Frictions entre l'Allemagne et la Pologne sur le salaire minimum

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Ewa Kopacz.
Ewa Kopacz. (Crédits : reuters.com)
L'Allemagne et la Pologne cherchent à renforcer leur coopération économique. Mais la question du salaire minimum que l'Allemagne tente de généraliser pose problème à la Pologne.

La volonté d'une plus grande coopération, voilà ce qui est ressorti de la rencontre des gouvernements allemand et polonais à Varsovie lundi 27 avril.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a profité de cette occasion pour encenser la coopération actuelle des deux pays.

"Cet engagement permet de résoudre des problèmes difficiles à l'échelle européenne", a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion.

"Nous sommes en totale harmonie sur des sujets tels que la protection du climat et le budget européen", a poursuivi Angela Merkel.

La réunion était aussi l'occasion de préparer le sommet sur le Partenariat oriental qui aura lieu en mai à Riga. Pendant que la chancelière discutait avec son homologue polonaise, Ewa Kopacz, les ministres de chaque pays ont échangé leurs points de vue.

Un quart des exportations polonaises destinées à l'Allemagne

L'Allemagne reçoit un quart des exportations polonaises et est à l'origine de plus d'un cinquième des importations polonaises. Le volume des échanges entre les deux pays est six fois plus important qu'en 1995, a rappelé le ministre allemand de l'Économie, Sigmar Gabriel, à Varsovie.

Cette réussite doit perdurer, a-t-il estimé. Les deux pays espèrent renforcer leur coopération sur la politique énergétique, en mettant en place un groupe de travail qui coordonnera régulièrement les différentes questions de politique.

Sigmar Gabriel et son collègue polonais, Janusz Piechonscinski ont assuré qu'ils offriraient aux entreprises industrielles de meilleures conditions. Selon eux, « un approvisionnement énergétique abordable et fiable » est un facteur clé.

Alors que l'Allemagne cherche à développer les renouvelables via sa transition énergétique (Energiewende), la Pologne continue de dépendre du charbon et envisage de construire une centrale nucléaire.

     > Lire : Le solaire pourrait coûter moins cher que le charbon ou le gaz d'ici à 2025

Opposition au salaire minimum allemand

Le 1er janvier 2015, l'Allemagne est devenue le 22e État membre à introduire le salaire minimum. La Commission européenne enquête actuellement sur la mise en place du salaire minimum en Allemagne pour des cas comme ceux des camionneurs venus d'autres États membres et qui empruntent les routes allemandes. La République fédérale est accusée de créer des obstacles bureaucratiques excessivement élevés et d'entraver la liberté de concurrence.

L'impact du salaire minimum allemand sur le secteur du transport a été un sujet plus délicat, a indiqué Ewa Kopacz à la conférence de presse. Les conducteurs de camion polonais luttent contre cette réglementation, car ils ont peur pour leur propre survie.

« Nous sommes voisins », a expliqué la Première ministre polonaise, « mais nous sommes avant tout des partenaires, dont le sentiment de responsabilité pour l'avenir de l'Europe entraîne un sentiment de responsabilité envers notre région et nos États. Comme vous le savez tous, ce n'est pas chose facile. »

     > Lire : En Allemagne, le salaire minimum impuissant face à une pauvreté record

"Pendant des semaines, nous avons essayé de régler ce problème", a déclaré Ewa Kopacz.

« Nos ministres se sont rencontrés à plusieurs reprises. Aujourd'hui, nos ministres, qui travaillent ensemble de manière active, nous ont dit qu'ils avaient eu de nombreuses discussions, même téléphoniques, ces dernières semaines », a affirmé Ewa Kopacz, sans ajouter plus de détails.

Fin mars, les conducteurs de camion polonais ont manifesté contre le salaire minimum allemand en bloquant des routes. Ils ont accusé le gouvernement allemand d'enfreindre la loi européenne.

Des transporteurs d'Autriche, de Pologne et de Hongrie ont déposé une plainte constitutionnelle contre cette mesure. Le recours a été soumis à la Cour constitutionnelle allemande le 11 mars.

