L'armée russe tirerait des missiles depuis la centrale nucléaire de Zaporijjia

L'opérateur ukrainien de l'énergie nucléaire Energoatom accuse l'armée russe d'avoir déployé des lanceurs de missiles sur le site de la centrale nucléaire de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, pour tirer notamment sur les régions de Nikopol et de Dnipro, où des frappes ont été signalées dans la nuit de vendredi à samedi.
La situation (à la centrale) est extrêmement tendue et la tension s'accroît de jour en jour. Les occupants y amènent leur machinerie, y compris des systèmes de missiles avec lesquels ils ont déjà frappé de l'autre côté de la rivière Dnipro et sur le territoire de Nikopol, à 80 km au sud-ouest de Zaporijjia, Petro Kotin, président d'Energoatom.
"La situation (à la centrale) est extrêmement tendue et la tension s'accroît de jour en jour. Les occupants y amènent leur machinerie, y compris des systèmes de missiles avec lesquels ils ont déjà frappé de l'autre côté de la rivière Dnipro et sur le territoire de Nikopol", à 80 km au sud-ouest de Zaporijjia, Petro Kotin, président d'Energoatom. (Crédits : ZAPORIZHZHYA NPP)

L'armée russe a déployé des lanceurs de missiles sur le site de la centrale nucléaire de Zaporijjia (sud), sous contrôle des Russes depuis début mars, grâce auxquels elle pilonne notamment la région de Nikopol, a affirmé vendredi le patron d'Energoatom, l'opérateur ukrainien. "Les occupants russes ont installé des systèmes de tirs de missiles sur le territoire de la centrale nucléaire de production électrique de Zaporijjia et frappent le district de Nikipol depuis cet endroit", a indiqué Petro Kotin, président d'Energoatom, sur Telegram après un entretien télévisé sur la chaîne ukrainienne United News.

"La situation (à la centrale) est extrêmement tendue et la tension s'accroît de jour en jour. Les occupants y amènent leur machinerie, y compris des systèmes de missiles avec lesquels ils ont déjà frappé de l'autre côté de la rivière Dnipro et sur le territoire de Nikopol", à 80 km au sud-ouest de Zaporijjia, a-t-il indiqué.

Selon lui, jusqu'à 500 soldats russes se trouvent toujours sur le site de la centrale. Ils "contrôlent le site", a-t-il assuré. "Des équipements lourds (chars, véhicules blindés), des occupants et des camions chargés d'armements et d'explosifs restent stationnés sur le site de la centrale", a assuré Petro Kotin, estimant "insuffisante" la pression pour les faire partir et critiquant en particulier l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'AIEA "mène des jeux politiques, oscillant entre la Russie et l'Ukraine", a-t-il souligné. "L'AIEA a plein d'employés de Russie", a-t-il ajouté, citant le chiffre d'une centaine "et même le premier adjoint du directeur général de l'AIEA Rafael Grossi est de Russie". "Peut-être que cela détermine leur position réservée", a-t-il lancé.

Selon le site de l'AIEA, Rafael Grossi compte six adjoints parmi lesquels le Russe Mikhail Chudakov, nommé en 2015. L'organisme précise employer 2.500 personnes de plus de 100 pays. Rafael Grossi a insisté jeudi, selon un communiqué, sur "l'importance" que l'AIEA puisse se rendre dans la centrale afin de mener "des opérations essentielles de sécurité, de sûreté et de protection de la plus grande centrale nucléaire de l'Ukraine". L'Agence n'a pas pu s'y rendre depuis l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février.

Les autorités ukrainiennes s'opposent à une telle visite, considérant que cela légitimerait l'occupation russe du site aux yeux de la communauté internationale, avait fait valoir Energoatom il y a plusieurs semaines. Le site est occupé par les forces russes mais le personnel ukrainien continue de l'opérer, a précisé le communiqué, évoquant une situation "extrêmement difficile" à cause de la "pression constante sur le personnel". Rafael Grossi a réitéré ses "craintes croissantes" concernant les conditions dans lesquelles se trouvent ces employés et l'"impact de telles conditions sur la sécurité et la sûreté de la centrale". En 2021, la centrale fournissait 20% de la production annuelle ukrainienne d'électricité et 47% de celle produite par le parc nucléaire ukrainien.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 4
à écrit le 17/07/2022 à 10:02
Signaler
C'est une stratégie de guerre banale, plutôt maline même. Sinon les gars je me doute que nous n'aurons jamais les informations hallucinantes, cataclysmiques, données par Médiapart et Fakir hein ? Pourtant c'est un sujet qui a un lien étroit avec l'éc...

à écrit le 17/07/2022 à 7:58
Signaler
La Russie a commis une grave erreur stratégique en utilisant la centrale nucléaire comme bouclier. Les Ukrainiens pourraient bombarder cette usine en prétextant un accident russe comme pour le Koursk. L'armée Russe perdrait alors définitivement la gu...

à écrit le 16/07/2022 à 22:00
Signaler
L'Ukraine s'oppose à une visite de l'AIEA sur la centrale nucléaire parce qu'elle est passée en zone russe ? Comme toujours, l'Ukraine fait la politique du pire. Il va falloir finir par le reconnaître...

le 17/07/2022 à 10:56
Signaler
Au lieu de prétendre citez la source de cette info ou fake News? Je ne vois pas comment la Russie accepterait une visite de cette agence internationale . … Britannicus vous devriez aller parlementer … lol

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.