Dépourvue de métaux stratégiques, l'UE parie sur le libre-échange pour s'en procurer
Paul Marion
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La mine de Beauvoir dans l'Allier en France, qui doit extraire du lithium à partir de 2028.
Reuters
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La mine de Beauvoir dans l'Allier en France, qui doit extraire du lithium à partir de 2028.
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Alors que la mondialisation se fissure, l'Europe demeure partisane du libre-échange. Le 12 décembre, la Commission européenne et le gouvernement chilien ont scellé un nouvel accord de libre-échange, soit une mise à jour d'une première version signée en 2002. Bruxelles n'entend pas s'arrêter là. Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, dit vouloir établir un accord similaire avec le Mexique prochainement.
A la faveur du retour aux affaires du président brésilien Lula, les discussions commerciales ont également repris avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) en vue d'un traité de libre-échange. De l'autre côté du Pacifique, l'Australie, qui a jeté un froid dans ses relations avec le Vieux Continent en signant l'accord militaire AUKUS, espère toutefois faire aboutir ses négociations avec Bruxelles mi-2023.
Autant de pays dont le sol regorge de minerais et métaux cruciaux dans la transition énergétique notamment vers l'automobile électrique : lithium, cobalt, nickel, terres rares ou encore du cuivre. Début septembre, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a esquissé un plan pour que l'Europe constitue des « réserves stratégiques » de ces ressources qui « seront bientôt plus importantes encore que le pétrole et le gaz » tant leur consommation va exploser. Les besoins en terres rares et en cobalt vont être multipliés par 3 d'ici à 2030 à travers le monde, et par 5 pour ce qui est du lithium.
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« L'UE a insisté pour sceller rapidement l'accord avec le Chili, et compte en conclure d'autres à commencer par l'Australie. Dans les deux cas, la question de l'accès aux minerais stratégiques est centrale. L'UE veut couvrir 70% de ses besoins en batteries en 2030 et veut sécuriser ses approvisionnements comme le fait la Chine, même si elle part de beaucoup plus loin. Sa politique commerciale devient plus offensive, mais pas protectionniste comme celle des Etats-Unis et de la Chine », constate Elvire Fabry, experte de politique commerciale à l'Institut Jacques Delors.
Paul Marion