Crise politique à l'italienne : Conte annonce la démission du gouvernement

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(Crédits : Yara Nardi)
Le président du Conseil italien Giuseppe Conte a annoncé mardi qu'il allait remettre sa démission au président de la République Sergio Mattarella alors que l'Italie est plongée dans une crise politique à quelques semaines des arbitrages sur son budget 2020.

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a annoncé mardi sa démission et la fin du premier gouvernement populiste, accusant le chef de la Ligue Matteo Salvini d'avoir été "irresponsable" en faisant éclater la coalition au pouvoir le 8 août.

Dans un discours solennel au Sénat, il a tancé son ministre de l'Intérieur, estimant qu'il n'a fait que "poursuivre ses propres intérêts et ceux de son parti" en cherchant à capitaliser sur des sondages qui les créditaient d'une ample majorité au parlement, dans le sillage de leur score record aux Européennes (34%).

"Faire voter les citoyens est l'essence de la démocratie, mais leur demander de voter tous les ans est irresponsable", a-t-il lancé. "Le pays a un besoin urgent que soient adoptées des mesures pour favoriser la croissance économique et les investissements".

"J'interromps ici cette expérience de gouvernement. J'entends conclure ce passage institutionnel de façon cohérente. J'irai voir le président de la République pour lui présenter ma démission", a déclaré M. Conte, en soulignant qu'auparavant il écouterait le débat prévu pour durer 3h45.

Une accusation directe contre Salvani

Dans son discours à charge contre M. Salvini, M. Conte a accusé le vice-premier ministre d'avoir fait "courir de graves risques à notre pays" et évoqué le danger d'une spirale économique négative pour la troisième économie de la zone euro.

Il a aussi tancé le chef de la Ligue, le parti d'extrême droite italien, pour son "manque de respect des règles et des institutions", lui reprochant aussi d'avoir réclamé des élections au plus vite afin d'obtenir "les pleins pouvoirs".

"Cher ministre de l'Intérieur, je t'ai entendu demander les 'pleins pouvoirs' et appeler (tes partisans) à descendre dans la rue pour te soutenir; cette attitude me préoccupe", a ajouté M. Conte. "Nous n'avons pas besoin des pleins pouvoirs, mais de dirigeants ayant le sens des institutions", a-t-il encore déclaré.

Arrivé à la tête du pays après une marche fasciste sur Rome, le dictateur Benito Mussolini obtint en 1922 les "pleins pouvoirs" pour diriger à sa guise l'Italie pendant toute l'année suivante.

Salvini compte sur sa popularité

Giuseppe Conte a fait cette déclaration devant le Sénat italien où il avait été convié à s'exprimer après le dépôt d'une motion de défiance présentée par la Ligue, parti d'extrême droite, de Matteo Salvini afin de renverser le gouvernement auquel ce dernier appartient.

Une fois la démission présentée par le chef du gouvernement, il appartiendra à Sergio Mattarella de déterminer s'il convient de convoquer des élections législatives anticipées ou s'il est possible de former une autre coalition gouvernementale.

Si ce second scénario est privilégié, des négociations seront alors engagées. S'il apparaît qu'il est impossible de former une nouvelle coalition alors le chef de l'État prononcera la dissolution du parlement.

Matteo Salvini souhaite que des élections anticipées soient convoquées cet automne, espérant profiter de sa forte cote de popularité actuelle pour obtenir la majorité au parlement et gouverner seul le pays.

Le poids de la dette italienne

L'UE s'inquiète de l'importance de la dette italienne qui représente 134% de son produit intérieur brut (PIB) et attend que Rome fasse preuve de mesure dans la préparation de son budget pour 2020. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Italie n'a jamais organisé d'élections générales à l'automne, cette période de l'année étant habituellement réservée aux arbitrages sur la loi de finances.

Giuseppe Conte a également prévenu qu'il existait désormais un risque de voir s'appliquer une hausse de la TVA qui doit augmenter de manière mécanique en janvier prochain si rien n'est fait pour combler un trou de 23 milliards d'euros.

Salvini qui a rejoint les bancs de son parti pendant la déclaration du chef du gouvernement a rejeté les commentaires de Giuseppe Conte, affirmant que les autres partis avaient peur de retourner devant les électeurs et de perdre leurs sièges. Il a rappelé que son objectif était de s'opposer à la politique budgétaire de l'Union européenne qu'il accuse d'être responsable de l'appauvrissement de l'Italie.

Au moins 50 milliards d'euros sont nécessaires pour relancer une économie menacée par la récession, a-t-il affirmé.

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Commentaires
a écrit le 22/08/2019 à 9:40 :
Merci à l'UE, avec eux, leur démago sur les "migrants", les CETA, la volonté affiché de détruire les peuple, les habitudes culturelles, tout ce qui fait de nous des pays différents ... nous allons de manière évidente vers le retour du populisme. Encore merci à l'UE pour cette grande réussite. Comparer ça à Mussolini est assez drôle quand on sait que cette fois ce sont les pseudos sociaux démocrates donneurs de leçons ... qui sont 100% responsables ! Voilà comment arrive "le populisme", n'importe quel débile l'a vu venir mais dans des bureaux bien planqué à ne rien glander il est urgent pour le l'UE de ne rien changer !
a écrit le 21/08/2019 à 10:19 :
Conte a au moins raison sur un point: les politiques font courir "de graves risques à nos pays". Et ceci est d'autant plus vrai que les états ont pris une importance démesurée dans le fonctionnement de nos économies, en ratissant, et gâchant, l'essentiel de l'argent créé par nos secteurs privés (pour mémoire dépenses publiques en France 57% du PIB). Décidément, je crois que nous sommes fous de laisser tant d'importance à des structures tant inefficaces, voire médiocre (et je crois qu'en France, nous sommes plutôt au dessus du panier si on doit comparer notre situation gouvernementale avec celles de l'Italie, ou de la GB pour ne citer qu'elles).
a écrit le 21/08/2019 à 10:00 :
Ce serait savoureux que les italiens donnent satisfecit a Salvini.
Bruxelles serait tres embarrassee de cette nouvelle donne.
Le Brexit plus l'Italie, hum......
Vive l'Italie et sa creativite legendaire.
a écrit le 21/08/2019 à 9:25 :
Ont vas regrette salvani ils parler vrais pour La Défense de l invasion de l immigration ?
a écrit le 21/08/2019 à 8:35 :
L’italie a une dette excessive mais des avantages par rapport à la France, elle a un excédent primaire avant la charge Des intérêts de la dette ce qui n’est pas le cas de la France En plus la dette est détenue par les italiens ce qui est loin d’etre Le cas de nous. Elle peut s’en sortir avec un moratoire sur la dette, ce n’est pas le cas de la Frànce qui sera dans une situation difficile avec une remontée des taux d’interet
a écrit le 21/08/2019 à 8:14 :
Le flou, l'inattendu, le "chaos" du brexit et de l'Italie contre l'UE, un piège se referme contre cette dernière contre laquelle elle ne peut strictement rien faire du fait de son manque total de puissance politique.

Même leur UERSS ils n'ont pas été foutus de correctement la faire les mégas riches européens se retrouvant incapables de faire le moindre mouvement devant la manifestation de la puissance politique des nations.

Trop de graisse au sein du consortium financier qui ne s'est focalisé que sur ses seuls intérêts délaissant ses immenses responsabilités, beaucoup trop.

"Acquérir de la puissance cela se paie cher la puissance abêtit." Nietzsche

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