Présidentielle 2017 : le calme avant la tempête ?

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Avant le premier tour de la prochaine élection présidentielle, prévu en avril, l'actualité devrait être bien plate. Et après ?
Avant le premier tour de la prochaine élection présidentielle, prévu en avril, l'actualité devrait être bien plate. Et après ? (Crédits : STEPHANE MAHE)
Bernard Cazeneuve, le nouveau Premier ministre, devrait surtout s'atteler à gérer les affaires courantes jusqu'au premier tour de l'élection présidentielle en avril prochain. Pendant cette période, aucun projet de loi important, aucune réforme structurante ne sont à l'ordre du jour. Et après ?

Le 23 avril prochain, le premier tour de l'élection présidentielle sera organisé. Jusqu'à cette date, Bernard Cazeneuve et son nouveau gouvernement devraient se contenter de gérer les affaires courantes et espérer que la conjoncture économique se réchauffe, ce qui permettrait au prochain « champion » de la majorité d'être dans la course.

La loi Sapin 2 sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique ayant été votée le 8 novembre, il ne reste aucun texte de loi d'envergure, aucune réforme « structurante » en cours ou en préparation. A priori, le gouvernement devrait passer l'hiver et le début du printemps au chaud, à l'abri des polémiques. Ce devrait être également le cas des partenaires sociaux. Dans ce contexte où l'attentisme devrait régner, les syndicats de salariés ne devraient pas défiler dans les rues pour défendre les droits des citoyens ou pour défendre le modèle de protection sociale tricolore. Qu'ils se rassurent, le gouvernement de Bernard Cazeneuve ne devrait pas se lancer dans une réforme d'envergure capable, comme la loi Travail portée par Myriam El-Khomri, la ministre du Travail, de déclencher le blocage d'une partie de l'activité économique. Au contraire, l'heure est désormais à rassurer, à rassembler et à évoquer les points d'accords plutôt que les sujets qui fâchent.

L'heure est la réflexion

Le patronat devrait aussi se tenir calme. Et studieux. En attendant que le nom du prochain président de la République sorte des urnes, l'heure est plutôt à la réflexion sur les réformes que devra mener le futur exécutif. Ne pas froisser les susceptibilités, ménager Pierre, Paul ou Jacques sont les règles dans les états-majors des organisations patronales afin de ne pas prendre le risque de froisser celui ou celle que les Français éliront le 7 mai prochain, au soir du second tour de l'élection présidentielle.

On peut comprendre cet attentisme. On peut aussi le regretter. Le septennat était jugé trop long, incompatible avec la mise en place rapide de réformes. Mais, amputé de près de six mois, le quinquennat semble maintenant un peu court pour préparer et expliquer les réformes à mener aux concitoyens. La loi Macron sur l'activité et la croissance, la loi El-Khomri qui modifie le droit du travail n'auraient-elles pas été mieux acceptées si les partenaires sociaux avaient été davantage consultés ? Les conflits à propos de ce texte auraient peut-être été évités, ou auraient été moins tendus, si un dialogue social de qualité était la règle en France. De ce point de vue, le rêve du candidat François Hollande d'établir une démocratie sociale a fait long feu. C'est dommage.

Le vent de la réforme soufflera-t-il ?

Et ensuite ? A priori, le mot « réforme » étant sur les bouches de tous les candidats, et ce, quelle que soit leur sensibilité, les Français peuvent s'attendre à des changements. Pour certains commentateurs, la victoire massive de François Fillon, qui porte certaines idées radicales notamment dans le domaine de la santé, témoignerait de cette volonté de changements de la part des citoyens.

Tous, en effet, veulent changer la France. le champ des possibles est large entre ceux qui veulent casser les réformes entreprises par Nicolas Sarkozy et François Hollande (citons Jean-Luc Mélenchon et, dans une moindre mesure, Arnaud Montebourg), ceux qui veulent aller plus loin (François Fillon donc, et éventuellement Manuel Valls qui rêve d'incarner le réformisme de gauche) et ceux qui veulent tout simplement casser le système actuel (comme Marine Le Pen le promet depuis longtemps à ses électeurs).

