Turquie : la livre turque s'envole après la hausse colossale des taux directeurs de sa banque centrale
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Envolée de la livre turque après un fort tour de vis sur les taux.
Murad Sezer
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Envolée de la livre turque après un fort tour de vis sur les taux.
Murad Sezer
La livre turque s'envole.
Après la hausse des taux directeurs turcs qui atteignent désormais 25%, la devise du pays a bondi face au dollar jeudi 24 août en fin de journée. Vers 17H45 GMT (19H45 heure de Paris), la livre turque atteignait 6,02%, à 25,656 livres pour un dollar, après avoir frôlé les 7% de hausse.La devise a même touché 25,287 dollars, son plus haut niveau face au billet vert depuis fin juin.
La dépréciation quasi-continue de la monnaie turque l'avait emportée début août jusqu'à son plus bas historique, à près de 27,307 livres pour un dollar.
Cette appréciation de la devise turque fait suite à l'augmentation des taux directeurs par la banque centrale du pays. L'institution turque a relevé jeudi 24 août son taux directeur de 17,5% à 25% afin d'empêcher un rebond de l'inflation, repartie à la hausse en juillet après huit mois de ralentissement. Elle demeure néanmoins proche des 48% et la banque centrale s'attend à ce que le taux d'inflation annuel atteigne 60% entre avril et juin de l'année prochaine.
Ce relèvement s'est avéré bien plus haut que prévu, les analystes anticipant une hausse de taux de moindre ampleur. Selon leurs prévisions, les taux devaient augmenter de 250 points de base, rappelle Tatha Ghose, de Commerzbank, soit un taux directeur à 20%.
De son côté, le dollar a renforcé ses gains face à l'euro et à la livre sterling, ces devises étant affaiblies par des signes de ralentissement de l'économie en Europe.
Jeudi, vers 17H45 GMT, le billet vert prenait 0,38% face à la monnaie européenne, à 1,0822 dollar pour un euro, et gagnait 0,84% face à la livre à 1,2620 dollar pour une livre sterling.Il avait déjà profité d'indices PMI en repli pour la zone euro et le Royaume-Uni, qui ont « renforcé les inquiétudes des investisseurs quant à un ralentissement plus marqué de la croissance mondiale », a expliqué Lee Hardman, analyste chez MUFG. En zone euro, les indices PMI mesurent l'activité du secteur privé. Or, ils dépeignent des économies en perte de vitesse : à 46,6 en juillet, l'activité française a notamment enregistré son plus fort repli depuis novembre 2020.
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(Wyoming)
où débutait jeudi soir la conférence annuelle des banquiers centraux. Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine(Fed)
, y prononcera un discours ce vendredi, tout comme la présidente de la Banque centrale européenne(BCE)
Christine Lagarde. L'occasion pour eux de transmettre aux marchés des éléments pour mieux anticiper leur prochaine politique monétaire.Deutsche
Bank
. Selon eux, « il sera intéressant de voir si nous obtenons davantage d'informations sur les opinions de Powell en matière d'inflation, et s'il s'en tient à l'idée que le retour de l'inflation à son niveau cible nécessitera une faiblesse économique, notamment par le biais d'un taux de chômage plus élevé ».Pour rappel, la Fed a, de nouveau, procédé à une hausse de ses taux en juillet dernier, après une pause en juin. Son principal taux directeur, relevé d'un quart de point de pourcentage, se situe désormais dans la fourchette de 5,25 à 5,50%, le niveau le plus élevé depuis janvier 2001. L'institution a, en outre, laissé toutes les options ouvertes pour la suite, car si l'inflation a bien ralenti elle reste toutefois bien supérieure à l'objectif des 2%.
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BCE a, elle aussi, relevé ses taux en juillet de 25 points de base. Cette neuvième hausse consécutive porte les taux dans une fourchette de 3,75% à 4,25%. Le taux de dépôt, qui fait référence, se hisse au même niveau que son pic historique de 3,75%, atteint entre octobre 2000 et mai 2001.
(Avec AFP)
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