L'Europe va tenter une nouvelle fois d'afficher son unité. A l'occasion d'un Conseil européen à Bruxelles les 28 et 29 juin, les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 doivent se retrouver pour un sommet crucial. Au menu des discussions figurent le soutien de l'Europe à l'Ukraine, la défense et la sécurité et l'immigration. Mais aussi la politique industrielle et la compétitivité. Entre le péril climatique, la pandémie et la guerre en Ukraine, la Commission européenne a changé son discours. Il apparaît nécessaire de rendre le Vieux Continent moins dépendant des grandes puissances étrangères.
La multiplication des crises a fait voler en éclats les principes d'une « mondialisation heureuse », pourtant vantés par les institutions bruxelloises depuis des décennies. Dans une lettre adressée aux chefs d'Etat en mars 2022, le président du Conseil européen, Charles Michel, avait fixé le cap des prochaines années.
En France, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avait, lui, plaidé pour « une nouvelle donne » en matière de politique industrielle en janvier dernier. Face à l'offensive des Etats-Unis sur l'industrie verte, via l'Inflation Reduction Act (IRA) et le plan Made in China de Pékin pour 2025, l'Europe veut changer de braquet. Les divisions au sein du Vieux Continent et la multiplication des plans nationaux en Allemagne ou en France par exemple plongent toutefois les industriels dans un épais brouillard.