     > Lire : Confusion sur l'application du salaire minimum allemand

Fin janvier, le gouvernement allemand a temporairement suspendu les règles du salaire minimum pour les conducteurs en transit sur les routes allemandes.

Le 21 janvier, la Commission a amorcé une procédure pilote afin de déterminer si l'application du salaire minimum aux conducteurs de camion qui passent par les routes allemandes est compatible avec la loi européenne.

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Par Daniel Tost, EurActiv Allemagne (EurActiv.de) ; traduit de l'anglais par Marion Candau.

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a écrit le 30/04/2015 à 21:26 :
il faut intaure un mic europeen obligatoire afin de regle ce probleme de concurence entre les pays europens on appel cela l union europeene? IL SE SONT MIE D ACCORT SUR LA VALEUR DE LA MONAIE MAIS PAS SUR LES SALAIRES???
a écrit le 30/04/2015 à 14:54 :
ou est le problème ? En reprenant le Traite constitutionnel européen ,le traité de Lisbonne a décrété que le social et la fiscalité étaient du ressort des états, instaurant de fait une concurrence fiscale et sociale . Si les transporteurs allemands veulent être compétitifs qu'ils renoncent à la sécurité sociale allemande et qu'ils acceptent de bosser pour des clous. C'est cela "la concurrence libre et non faussée " !!!
Réponse de le 30/04/2015 à 22:19 :
Tout à fait juste : l'UE c'est l'ultra libéralisme , alors pas de salaire minimum ; les gens n'ont plus qu'à travailler quelques 60h par semaine pour survivre .
Il faut être cohérent .
a écrit le 30/04/2015 à 14:37 :
L'Allemagne se rend compte que les tubes lance-torpilles dirigés un temps contres ses voisins se transforment en voies d'eau qui inondent le pays. Le salaires minimum n'est que partiellement appliqué dans le pays, moins d'un tiers, certains secteurs ont négocié des délais. Comme la Russie punit les deux pays, les complices forcés d'autrefois ressentent lourdement le vide économique et commencent à se chamaillent et vont finir par ne plus se parler.
a écrit le 30/04/2015 à 11:58 :
La Pologne couine car on limiterait outrageusement leur capacité de dumping social et salarial ! ... En effet, c'est une honte... Comment va-t-on pouvoir niveler vers le bas dans ces conditions désastreuses ou les salariés Allemands pourraient avoir un salaire minimum pour survivre avec un emploi?
a écrit le 30/04/2015 à 11:03 :
L'Allemagne, la Pologne..... Frictions entre féminins, hmmmmm.... ;-)
a écrit le 30/04/2015 à 9:20 :
Ha oui, mais alors comment font les conducteurs routiers Français qui vont en Pologne, ils ont bien le salaire minimum non!!!et de plus ils passent bien en Allemagne, les Polonais se foutent vraiment du monde, Européen bien sûr, ils n'y a qu'a bloquer leurs camions quand ils viennent chez nous
a écrit le 30/04/2015 à 9:07 :
Cela devient aberrant il n'est pas possible d'imposer le salaire minimum valable en Allemagne pour les camionneurs polonais qui transitent en Allemagne, ils ne sont soumis au droit allemand que pour la législation sur la circulation routière et encore, si deux polonais ont un accident de route en Allemagne, c'est souvent le droit polonais qui sera applicable, on comprend bien les Allemands imposer leurs conditions moins favorables aux autres notamment en matière de salaire, mais cela ne marche pas comme cela, ils l'apprendront à leurs dépens ! Je peux tout à fait passer un contrat d'entreprise avec un Polonais qui vient en Allemagne pour réaliser son œuvre sans être soumis au droit allemand, le socialisme n'a pas pour vocation à s'imposer partout ! surtout en Pologne !
Réponse de le 30/04/2015 à 13:50 :
Mais oui bien sûr ! Du moment qu'il y a du profit tant pis pour les salariés C'est vraiment le retour des négriers du 21ème siècle !!!!
a écrit le 30/04/2015 à 8:16 :
Il n'y a pas de frictions entre États-vassaux des États-Unis en Europe, sinon Oncle Sam leur donne la correction. Point à la ligne. ===

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