Royaume-Uni : le gouvernement plaide pour une relance « urgente » des relations commerciales avec l'UE
latribune.fr
Elu en juillet avec un programme centriste et pro-entreprises, Keir Starmer dit vouloir améliorer les relations avec les Européens mais sans revenir sur le Brexit ni rejoindre le marché unique.
Pour le nouveau gouvernement travailliste britannique, le commerce international doit jouer un rôle clé pour stimuler la croissance et cela passe par une relance « urgente » des relations avec l'Union européenne après le Brexit, affirme à l'AFP son secrétaire d'Etat chargé du Commerce.
Si le Brexit était vanté par ses partisans au sein de l'ex-gouvernement conservateur comme une manière pour Londres de s'affranchir du carcan européen pour négocier des accords commerciaux tous azimuts dans le monde, les résultats sont restés modestes. Pour Douglas Alexander, secrétaire d'Etat britannique chargé du Commerce, la sortie de l'Union européenne, votée en 2016 et concrétisée en 2020, a provoqué « des perturbations importantes » pour la politique commerciale du Royaume-Uni. Et qui doit désormais être recalibrée. Le secrétaire d'Etat se trouvait lundi à Genève pour rencontrer la directrice générale nigériane de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala. Cette visite s'inscrit dans les préparatifs en cours pour publier au printemps prochain une stratégie commerciale à long terme remaniée.
«Les chiffres restent difficiles en termes de conséquences commerciales immédiates post-Brexit, mais la réalité, c'est que 47% des échanges du Royaume-Uni se font toujours avec l'UE. Il est donc urgent de relancer notre relation», assure Douglas Alexander.
« Je suis déterminé à faire de ce pays l'économie qui connaît la plus forte croissance du G7 », a lancé mi-octobre le Premier ministre travailliste Keir Starmer, face à des dizaines de dirigeants lors d'un sommet dédié à Londres. « C'est le moment de soutenir la Grande-Bretagne. » Deux jours avant ce sommet, le chef de la diplomatie britannique David Lammy participait à Luxembourg à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE, marquant une nouvelle fois la volonté de Londres « d'approfondir ses liens » avec ses « partenaires européens ».
Pas question de revenir sur le Brexit ni de rejoindre le marché unique
Elu le 5 juillet avec un programme centriste et pro-entreprises, Keir Starmer dit vouloir améliorer les relations avec les Européens mais sans revenir sur le Brexit ni rejoindre le marché unique, ce qui risquerait de rouvrir les plaies ouvertes lors de la sortie de l'UE. Pour Douglas Alexander, la victoire des travaillistes en juillet dernier place le Royaume-Uni en position d'être « la démocratie la plus stable politiquement du G7 » dans les prochaines années - plusieurs des pays riches ont soit des élections imminentes soit des gouvernements affaiblis.
Et si cela « ne garantit la stabilité économique et le progrès, cela y contribue certainement », ajoute-t-il. « Nous souhaitons en tant que nouveau gouvernement à la fois relancer notre relation avec nos amis et partenaires de l'UE, tout en continuant de chercher à conclure des accords de libre-échange et de nouvelles opportunités dans le monde entier. »
Par ailleurs, si l'économie britannique a rebondi en début d'année après une courte récession fin 2023, la reprise reste modeste et a tendance à ralentir. D'ores et déjà, le nouveau gouvernement travailliste sait que le troisième trimestre ne sera pas bon. Le Royaume-Uni a enregistré une croissance nulle en juillet, selon des chiffres publiés au début du mois. Et l'indice PMI Flash publié par S&P Global, un indicateur avancé de la croissance, indique, quant à lui, que la croissance a globalement faibli au troisième trimestre.
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