« Brexit, six mois après... »

Isabelle Boucq

Isabelle Boucq
Depuis des années, les benchmarks sont l'arme de choix de Paris-Ile de France Capitale Economique (PCE), une association de la CCI de Paris dont l'originalité est de transformer des industriels en ambassadeurs vantant l'attractivité de la région auprès des investisseurs internationaux. Pas étonnant donc que PCE révèle aujourd'hui une étude comparant les atouts de la région avec ceux de ses concurrents directs dans le monde post-Brexit. « La vraie surprise est que nous arrivons six fois à la première place sur les critères de choix des investisseurs pour choisir une destination », s'enthousiasme Chiara Corazza, directrice générale de Paris-Ile de France Capitale Economique depuis 2002. « Mais, en termes de perception, nous sommes moins bien placés car nos concurrents se survendent alors que nous avons un vrai handicap dans les médias financiers internationaux. »
Que dit cette étude, fruit d'un minutieux travail de terrain pour récolter des informations publiques et d'autres plus cachées dans toutes les grandes villes européennes qui se positionnent pour attirer les délocalisations qu'entraînera la sortie du Royaume-Uni de l'Europe ? Lorsque l'étude compare Paris Ile-de-France à Francfort, Barcelone, Amsterdam, Milan, Dublin, Vienne et Londres, Paris Ile-de-France arrive largement en tête en décrochant la première place dans six catégories sur dix : infrastructures, taille des marchés, qualité des ressources humaines, disponibilité et coûts des bureaux, qualité de l'éducation, et enfin, qualité de la recherche et de l'innovation. Sans compter que la région monte également sur le podium en termes de croissance et de qualité de vie. Il reste deux points noirs : la stabilité politique/sécurité juridique et le coût de la vie.
D'ailleurs, si on recense le nombre de projets d'investissements internationaux Greenfield entre octobre 2015 et septembre 2016, les nouvelles sont plutôt bonnes. Paris progresse avec 141 projets contre 128 l'année précédente. En 2e position derrière Londres qui a attiré 364 projets d'investissement, Paris devance de loin les autres villes européennes dont Barcelone qui occupe la troisième place avec 98 projets.
La décision de la banque HSBC de déplacer à Paris un millier d'emplois liés à la législation européenne et devant quitter Londres donne de l'espoir à la région qui espère que ce déménagement va créer un élan. Avec d'autres instances dont Europlace, PCE avait rassemblé les acteurs dans l'immédiat post-Brexit pour saisir l'opportunité.
Devant un groupe de parlementaires cette semaine, la directrice générale de PCE rappelait que la stabilité est clé pour attirer les investisseurs. « Ils ont horreur des changements en cours de route. Prenez le crédit d'impôt recherche, un outil extrêmement important. On parle souvent de l'ajuster et du coup, certains investisseurs nous demandent parfois s'il fonctionne toujours. Cela crée de la confusion. » Elle se félicite de la création du guichet unique « Choose Paris Region » destiné à accompagner l'implantation des entreprises étrangères. Inauguré en novembre dernier, il a pour objectif de les informer et de faciliter leurs démarches. L'annonce l'été dernier d'une extension du régime fiscal favorable des impatriés de cinq à huit ans avait également réjoui ceux qui œuvrent pour améliorer l'attractivité française.
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« Cette étude nous permet d'aller voir les politiques pour leur ouvrir les yeux sur ce que veulent les investisseurs », se réjouit Chiara Corazza. « Etant donné qu'on ne connaît pas encore exactement les conditions de sortie de l'Angleterre, le timing de la présidentielle français est bon si le nouveau gouvernement fait des annonces fortes. » Elle promet d'envoyer l'étude et une liste de mesures à tous les candidats républicains à la présidentielle : stabilité fiscale avec renforcement du ruling (ces négociations avec Bercy pour s'entendre sur des conditions claires avant une implantation), convergence de la fiscalité européenne pour réduire le dumping fiscal et communication forte de la France en direction des investisseurs anglo-saxons.
Car, au-delà de l'Angleterre post-Brexit, le protectionnisme annoncé des Etats-Unis pourrait être une carte à jouer pour l'Europe. Les promoteurs de l'attractivité régionale n'en oublient pas pour autant les investisseurs asiatiques qui restent un point faible.
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Quand il s'agit de vanter les atouts de Paris, la patronne de PCE est intarissable: « Paris est candidat pour les Jeux Olympiques de 2024 et pour l'Exposition universelle de 2025. C'est un dynamisme que nos concurrents n'ont pas." Elle conclut :
Isabelle Boucq
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