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Taux : statu quo pour le Royaume-Uni et la Norvège, la Suisse acte sa deuxième baisse

latribune.fr

Publié le 20 juin 2024 à 11:58 - Mis à jour le 20 juin 2024 à 12:52

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Plusieurs banques centrales du Vieux continent ont tenu leur réunion ce jeudi pour décider de la suite à apporter à leur politique monétaire. Si la Suisse a acté une deuxième baisse de son taux directeur – après une première en mars –, le Royaume-Uni et la Norvège ont joué la carte de la prudence en laissant le leur inchangé.

[Article publié le jeudi 20 juin 2024 à 12h42, mis à jour à 14h51] Chaque banque centrale avance décidément à son rythme. Celle du Royaume-Uni a, sans surprise, maintenu son taux d'intérêt à 5,25%, en dépit d'une inflation britannique retombée à son objectif de 2%. « C'est une bonne nouvelle que l'inflation soit retournée à notre cible », a relevé le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey. Toutefois, l'institution monétaire doit s'« assurer que l'inflation restera faible » dans le pays pour envisager une baisse, a-t-il ajouté.

La raison de cette prudence est notamment politique, du fait de la tenue d'élections législatives, le 4 juillet prochain. Dans la foulée de l'annonce de ce prochain scrutin par le Premier ministre britannique fin mai, la BoE a d'ailleurs annulé la quasi-totalité des prises de parole de ses membres, pour ne pas sembler vouloir influencer l'issue du vote. Dans le compte-rendu de sa réunion, l'institution monétaire a toutefois assuré que « la date de l'élection n'a pas été prise en compte dans cette décision » de maintien du taux inchangé.

À l'instar de la précédente décision, seuls deux membres du Comité de politique monétaire de la BoE ont voté en faveur d'une réduction de taux, les autres membres se prononçant pour un maintien. Il s'agit en tout cas du septième statu quo d'affilée de la BoE et les analystes se demandent s'il s'agit du dernier. Nombreux s'attendent à une première baisse à la fin de l'été.

«Plusieurs indices suggèrent qu'une baisse des taux se rapproche», et pourrait intervenir en août, a réagi Ruth Gregory, de Capital Economics.

La BoE a par ailleurs remonté ses prévisions de croissance économique pour le pays. Elle s'attend désormais à une croissance du PIB de 0,5% au second trimestre au Royaume-Uni, davantage que les 0,2% projetés dans son rapport de mai.

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Statu quo aussi en Norvège

Décision identique prise en Norvège, ce jeudi également.« Si l'économie évolue comme prévu, le taux directeur restera à 4,5% jusqu'à la fin de l'année, avant d'être progressivement réduit », a déclaré la gouverneure de l'institution, Ida Wolden Bache, dans un communiqué.

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La raison est simple : l'inflation reste élevée dans le pays. Celle dite « sous-jacente », qui est le principal indicateur observé par la banque centrale, a bien ralenti mais reste, à +4,1% sur un an en mai, au-delà de l'objectif officiel d'environ 2%.

« Le taux directeur est suffisamment élevé pour ramener l'inflation à l'objectif dans un délai raisonnable »,mais il est« nécessaire de maintenir une politique monétaire restrictive pendant un peu plus longtemps que prévu »,a justifié la banque centrale.

Pour rappel, afin d'enrayer l'inflation, la Banque de Norvège a relevé son taux directeur à 14 reprises à partir de septembre 2021 pour le porter à son niveau le plus élevé depuis 2008. Des taux élevés calment l'inflation mais, dans le même temps, pèsent sur la croissance économique des pays. C'est le cas pour celle du royaume scandinave, qui affiche des signes d'essoufflement.

Pour autant, avant d'envisager de desserrer l'étau, la Banque de Norvège devrait laisser ses homologues américaine (Fed) et européenne (BCE) dégainer les premières. Elle doit en effet veiller à ne pas accentuer la faiblesse de la couronne norvégienne par rapport au dollar et à l'euro, ce qui aurait pour effet de raviver l'inflation.

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Le chemin est néanmoins à moitié fait puisque la BCE a annoncé la première baisse de ses taux au début du mois de juin, de 0,25 point. Elle a toutefois précisé que cette première baisse ne sera pas obligatoirement suivie d'une autre dès sa prochaine réunion. Elle affiche ainsi une attitude pondérée compte tenu du contexte économique actuel. Une prudence également de mise - et plus forte encore - outre-Atlantique. La Fed a, elle, opté pour le statu quo la semaine dernière, prévenant au passage n'envisager plus qu'une seule baisse cette année en raison du rebond de l'inflation enregistré en ce début d'année aux États-Unis.

Deuxième baisse pour la Suisse

A contrario, en Suisse, la banque nationale du pays (BNS) a annoncé ce jeudi assouplir encore un peu plus sa politique monétaire. Elle a ainsi abaissé son taux directeur, qui est désormais à 1,25% contre 1,50% auparavant. Il s'agit pour elle d'une deuxième baisse : en mars, l'institution avait créé la surprise en réduisant pour la première fois en deux ans son taux directeur, de 0,25 point de pourcentage également (le faisant passer de 1,75% à 1,50%).

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La Suisse profite d'une inflation plus faible que dans de nombreux autres pays, ce qui a donné à la BNS davantage de marge de manœuvre. Elle s'est ainsi affichée à +1,4% en mai, comme en avril. Reste qu'elle est sur une pente ascendante puisque elle était à +1% en mars, son plus bas niveau en deux ans et demi. Si bien que des économistes doutaient que l'institution monétaire abaisse de nouveau ses taux ce jeudi.

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La BNS s'affiche en outre plutôt optimiste pour la suite puisqu'elle a abaissé sa prévision d'inflation pour 2024, la ramenant à 1,3% (contre 1,4% auparavant). Elle a en revanche laissé inchangé celle sur la croissance, aux environs de 1%, tablant toujours sur une progression « modérée » du produit intérieur brut (PIB) du pays au cours des prochains trimestres.

(Avec AFP)

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