge. Le déficit budgétaire a atteint en septembre 16,6 milliards de livres (20 milliards d'euros), soit 1,5 milliard de plus que prévu, a annoncé ce mardi l'Office national des statistiques (ONS). Et, par rapport au mois d'août, il fait un bond d'environ 21%, puisqu'il s'affichait le mois dernier à 13,7 milliards de livres (16,3 milliards d'euros).
Si bien qu'en cumulé depuis début avril, mois où commence l'année fiscale au Royaume-Uni, le pays a emprunté près de 6,7 milliards de livres (8,1 milliards d'euros) de plus que les projections de l'organisme public de prévisions budgétaires (OBR).
En parallèle, le gouvernement fait face à une dette élevée : elle a atteint 98,5% du produit intérieur brut (PIB) en septembre. Elle flirte depuis des mois avec le seuil symbolique des 100% - qui a déjà été dépassé lors d'estimations provisoires ces derniers mois, avant d'être finalement revu à la baisse. Un niveau qui n'a plus été vu depuis les années 1960. Gonflée notamment par les aides distribuées pendant l'épidémie de Covid-19 et la crise de l'énergie, elle peine à se résorber depuis.
L'augmentation, à la fois du déficit et de la dette, met une pression supplémentaire sur le gouvernement travailliste. Pour rappel, ce dernier est arrivé au pouvoir début juillet après une campagne axée sur la promesse d'une « discipline budgétaire de fer ». L'exécutif veut rétablir les finances du pays après 14 années de gouvernements conservateurs qui ont, selon lui, laissé un « trou noir » de 22 milliards de livres dans les comptes publics. Le Premier ministre Keir Starmer a d'ores et déjà prévenu que le premier budget serait « douloureux » avec de probables réductions des dépenses publiques et augmentations d'impôts.
Pour Alex Kerr, analyste chez Capital Economics, les chiffres publiés ce mardi « soulignent la marge de manœuvre limitée dont dispose (le gouvernement) pour augmenter les dépenses courantes sans accroître les impôts », a-t-il résumé. Un avis partagé par son homologue chez EY Item Club. « Il semble de plus en plus probable » que le gouvernement devra « compenser au moins une partie des dépenses courantes supplémentaires par des augmentations d'impôts, au-delà de celles prévues » dans son programme électoral, a prévenu Matt Swannell.
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Le budget sera présenté le 30 octobre prochain par la ministre des Finances, Rachel Reeves. Très attendu par les Britanniques, redouté par les entreprises, il devrait combiner hausses d'impôts et resserrement des dépenses. Les travaillistes ont toutefois promis de ne pas alourdir les taxes pour ceux qui travaillent. « Ce sera un budget honnête sur l'état des finances publiques et sur les mesures nécessaires en matière de dépenses, de protection sociale et d'impôts pour assainir » la situation, a indiqué ce mardi la ministre.
Parmi les mesures déjà actées : l'imposition de la TVA sur les écoles privées ou l'augmentation d'une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises pétrolières et gazières. Au titre des coupes dans les dépenses, le gouvernement a par ailleurs déjà annoncé sa décision - très controversée - de supprimer un chèque énergie destiné à des millions de retraités.
Pour le reste, selon la presse britannique, la ministre pourrait choisir d'augmenter les cotisations sociales patronales ou encore d'alourdir la taxation sur les plus-values, les successions ou les carburants. Elle pourrait aussi décider de modifier les strictes règles de contrôle budgétaire en vigueur au Royaume-Uni, ce qui augmenterait ses possibilités d'emprunter pour financer des investissements publics.
L'horizon n'est pas totalement sombre pour l'exécutif britannique. Si les chiffres concernant le déficit et la dette « mettent en évidence le contexte budgétaire difficile » auquel il est confronté, ce dernier pourra compter sur « l'amélioration du contexte économique », relevait il y a quelques semaines Alex Kerr.
En témoigne les révisions à la hausse des prévisions de croissance britannique pour cette année faites par les institutions internationales. Ce mardi, le FMI a indiqué s'attendre à ce qu'elle atteigne 1,1% en 2024, soit 0,4 point de plus que sa précédente estimation datant de juillet. Prévision identique actualisée précédemment par l'OCDE, qui l'a d'ailleurs relevé de 0,7 point par rapport à sa prévision de mai.
Prudence cependant. Le PIB britannique a moins progressé qu'estimé au deuxième trimestre. Il a finalement augmenté de seulement 0,5% sur cette période, contre une première estimation de 0,6%, selon des chiffres de l'ONS, publiés fin septembre. Soit moins bien qu'au premier trimestre où il avait enregistré une hausse de 0,7%. Ainsi, entre avril et juin, la croissance a été tirée par les services, mais moins qu'initialement estimé, tandis que la production manufacturière et la construction ont chuté davantage que ce qui avait été d'abord mesuré, d'après l'ONS.
Le Royaume-Uni a depuis enregistré une croissance nulle en juillet, selon des données publiées au début du mois. Et l'indice PMI Flash de S&P Global, un indicateur avancé de la croissance, indique quant à lui que la croissance a globalement faibli au troisième trimestre.
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L'ensemble de ces données « suggèrent que l'économie a désormais du mal à retrouver son dynamisme », indiquait fin septembre Sam Miley, économiste du centre de réflexion économique CEBR. Il s'attendait même « à ce que cette tendance persiste pour le reste de l'année, avec une croissance trimestrielle en ralentissement ». Son confrère chez Capital Economist, Paul Dales, se voulait néanmoins rassurant : si « la croissance du PIB sera plus lente au cours du deuxième semestre de l'année (...) un ralentissement majeur ou une nouvelle récession » devraient cependant être évités par l'économie britannique, estime-t-il. C'est toujours ça.
(Avec AFP)
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