Elections en Espagne : Sanchez en tête, l'extrême droite en force (résultats partiels)

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(Crédits : Francois Lenoir)
Le Premier ministre socialiste sortant Pedro Sanchez est arrivé dimanche en tête des quatrièmes législatives en quatre ans en Espagne, mais sans améliorer ses chances de gouverner, alors que le parti d'extrême droite Vox est devenu la troisième force politique du pays, à la faveur de la crise catalane.

Le Premier ministre socialiste sortant Pedro Sanchez est arrivé dimanche en tête des quatrièmes législatives en quatre ans en Espagne, mais sans améliorer ses chances de gouverner, alors que le parti d'extrême droite Vox est devenu la troisième force politique du pays, à la faveur de la crise catalane.

Après le dépouillement de près de 60% des bulletins de vote, le Parti socialiste (PSOE) de M. Sanchez, qui espérait obtenir une majorité claire pour mettre fin au blocage politique qui mine le pays depuis 2015, compte 124 députés contre 123 après le précédent scrutin, en avril.

Vox, formation ultranationaliste et anti-immigration fondée il y a cinq ans, a poursuivi son ascension et plus que doublé son nombre de sièges avec 52 élus. Elle devient ainsi la troisième force politique d'un pays où l'extrême droite était, avant son irruption, marginale depuis la fin de la dictature de Franco (1939-1975).

Les conservateurs du Parti Populaire (PP, 83 sièges) ont eux redressé la barre après le pire résultat de leur histoire en avril (66 sièges) tandis que la gauche radicale de Podemos (35 sièges) a perdu sept députés et que les libéraux de Ciudadanos ont subi une gifle (10 députés contre 57 en avril).

Vox a bénéficié de l'émoi suscité par la crise en Catalogne qui a dominé la campagne après les nuits de violences ayant suivi la condamnation mi-octobre de neuf dirigeants indépendantistes à de lourdes peines de prison pour la tentative de sécession de 2017.

Ancien membre du Parti Populaire (PP, conservateur), son chef Santiago Abascal a martelé son discours virulent sur la Catalogne prônant l'interdiction des partis séparatistes, la suspension de l'autonomie de la région et l'arrestation de son président indépendantiste Quim Torra. Il s'en est aussi vivement pris aux immigrés illégaux qu'il accuse d'une prétendue hausse de la délinquance.

Durant la campagne, Pedro Sanchez a tenté de mobiliser son électorat contre la montée de Vox, qu'il présentait comme un retour du franquisme, en dénonçant la droite qui n'a pas hésité à s'allier avec ce parti pour prendre le contrôle de l'Andalousie, la région plus peuplée d'Espagne, de la région de Madrid, la plus riche, et de la mairie de la capitale.
"L'Espagne a besoin d'un gouvernement progressiste, pour tenir tête au franquisme, aux extrémistes et aux radicaux", a-t-il répété sans relâche.

Formation d'un gouvernement compliquée

Le résultat de ces élections augure d'une poursuite de l'instabilité politique. "La formation d'un gouvernement va prendre du temps (une nouvelle fois) et l'Espagne devrait passer les vacances de Noël sans exécutif", estimait Antonio Barroso, analyste du cabinet Teneo. En effet, ni un bloc de gauche (PSOE, gauche radicale de Podemos et sa liste dissidente Mas Pais) ni une alliance des droites (PP, VOX et les libéraux de Ciudadanos) n'atteignent la majorité absolue de 176 sièges sur 350.

S'il parvient à être reconduit au pouvoir par la chambre des députés, ce qu'il n'avait pas réussi à faire après le scrutin d'avril, M. Sanchez devra se contenter au mieux d'un fragile gouvernement minoritaire obligé de négocier des appuis au cas par cas au Parlement.

Le socialiste ne cache pas qu'il préfère gouverner seul, en minorité, plutôt que de tenter de s'entendre avec Podemos, avec lequel ses négociations ont échoué cet été car leurs divergences sont trop grandes sur le dossier catalan.

Son recours pourrait être de compter sur une abstention du PP qui l'a exclu jusqu'ici même si la plupart des analystes s'attendent à ce qu'il finisse par le faire pour éviter la colère des électeurs. Pour José Ignacio Torreblanca, du European Council on Foreign Relations, Sanchez projette d'obtenir "l'abstention de tous à la dernière minute, au risque de nous pousser au bord de l'infarctus".


