Sur 2022-2030, les prévisions des cabinets de conseil voient la production allemande croître de 5,2 %, nettement supérieure à la moyenne européenne qui serait à 1,6 %.
La baisse de la production industrielle allemande pâtit de la chute de 3,5 % dans le secteur automobile, poids lourd dans le PIB de la première économie de l'Europe. Pourtant, loin d'inquiéter les analystes, la production automobile outre Rhin sera, selon eux, la plus dynamique en Europe dans les prochaines années, tirée en grande partie par Tesla et sa gigafactory à Berlin. Explications.
L'Allemagne ne tremble pas. Hier, les chiffres de la production industrielle du pays ont baissé de 1,5 % sur un mois, plombée par la chute de biens d'équipement de 3,9 % ainsi que celle de... l'automobile de 3,5 %. Or, l'industrie automobile représente 10 % du PIB du pays. Avec 24 usines d'assemblage de voitures, l'Allemagne se place loin sur le podium industriel devant ses concurrents européens que sont le Royaume-Uni avec 19 usines ainsi que la France qui n'en possède que 12.
L'Allemagne représente 23 % de la production européenne de voitures contre seulement 9 % pour la France, bien qu'elle ait perdu 5 points entre 2015 et 2019. Les chiffres de ce mois-ci sont pourtant loin d'effrayer les experts du secteur, estimant qu'il s'agit plutôt d'un effet conjoncturel.
Avec ses 3,7 millions de voitures produites en 2022, le pays est largement leader en Europe, devançant l'Espagne avec 2,2 millions produites et la France avec 1,4 million. Cette position sera sans nul doute conservée à l'avenir, car l'économie de la république fédérale possède une plus forte facilité à encaisser les chocs.
« L'Allemagne est le pays qui a le mieux résisté à la crise du Covid en Europe avec une baisse de production de 10 % contre 14 % pour la France », confirme le cabinet Roland Berger.
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Lors de la crise des semi-conducteurs l'année dernière, elle a pu continuer de fabriquer et vendre ses modèles en augmentant ses prix plus facilement, tout en bénéficiant d'un large réseau et une image de marque encore très forte. Et le fait que les voitures allemandes sont des modèles plus haut de gamme que ceux produits en France est même un avantage, l'automobile étant un secteur où la compétition est plus faible en terme de prix, explique Roland Berger.
Enfin, les voitures premium sont également celles qui possèdent les marges constructeurs les plus élevées et il est plus facile de les réduire lors d'une baisse de la demande afin de continuer à produire le même volume de voitures. La baisse de ce mois-ci s'explique d'ailleurs par la saisonnalité de la production.