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ÉconomieUnion européenne

Ecolo ou extrême droite : l'Autriche ne connaîtra que lundi le nom de son président

Photo de Philippe Mabille

latribune.fr

Publié le 22 mai 2016 à 09:51 - Mis à jour le 22 mai 2016 à 17:27

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Suspens en Autriche. Le pays ne saura que ce lundi une fois dépouillé les votes par correspondance le nom de son nouveau président. Selon les premières estimations, le candidat d'extrême droite, Norbert Hofer, et l'écologiste Alexander Van der Bellen, sont au coude à coude.

Les deux candidats à la présidentielle autrichienne, Norbert Hofer pour l'extrême droite FPÖ, et l'écologiste Alexander Van der Bellen, étaient à égalité dimanche selon des projections après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins déposés dans les urnes. Le nom du nouveau chef d'Etat autrichien ne sera par conséquent connu que lundi une fois décomptés les bulletins des 900.000 électeurs qui ont demandé à voter par correspondance. Ces votes par correspondance représentent plus de 14% du corps électoral et départageront les deux candidats.

Après dépouillement de 95% des bulletins déposés dans les urnes dimanche, Nobert Hofer obtient 51,9% des suffrages et Alexander Van der Bellen obtient 48,1%. Sur la base de ces chiffres, la télévision publique ORF a fait une évaluation du résultat définitif en intégrant le résultat estimé des votes par correspondance, traditionnellement moins favorables à l'extrême droite. Cette évaluation place les deux candidats à égalité parfaite avec une marge d'erreur de 1%.

Une victoire de M. Hofer, ingénieur aéronautique de 45 ans, constituerait la première élection à la tête d'un Etat de l'Union européenne d'un représentant d'un parti d'extrême droite. Il était arrivé largement en tête du premier tour, le 24 avril avec 35% des suffrages, meilleur score à un scrutin national de son parti, le FPÖ. M. Van der Bellen, ancien professeur d'université de 72 ans et ancien dirigeant des Verts autrichiens, avait recueilli 21,3% des voix. En Autriche, le président n'intervient pas dans la gestion quotidienne du pays mais dispose de prérogatives importantes comme celle de révoquer le gouvernement.

Quelque 6,4 millions d'électeurs ont été appelés aux urnes ce dimanche en Autriche pour désigner un successeur au social-démocrate Heinz Fischer, qui achève son deuxième mandat. Le scrutin est clos depuis 17h00 heure de Paris.

"Je serai président", a assuré Norbert Hofer, 45 ans, arrivé largement en tête au premier tour avec 35% des suffrages, le meilleur score à un scrutin national de son parti, le FPÖ. Alexander Van der Bellen avait recueilli 21,3% des voix. Une victoire de Norbert Hofer, un ingénieur aéronautique âgé de 45 ans, militant depuis sa jeunesse au FPÖ et vice-président du Parlement depuis 2013, constituerait la première élection à la tête d'un Etat de l'Union européenne d'un représentant d'un parti radical et nationaliste. Cet enjeu rend le scrutin "particulier", ont confié plusieurs électeurs interrogés par l'AFP à Vienne.

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"Le président, c'est l'image de l'Autriche à l'étranger, il représente le pays, j'espère que les électeurs seront raisonnables", observe Johann Mayer à la sortie d'un bureau de vote da la capitale. Sans rien révéler de son vote, Eva Mühlsteiger souhaite un président qui "améliore les choses. Tout doit redevenir comme avant", estimait cette octagénaire viennoise. Les observateurs reconnaissent un statut de favori à Norbert Hofer, tout en restant prudents, faute de sondages entre les deux tours.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exprimé sa crainte de "voir la droite pure et dure et l'extrême droite" l'emporter dimanche en Autriche, une perspective applaudie en revanche par le Front national (FN) français. En 2000, l'entrée au gouvernement autrichien du FPÖ, alors dirigé par Jörg Haider, avait provoqué des sanctions européennes et valu à ce pays le statut de paria au sein de l'Union.

Les partis social-démocrate (SPÖ) et conservateur (ÖVP), au pouvoir depuis la Seconde guerre mondiale, ont subi une déroute historique au premier tour, sur fond de crise migratoire et de morosité économique.

Le nationalisme progresse

Alexander Van der Bellen, qui a dirigé le parti des Verts pendant plusieurs années, a appelé vendredi à faire barrage à l'extrême droite, rappelant que "la folie du nationalisme" avait causé la ruine du pays. Cet ancien professeur d'université âgé de 72 ans, tenant d'une ligne centriste et libérale, a recueilli de nombreux soutiens de personnalités, ce qui lui a valu d'être qualifié de "candidat de l'establishment" par Norbert Hofer.

Porté par la crise des migrants qui a vu 90.000 personnes demander l'asile en Autriche en 2015, soit plus de 1% de sa population, Norbert Hofer s'est gardé des dérapages ouvertement xénophobes qui avaient fait la marque de son parti par le passé.

Ce député discret et policé a principalement axé son discours sur l'emploi et le niveau de vie des Autrichiens, assurant qu'il n'entendait pas voir son pays quitter l'UE, à moins que la Turquie n'y adhère. Mais Norbert Hofer, un proche conseiller du chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, a prévenu qu'il entendait être un "président actif", en rupture avec le rôle essentiellement protocolaire joué jusqu'à présent par les chefs d'Etat autrichiens.

En Autriche, le président n'intervient pas dans la gestion quotidienne du pays mais dispose de prérogatives importantes comme celle de révoquer le gouvernement.

M. Hofer, qui en droit pourrait nommer M. Strache à la chancellerie et provoquer ainsi de nouvelles élections, a assuré que "le renvoi du gouvernement ne serait (...) que le dernier recours". Mais M. Strache a d'ores et déjà réclamé de nouvelles législatives, que son parti espère remporter.

Le ciel s'est légèrement éclairci pour M. Van der Bellen à l'approche du second tour, avec la démission du chancelier Werner Faymann (SPÖ), un des principaux boucs émissaires de M. Hofer. M. Faymann a été remplacé par Christian Kern, jusqu'alors patron respecté du rail autrichien.

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Près de 900.000 électeurs ont demandé à voter par correspondance pour le scrutin, soit plus de 14% du corps électoral, un record. Ce vote par correspondance, d'ordinaire défavorable au FPÖ, ne sera pas dépouillé avant lundi, ce qui pourrait retarder d'autant la proclamation d'un vainqueur en cas de résultats serrés.

Le nouveau président, élu pour un mandat de six ans, prendra ses fonctions le 8 juillet.

latribune.fr

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