Inflation : les grèves pour des hausses de salaire se multiplient en Europe

Du ciel au rail, en passant par les stations-service, l'économie européenne est traversée par une vague de grèves en vue d'obtenir des hausses de salaires. La France, confrontée pour l'instant à un niveau d'inflation relativement moins important que chez ses voisins, connaît des mouvements sociaux malgré de premières hausses des salaires accordés. Mais une hausse générale des salaires pourrait ne pas être une solution si efficace pour protéger les ménages de l'inflation. Explications.
Les syndicats de la SNCF appellent à une grève nationale le 6 juillet.
Les syndicats de la SNCF appellent à une grève nationale le 6 juillet.

Les grèves se multiplient à travers l'Europe. Avec une revendication unanime chez les syndicats : des hausses de salaires dans un contexte de flambée inflationniste et de hausse du coût de la vie. La situation est particulièrement spectaculaire au Royaume-Uni, qui connaît cette semaine la plus grosse grève du rail en trente ans. Outre-Manche, d'autres débrayages sont prévus ou évoqués chez le personnel aéroportuaire, les avocats, mais aussi les enseignants, les postiers ou dans la santé.


Le transport aérien est particulièrement concerné par les grèves. Dans les compagnies aériennes comme Ryanair, Brussels Airlines ou Easyjet, plusieurs appels à la grève ont été lancés en ce début d'été en Espagne, en Italie et au Portugal. L'aéroport Bruxelles-Zavantem a été forcé d'annuler tous ses vols en début de semaine suite à une mobilisation nationale des syndicats belges.

La France n'est pas épargnée par ces revendications salariales. Toutes les industries sont ponctuellement touchées par des grèves aussi bien à la SNCF, dont les syndicats préparent une grève nationale le 6 juillet, qu'à la RATP ou chez TotalEnergies ce vendredi. L'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle a déjà connu des grèves le 9 juin dernier ou les magasins Marionnaud le 24 mai.

La hausse des salaires, si efficaces contre l'inflation ?

L'accélération de l'inflation, qui devrait atteindre 6,8% en septembre selon l'INSEE, se fait sentir sur le budget des ménages, d'abord dans les prix de l'énergie et maintenant dans les rayons de supermarché. La hausse du coût de la vie pousse les salariés à accentuer la pression sur leurs employeurs. Le manque de main d'œuvre dans certains secteurs renforcent la position de force de salariés vis-à-vis de leurs employeurs.

En France, certains gains de salaires ont été obtenus. Le SMIC a été automatiquement augmenté le 1er mai de 2,7 %, étant indexé sur l'indice des prix à la consommation des ménages les plus modestes comme prévu par la loi. L'Insee anticipe une autre hausse du SMIC de 2% en juillet. En moyenne, la Banque de France estime les hausses de salaire négociées pour 2022 entre 2,5% et 3,5% alors qu'elles oscillaient en moyenne autour de 1% depuis 2014. Certaines branches comme l'automobile ont revalorisé les salaires à hauteur de 4,5% en avril 2022. La restauration a acté une augmentation moyenne de l'ensemble de la grille salariale de 16%, assortie d'une rémunération minimale supérieure à 5% du SMIC.

Pour maintenir le pouvoir d'achat, le gouvernement français appuie officiellement les demandes de hausses des salaires. « Les entreprises qui peuvent augmenter les salaires doivent augmenter les salaires », a déclaré le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire en mai.

Le risque existe toutefois qu'une augmentation généralisée des salaires sur le Vieux continent ne vienne alimenter... l'inflation. Selon un mécanisme économique nommé boucle « prix-salaire » ou « courbe de Phillips », les entreprises qui accordent un supplément de rémunération à leurs équipes subissent une hausse des coûts. Pour préserver leurs marges, elles sont ensuite forcées de procéder à une hausse de leurs prix. Ce qui nourrit l'inflation.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 5
à écrit le 25/06/2022 à 8:29
Signaler
" En moyenne, la Banque de France estime les hausses de salaire négociées pour 2022 entre 2,5% et 3,5% alors qu'elles oscillaient en moyenne autour de 1% depuis 2014." Oui bon bof... de quoi parle t'on là si ce n'est au mieux d'une correction ?

le 26/06/2022 à 1:34
Signaler
La banque de France est gentille mais c est une moyenne Quid des secteurs d activités. qui ne font aucune augmentation de salaire …

le 26/06/2022 à 8:04
Signaler
Ça sent vraiment l'annonce pour l'annonce mais je suis content que tu sois d'accord avec moi momo pour une fois, c'est bien que tu te reposes parfois tu vois.

à écrit le 24/06/2022 à 22:16
Signaler
Le raisonnement est un rien biaisé, en effet, les prix augmentant l'entreprise vend son produit plus cher et voit son CA augmenter, si elle ne transfère pas ce surplus vers les salaires les profits augmentent puisque la valeur consacrée au travail di...

à écrit le 24/06/2022 à 22:14
Signaler
Le raisonnement est un rien biaisé, en effet, les prix augmentant l'entreprise vend son produit plus cher et voit son CA augmenter, si elle ne transfère pas ce surplus vers les salaires les profits augmentent puisque la valeur consacrée au travail di...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.