« Faire de l'Europe le foyer des énergies propres » : telle est l'ambition qu'affichait Ursula von der Leyen en présentant les détails du « Green Deal » européen à Davos en janvier dernier. Il faut dire qu'il y a urgence.
Lors de son discours, la présidente de la Commission a ainsi dénoncé les « tentatives agressives » émanant d'autres États, et en particulier de la Chine, pour inciter les industriels européens des énergies vertes à délocaliser. Mais la présidente de la Commission a aussi montré du doigt les États-Unis, dont l'« Inflation Reduction Act » (IRA), vaste plan protectionniste pour rapatrier sur le sol américain l'industrie décarbonée, suscite des sueurs froides en Europe. Face à cette concurrence des deux poids lourds de l'économie mondiale, « nous, les Européens, avons un plan », assure la présidente de la Commission, censé permettre au Vieux Continent de se « positionner en tête » de la course aux innovations vertes.
Ce discours volontariste, qui fait écho à la notion d'autonomie stratégique également brandie par les dirigeants européens, constitue un changement de ton certain dans une Union qui s'est construite sur le libre-échange, et où la moindre évocation d'une politique industrielle a longtemps été taboue, note Thomas Grjebine, économiste et responsable du pôle macroéconomie et finance internationales au CEPII.