Déjà, certaines personnalités politiques commencent à préparer le terrain au cas où ils seraient appelés au pouvoir, en cas de victoire. Gérard Larcher, l'actuel président du Sénat, et dont le nom circule avec insistance pour devenir le prochain Premier ministre de François Fillon, fait la tournée des popotes pour expliquer aux partenaires sociaux le programme du vainqueur de la primaire de la droite et du centre, avec le rêve d'emporter leur adhésion.

L'art du compromis

A priori ? Au cours des derniers septennats et quinquennats, nombreux sont les candidats qui, une fois élu à la fonction suprême, ont adouci leur volonté de réformes à coups de compromis.

Au sein même des majorités, les sensibilités sont nombreuses. Très nombreuses. Pour gouverner sereinement et éviter les recours désagréables à l'article 49.3 qui est la dernière extrémité, il faut plaire à tout le monde. C'est parce que François Hollande n'a pas réussi à rassembler son propre camp qu'il s'est fragilisé. Les critiques des Frondeurs adressées au chef de l'Etat ont été au moins aussi dures que celles émises par la majorité. Ce fut inédit. Ils ont grandement participé à la chute de sa popularité.

Au sein du parti Les Républicains, les discussions vont également bon train pour que tous les courants aient voix au chapitre. Sinon, François Fillon et son carré de fidèles prendraient le risque de s'isoler et de réduire en quelque sorte leur capacité à réformer l'économie française. Les primaires de la droite et du centre ont démontré que, au sein de l'opposition également, des « frondeurs » pouvaient se rebeller contre l'autorité, sans parler des nombreux francs-tireurs qui font bande à part. Citons François Bayrou, s'il est candidat, dont la capacité à unir ou à désunir n'est plus à prouver, Nicolas Dupont-Aignan, et encore, Emmanuel Macron, l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande qui, parce qu'il se déclare ni de droite ni de gauche, espère séduire une partie des électeurs du centre, voire du centre-droit.

Au regard de ces éléments, à moins que l'Histoire nous fasse mentir, rien ne garantit donc que le vent de réformes soufflera tel un ouragan sur la société française.

+ Lire notre Dossiez Présidentielle 2017

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Commentaires
a écrit le 22/12/2016 à 15:08 :
"Le vent de la réforme soufflera-t-il ?" Une réforme est une adaptation imposée de l’extérieur, depuis que la France n'est plus un pays souverain, il ne s'adapte plus, il se réforme!
a écrit le 22/12/2016 à 14:44 :
Emmanuel Macron : "ni de droite, ni de gauche"... bien au contraire !
a écrit le 07/12/2016 à 10:07 :
Quoiqu'ils fassent, le bilan du quinquenat c'est plus de chômage pour les classes populaires, plus d'impôts pour les classes moyennes et aisées
a écrit le 07/12/2016 à 10:07 :
Quoiqu'ils fassent, le bilan du quinquenat c'est plus de chômage pour les classes populaires, plus d'impôts pour les classes moyennes et aisées
a écrit le 07/12/2016 à 9:46 :
Qu'a fait ce gouvernement depuis 2012 ? Rien ou pas grand-chose. Chez le socialiste patente on pantoufle un max. Certes on parle, on jacasse, parfois on eructe, (souvent meme). La prochaine alternance sera du meme bois. On ne risque pas de voir la France dans les rues a manifester. C'est triste, ce pays meure et personne ne dis rien.
Peut-etre qu'en cas de remontee spectaculaire des taux, quelque chose ses passera ? Mais il sera trop tard, deja que la France est a "la decoupe" il est a craindre que ce sera alors l'hallali.
Réponse de le 07/12/2016 à 12:42 :
Depuis 2012, bien plus de choses auront été faites qu'entre 2007 et 2012. Et la seule chose qui meure, ce n'est pas le pays mais votre orthographe.
Réponse de le 07/12/2016 à 13:46 :
Avec son petit CDD pour expédier les affaires courantes, et son air inquiet sur la photo, il se demande bien ce qui va lui tomber sur la ..tronche.

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