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TotalEnergies juge « limitée » son exposition au scandale qui touche le conglomérat indien Adani

latribune.fr

Publié le 03 février 2023 à 11:30 - Mis à jour le 03 février 2023 à 11:30

Le logo du groupe adani est visible sur la facade de son siege social a la peripherie d'ahmedabad

Le conglomérat indien Adani connaît depuis une semaine une véritable descente aux enfers.

AMIIT DAVE

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Malgré diverses participations dans des coentreprises avec le groupe indien, le géant de l'énergie français s'est montré optimiste, assurant avoir effectué ses investissements « dans le plus strict respect des lois applicables ». Une réaction qui intervient alors que le conglomérat est visé par des accusations de « fraude comptable », ce qui a notamment eu pour conséquence la liquidation massive des titres de ses entreprises, effaçant plus de 100 milliards de dollars de valeur boursière.

Alors que les difficultés ne cessent de s'amonceler pour le groupe indien Adani, TotalEnergies se veut, lui, rassurant. Le pétrolier français détient 50% de la coentreprise Adani Total Private Limited ; 37,4% de Adani Total Gas Limited ; 19,75% de Adani Green Energy Limited ; et 50% de l'entité AGEL23, résultant dans une exposition de 3,1 milliards de dollars (au 31 décembre 2022) soit 2,4% des capitaux employés du groupe.

Ce partenariat remonte à 2018, avec la coentreprise Adani Total Private Limited, pour développer le terminal GNL de Dhamra. Le groupe français a ensuite acquis en 2019 37,4% d'Adani Total Gas Limited de distribution de gaz de ville. Le partenariat a été étendu en 2020 pour un montant total d'investissement de 2,5 milliards de dollars pour l'entrée de TotalEnergies au capital de Adani Green Energy Limited (AGEL) et la prise d'une participation de 50% dans un « portefeuille d'actifs solaires en exploitation appartenant à AGEL », baptisé AGEL2023.

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Une « exposition  limitée », estime TotalEnergies

Le géant de l'énergie français a jugé « limitée » son « exposition » liée à ses participations dans ces coentreprises, affirmant avoir effectué ses investissements « dans le plus strict respect des lois applicables ». « Les due diligences [vérifications à réaliser avant un investissement, Ndlr] menées à l'occasion de ces investissements par TotalEnergies, jugées satisfaisantes, étaient conformes aux meilleures pratiques, et tous les documents pertinents dans le domaine public ont été dûment examinés », a expliqué l'entreprise dans un communiqué, ce vendredi. « Les différentes entités dans lesquelles TotalEnergies a investi en partenariat avec Adani sont gérées conformément aux réglementations applicables », a affirmé le groupe qui a précisé que le résultat opérationnel net lié à ces participations est de 180 millions d'euros. Il publiera ses bénéfices annuels la semaine prochaine. Enfin, le groupe français a expliqué qu'en raison de normes de prudence comptable, la hausse du cours des actions des dernières années des sociétés cotées Adani Total Gas Limited et Adani Green Energy Limited n'était pas reflétée dans les comptes du géant français.

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100 milliards de pertes de valeur boursière

Un optimisme partagé par le gouvernement indien. La ministre indienne des Finances, Nirmala Sitharaman, a, en effet, assuré que les marchés de son pays étaient « bien réglementés » et qu'elle ne s'attendait pas à ce que la débâcle boursière du conglomérat de Gautam Adani affecte la confiance des investisseurs. L'Inde demeure un pays « absolument bien gouverné » et son marché aussi est « très bien réglementé », a-t-elle ajouté sur la chaîne News18, « par conséquent, je pense que la confiance des investisseurs qui existait avant se maintiendra encore à présent ».

Il n'empêche que le conglomérat indien de Gautam Adani connaît une véritable descente aux enfers. L'homme de 60 ans a fait fortune dans les ports et le commerce des matières premières. Il dirige aujourd'hui le troisième plus grand conglomérat de l'Inde avec des intérêts allant de l'exploitation du charbon et des huiles comestibles, aux aéroports et aux médias. Le cours d'Adani Enterprises s'est envolé de plus de 1.000% ces cinq dernières années.

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Mais, depuis une semaine, Adani est accusé par la société d'investissements américaine Hindenburg Research de « manipulation éhontée des actions et de fraude comptable sur plusieurs décennies ».

Selon un rapport de la société d'investissement, le frère aîné de l'homme d'affaires, Vinod Adani, « par l'intermédiaire de plusieurs associés proches, gère un vaste réseau d'entités fictives offshore ».

« Nous pensons que le groupe Adani a été en mesure d'effectuer une fraude importante et flagrante au grand jour, en grande partie parce que les investisseurs, les journalistes, les citoyens et même les politiciens ont eu peur de parler, par crainte de représailles », peut-on également lire dans le même rapport.

Conséquence de ces accusations de la société d'investissement américaine : la liquidation massive des titres des entreprises du conglomérat indien, effaçant plus de 100 milliards de dollars de valeur boursière à la date de jeudi 2 février, selon Bloomberg News. D'autant qu'ils ont connu une nouvelle dégringolade, ce vendredi. Le titre d'Adani Enterprises, fleuron du conglomérat, a chuté de 10% à l'ouverture, et sa cotation a été suspendue. Adani Power, Adani Green Energy, Adani Total Gas - dans laquelle le géant français TotalEnergies détient une participation de 37,4% - et Adani Transmission ont également vu leur cotation suspendue. Les échanges du titre Adani Enterprises ont depuis repris, mais il a immédiatement chuté de 5%, déclenchant une nouvelle suspension. De son côté, Gautam Adani a vu sa fortune personnelle dégringoler de plusieurs dizaines de milliards de dollars, l'excluant du Top 10 des grandes fortunes mondiales établi par Forbes en temps réel. Il a perdu en conséquence son titre d'homme le plus riche d'Asie.

Une levée de 2,5 milliards de dollars annulée

Sans compter que cette affaire a contraint Adani à annuler une levée de 2,5 milliards de dollars qui devait se faire par le biais d'une vente d'actions et qui avait été sursouscrite mardi dernier. Le magnat en difficulté a, en effet, considéré qu'il ne serait « pas moralement correct » de poursuivre l'opération. Cette vente était censée contribuer à réduire les niveaux d'endettement préoccupants de l'entreprise et à restaurer la confiance en élargissant sa base d'actionnaires. « Une fois que le marché se sera stabilisé, nous réexaminerons notre stratégie sur le marché des capitaux », a assuré Gautam Adani, soulignant que son bilan en matière de remboursement de la dette était impeccable.

Le magnat fait, en outre, l'objet de nouvelles accusations de la part de ses détracteurs qui affirment que sa proximité avec le Premier ministre, Narendra Modi, également originaire de l'État du Gujarat, l'a aidé à remporter des marchés et à éviter une surveillance adéquate.

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Gautam Adani a nié, ce vendredi, que son accession au rang d'homme le plus riche d'Asie soit due au chef du gouvernement indien. « Ces allégations sont sans fondement », a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision India Today, ajoutant que le fait que les deux hommes soient nés au Gujarat faisait de lui une « cible facile ». « Le fait est que mon succès professionnel n'est pas dû à un seul dirigeant, mais aux réformes politiques et institutionnelles initiées par plusieurs dirigeants et gouvernements sur une longue période de plus de trois décennies », a-t-il assuré.

(avec AFP)

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