Washington signe un nouveau chèque pour aider l'Ukraine
latribune.fr
« Le président Joe Biden signera un nouveau programme d'aide à la sécurité de 250 millions de dollars pour l'Ukraine. Cela permettra d'accroître les capacités pour répondre aux besoins changeants de l'Ukraine », a déclaré le secrétaire d'Etat américain...
Pour l'Ukraine, cette enveloppe de 250 millions de dollars est plus que bienvenue. Le pays doit en effet faire face à l'avancée des forces russes dans l'Est du pays et aux frappes dévastatrices de Moscou.
Nouvelle enveloppe des Etats-Unis pour aider l'Ukraine. Annoncée ce vendredi par le secrétaire d'Etat américain à la défense, Lloyd Austin, son montant s'élève à 250 millions de dollars (225 millions d'euros). « Le président Joe Biden signera un nouveau programme d'aide à la sécurité de 250 millions de dollars pour l'Ukraine. Cela permettra d'accroître les capacités pour répondre aux besoins changeants de l'Ukraine », a déclaré le haut gradé.
La dernière plus grosse tranche d'aide américaine remonte à avril 2024. Après des mois de blocages, la Chambre des représentants avait adopté à une large majorité bipartisane une série de projets de loi, totalisant 95 milliards de dollars pour soutenir Kiev (ainsi qu'Israël et Taïwan). A l'époque, le président américain Joe Biden avait salué une « aide cruciale », au « rendez-vous de l'Histoire ».
Mais pour combien de temps encore ? Fin juillet, le président ukrainien a en effet reconnu que l'incertitude s'agissant de l'élection de Kamala Harris ou Donald Trump à la présidentielle américaine posait un « risque » pour l'Ukraine. et pour cause, cette dernière compte plus que jamais sur la pérennité du soutien militaire des Etats-Unis pour faire face à la Russie.
A Kiev et en Europe, nombreux sont ceux qui craignent que cette assistance vitale puisse être remise en cause par le républicain Donald Trump. A plusieurs reprises, il a affirmé sans plus de précisions qu'il forcera les deux camps à une solution négociée. Il a aussi choisi comme vice-président J.D. Vance, un farouche opposant au soutien à l'Ukraine.
Zelensky réclame encore une fois «plus d'armes»
L'annonce de la nouvelle rallonge américaine a été faite ce vendredi lors d'une réunion du groupe de contact des alliés de l'Ukraine à Ramstein en Allemagne, où les Etats-Unis possède une base aérienne. Présent sur place, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également saisi l'occasion pour réclamer « plus d'armes » aux pays alliés « afin de repousser les forces russes du territoire ukrainien et en particulier dans la région de Donetsk », à l'est.
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« Le monde dispose de suffisamment de systèmes de défense aérienne pour garantir que la terreur russe n'ait pas de résultat, et je vous demande instamment d'être plus actif dans ce travail avec nous sur la défense aérienne », a souligné le dirigeant ukrainien. En outre, celui-ci a réitéré cette autre demande : que ses alliés occidentaux l'autorisent à utiliser des armes à longue portée « non seulement sur le territoire occupé de l'Ukraine, mais aussi sur le territoire russe ».
Une requête à laquelle Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), n'est pas insensible. A Oslo en Norvège ce vendredi, il a ainsi déclaré : « L'Ukraine a le droit de se défendre et, selon les normes internationales, ce droit ne s'arrête pas à la frontière. »
« Lors du Conseil Ukraine-OTAN, la semaine dernière, les alliés ont fermement condamné les frappes aveugles de la Russie. Nous avons confirmé notre engagement à renforcer davantage la défense de l'Ukraine », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse conjointe, avec le premier ministre norvégien, Jonas Har Støre, selon l'agence de presse ukrainienne Ukrinform.
Pour mémoire, les Etats-Unis et l'Allemagne, jusqu'ici ses deux principaux fournisseurs d'armes, ont donné leur aval pour frapper avec certains de leurs armements des cibles sur le sol russe. Mais ils rechignent à le généraliser par crainte d'une escalade avec Moscou, qui agite régulièrement la menace nucléaire.
D'autres enveloppes annoncées cette semaine
Ce nouveau train d'aide est confirmé dans la foulée de celui de Londres, qui plus tôt ce vendredi matin, a annoncé un contrat de 162 millions de livres sterling (192 millions d'euros) pour l'envoi de 650 missiles légers multirôle à courte portée, pouvant être tirés à partir de diverses plates-formes terrestres, maritimes et aériennes.
Par ailleurs, mercredi dernier, Berlin a de son côté confirmé la livraison de huit systèmes de défense aérienne Iris-T SLM et neuf d'un modèle apparenté Iris-T SLS d'ici 2025, qui s'ajouteront à ceux déjà fournis.
Une tendance qui va dans le sens de ce qu'avaient annoncé les 32 pays membres de l'Otan début juillet, à savoir que leur aide militaire à l'Ukraine pour 2025 atteindrait au minimum 40 milliards d'euros.
Alerte sur la ténacité des troupes russes
Deux ans et demi après le lancement de l'invasion russe, l'Ukraine est à la peine militairement : la grande offensive ukrainienne entamée début août sur le territoire russe, dans la région de Koursk, n'a pas aidé à stopper l'avancée de Moscou dans l'Est. Jeudi, l'homme fort du Kremlin a d'ailleurs réaffirmé que sa « priorité numéro un » consistait à conquérir tout le Donbass, où son armée progresse.
Lors de sa prise de parole vendredi matin, le secrétaire d'Etat américain à la défense a alerté ses interlocuteurs sur la situation à l'Est de l'Ukraine : « Moscou poursuit son offensive dans l'est de l'Ukraine, notamment autour de Pokrovsk. Poutine repositionne ses troupes à Koursk. Et le Kremlin continue de bombarder les villes ukrainiennes et de s'en prendre aux civils ukrainiens. C'est un scandale. »