Covid-19 : l'Italie commence à organiser la sortie du confinement

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Le bon moment pour un redémarrage de l'activité pourrait correspondre à celui où le nombre de nouvelles infections sera nul ou proche de zéro sur l'ensemble du territoire. Soit, selon les experts, entre le 5 et le 16 mai, avec des différences entre les régions.
Le bon moment pour un redémarrage de l'activité pourrait correspondre à celui où le nombre de nouvelles infections sera nul ou proche de zéro sur l'ensemble du territoire. Soit, selon les experts, entre le 5 et le 16 mai, avec des différences entre les régions. (Crédits : REMO CASILLI)
Dès samedi, un décret permettrait la réouverture de certaines activités considérées jusqu'à présent comme non essentielles, selon les médias italiens. Mais la sortie du confinement serait associée au déploiement de tests sérologiques sur la population.

L'Italie a annoncé lundi une prolongation au moins jusqu'à Pâques du confinement en place depuis trois semaines, mais les autorités réfléchissent à la stratégie pour faire repartir le pays après la tragédie du Covid-19. Une reprise qui sera progressive, a prévenu le Premier ministre Giuseppe Conte.

Le bon moment pour un redémarrage de l'activité pourrait correspondre à celui où le nombre de nouvelles infections sera nul ou proche de zéro sur l'ensemble du territoire. Soit, selon les experts, entre le 5 et le 16 mai, avec des différences entre les régions. Dans le Trentin-Haut-Adige (Nord), ce seuil pourrait être franchi dès le 6 avril, dans le Val d'Aoste (Nord) le 8, dans les Pouilles (Sud) le lendemain et dans la région de Rome, le Latium (Centre) le 16, selon des estimations de l'Einaudi Institute for Economics and Finance (Eief), cité mardi par le quotidien Il Corriere della Sera. Dans les régions du Nord les plus touchées, ce palier devrait être atteint le 14 avril en Vénétie, le 22 en Lombardie et le 28 en Émilie-Romagne. C'est la Toscane (Centre) qui fermerait la marche, le 5 mai. Il reste des incertitudes sur quelques régions, dont celle de Naples, la Campanie (Sud).

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Des tests essentiels

Pour Franco Locatelli, président du Conseil supérieur de la Santé, pour relancer le pays il faut passer par des tests sérologiques, afin de connaître "la propagation du coronavirus et avoir des informations pertinentes sur l'immunité de groupe", qui assurerait une protection suffisante à l'ensemble de la population.

"La priorité va à la santé, mais nous devons la concilier avec les aspects économiques pour éviter une situation difficile", explique-t-il mardi dans le quotidien Il Messaggero.

La proposition du président de la région Vénétie, Luca Zaia, est étudiée avec intérêt. L'élu préconise de fournir aux travailleurs, une "licence" qui certifierait qu'ils ne sont pas contagieux via un test sérologique rapide permettant de savoir si une personne a été en contact avec le virus.

"L'expérience scientifique nous dit que cette approche est correcte", explique Maurizio Sanguinetti, infectiologue à la Fondation Gemelli de Rome.

Le scientifique précise qu'il est possible d'utiliser une machine, que l'hôpital Gemelli doit recevoir la semaine prochaine, et "qui effectue environ 1.400 tests par jour", précise-t-il dans la quotidien Il Messaggero. Selon lui, il conviendra toutefois d'associer tests sérologiques, qui détectent les anticorps spécifiques, et tests moléculaires, qui recherchent la présence du virus dans l'organisme. "Il faut garder à l'esprit qu'il y a une fenêtre de cinq jours pendant laquelle les anticorps ne se sont pas développés mais où le virus peut être là", d'où l'intérêt d'associer les deux techniques pour des résultats plus fiables.

Une reprise des activités "lente et progressive"

Le Conseil des ministres qui se réunira mercredi ou jeudi entérinera le confinement jusqu'à Pâques, et devrait indiquer la marche à suivre, si le nombre de malades décroît durablement. Selon les médias, le gouvernement travaille à un nouveau décret, qui pourrait être pris samedi et évaluerait la possible réouverture de certaines activités liées à la chaîne alimentaire et pharmaceutique mais qui, jusqu'à présent, ne figuraient pas parmi les services essentiels.

Il s'agirait, par exemple, "des entreprises mécaniques liées à l'industrie agroalimentaire ou les entreprises chimiques qui devront prouver qu'elles respectent la réglementation sur la distance de sécurité entre les employés et la fourniture d'équipements de protection", explique Il Corriere della Sera.

Ces derniers jours, les scientifiques ont "suggéré" de laisser en dehors de la liste des réouvertures les endroits où il y a le plus de monde (discothèques, bars, restaurants, salles de conférence...).

Le printemps puis l'été, saisons "d'extérieur", ne contribueront pas à accélérer la décision d'un déconfinement généralisé. C'est pourquoi, même lorsque l'urgence sera passée, les locaux devront répondre à de nouvelles  exigences, telles que la distance entre les clients, qui doit toujours être d'au moins un mètre, tant pour les tables que pour les espaces communs. Une grande attention sera portée sur les systèmes d'aération. La reprise doit être lente, progressive et de nature à exclure la possibilité que les "positifs" se déplacent", avertissent les scientifiques, qui estiment qu'une nouvelle phase de transmission du virus, au sein des familles, pourrait créer une ultérieure situation d'urgence.

Lire aussi : Italie: face au coronavirus, la mafia plie mais ne rompt pas

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Commentaires
a écrit le 31/03/2020 à 19:16 :
c'est pas fini ne pas aller trop vite sinon ça va revenir

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