C'est l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de Michel Barnier. Si Marine Le Pen veut censurer le gouvernement, elle le peut. Mais sur quel objet ? Certains au Rassemblement national ne verraient pas d'un mauvais œil que le Premier ministre tombe dès l'examen du budget. D'autres sont plus prudents, d'abord pour ne pas effrayer l'électorat RN en quête de stabilité institutionnelle, mais aussi parce qu'ils jugent nécessaire de tirer bénéfice de leur situation inédite. En obtenant, par exemple, la mise en place de la proportionnelle pour les prochaines législatives.
« Michel Barnier nous a beaucoup brossés dans le sens du poil jusqu'à maintenant, a récemment confié en privé Laure Lavalette, députée RN du Var proche de la cheffe du parti. Censurer sans changer le mode de scrutin, quel serait l'intérêt ? Les équilibres politiques resteraient les mêmes en cas de dissolution. » Ça tombe bien, le locataire de Matignon - qui avait évoqué ce sujet dans sa déclaration de politique générale - compte bien ouvrir ce dossier après la période budgétaire. Il s'inscrit, avec le retour du cumul des mandats, dans la liste des réformes sur lesquelles il souhaite entreprendre des consultations durant l'hiver.
S'il n'a pas encore pu faire la connaissance de tous les membres du gouvernement Barnier, Gérard Larcher salue les premiers pas de Laurent Saint-Martin, le ministre chargé des Comptes publics. « C'est un pro », dit à son sujet le président du Sénat, marqué par les éloges des sénateurs spécialistes du budget à l'égard du macroniste. L'élu des Yvelines connaît aussi très bien le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, puisque la circonscription de celui-ci est limitrophe de son fief de Rambouillet. « Je le respecte », assure-t-il.