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a écrit le 11/11/2019 à 12:46 :
Sanchez, le psoe : ils courent après les slogans de l'extrème droite , ils vont disparaitre .
Sanchez : un référendum en Catalogne est un CRIME ! rien que ça !
Il ya des référendums d'auto-détermination en France (Nouvelle-Calédonie), au Royaume-uni (Ecosse), au Canada (Québec ) ... A perdre son âme, il vat mieux disparaitre , psoe .
a écrit le 11/11/2019 à 10:04 :
Face à ce blocage persistant la solution est évidemment une grande coalition PSOE PP temporaire avec pour unique point de programme l'instauration du scrutin majoritaire à 2 tous sans possibilité de triangulaires.
a écrit le 11/11/2019 à 9:28 :
euh, effectivement, les pbs d'extreme droite, ce n'est pas "que" un pb de catalogne
quand la gauche baveuse seme la pagaille, elle hurle quand ses bons fruits arrivent a maturite et reclame ' un sursaut national'
he ben qu'ils reglent leurs pbs tout seuls et qu'ils prennent leurs responsabilites ( pour une fois, hein, pas comme avec les hemophiles sous fabius)
ca va pas etre facile de deouvrir que le nombre d'imbeciles prets a reparer leurs conneries est proche du zero, hein?
ils sont vraiment ' assez minable', comme on dit chez eux
Réponse de le 11/11/2019 à 11:35 :
Churchill,

Non, c'est juste le résultat de la politique du marché, donc de droite qui donne ça!!

Comment vous pouvez le souhaiter, car il s'agit d'une idéologie qui s'est développé avec l'aide de ceux qui a la fin prennent l'argent et les ressources.

Mais c'est plus difficile j'imagine, comme je vois a la fin de chacun de vos posts, il me semble que la politique qui est mené est d'extrême droite non? sur les migrants? économie illibérale, je ne comprends pas votre entêtement???

Vous avez une politique qui met tout les corps de la société?! des infrastructures qui ne tiennent plus la route! ce n'est pas une politique supposé de gauche?!! vous n'êtes pas objectif !!

Macron mène une politique d'extrême droite d'un point de vue économique, et au niveau des lois, c'est la même chose.

Vous devriez célébrer cela ! je ne comprends pas ...

Vos amis ont jamais fait autant d'argent?

Il faut assumer, macron n''a jamais été de gauche, ou sinon pour faire gouvernement avec valls, pouvons nous considérer un gouvernement de gauche? ministre de l'économie!!!

Menant une politique de répression sanglante sur les manifestants, pompiers y compris ! Donc il ne me semble pas avec la dimension identitaire que ce n'est pas ce que vous souhaitez actuellement, non?

Que je comprenne vos idées?
a écrit le 11/11/2019 à 8:48 :
"à la faveur de la crise catalane"

Non à la faveur des médias de masse qui partout dans le monde exposent l'extrême droite comme seule opposition possible au pouvoir en place parce que de l'extrême droite l'oligarchie ne craint rien, bien au contraire comme on l'a vu pendant la seconde guerre.

Extrême droite, néolibéralisme, même combat.
Réponse de le 11/11/2019 à 10:06 :
On ne doit pas s'informer sur les mêmes médias de masse...
Réponse de le 11/11/2019 à 18:15 :
Je ne sais pas quels médias de masse vous consultez, mais j'ai du mal à trouver lequel en France cherche à faire monter l'extrême droite. Partout, nous avons le droit a toute sorte de tribunes, d'articles et de points de vue sur la menace (avérée) du RN, et d'appels à la coalition des partis en cas d'arrivée proche du RN d'un poste de pouvoir. Si un bord politique peut s'enorgueillir de monter malgré une guerre médiatique permanente des médias et des élites autoproclamées, c'est bien l'extrême droite.
Réponse de le 12/11/2019 à 9:45 :
@ multipseudos:

"On ne doit pas s'informer sur les mêmes médias de masse... "

Moi je ne m'y informe pas, je m'y instruis, et depuis le temps que tu me trolls il est évident que tu ne le comprends pas.

"mais j'ai du mal à trouver lequel en France cherche à faire monter l'extrême droite"

Des médias discrédités qui disent du mal de quelqu'un ne peuvent que lui faire de la publicité.

Depuis le temps que tu commentes tu devrais le savoir.

Obscurantisme, donc, signalé.

J'espère vraiment que tu fais exprès de pas penser hein ! Mais vraiment !? -_-
a écrit le 11/11/2019 à 0:21 :
Sanchez grave pour l Espagne ils vas donner l indépendant à la Catalogne un président du PS espagnol un pourriez

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