L'euro atteint la parité avec le dollar, une première depuis sa mise en circulation en 2002

C'est historique. L'euro a brièvement atteint 1 dollar ce mardi, première fois depuis deux décennies. Une dégringolade de la devise européenne qui s'explique par les inquiétudes qui planent sur le Vieux Continent en proie à une flambée des prix de l'énergie et la crainte de pénuries l'hiver prochain mais aussi par une politique monétaire plus agressive du côté des Etats-Unis pour lutter contre l'inflation.
L'euro a brièvement atteint la valeur de 1 dollar ce mardi vers 11h50.
L'euro a brièvement atteint la valeur de 1 dollar ce mardi vers 11h50. (Crédits : WOLFGANG RATTAY)

C'était pressenti depuis plusieurs semaines. Ce mardi, l'euro a atteint la parité avec le dollar. Une première depuis 2002, date de sa mise en circulation. La devise européenne est brièvement tombée à 1 dollar vers 11h50. Il est ensuite très légèrement remonté et s'échangeait vers 12H10 pour 1,0024 dollar.

Un dollar qui, en ces temps marqués par l'incertitude pour le continent européen, bénéficie plus que jamais de son statut de valeur refuge auprès des investisseurs qui le privilégient. Le billet vert a ainsi gagné près de 14% depuis le début de l'année.

La semaine dernière, l'euro avait déjà chuté à son plus bas niveau depuis près de vingt ans, en descendant à 1,0298 dollar pour 1 euro, après avoir chuté mi-mai à 1.035 dollar.

Flambée des prix de l'énergie

Cette nouvelle dégringolade s'explique par les sommets atteints par les prix de l'énergie (électricité, gaz, carburant) depuis le déclenchement du conflit en Ukraine le 24 février dernier et qui pèse lourdement sur l'Union européenne et fait planer le risque de pénurie l'hiver prochain. En témoigne la décision de l'Allemagne, le 23 juin, qui a activé le niveau 2, dit d' « alerte », de son plan d'urgence sur l'approvisionnement en gaz, devenu une « ressource rare », comme l'a indiqué son ministre de l'Economie et du Climat, Robert Habeck. Il s'agit du dernier palier avant l'organisation d'un rationnement par l'Etat, prévue dans la phase 3, afin de répartir les volumes entre particuliers, administration et industrie. Berlin, toujours dépendant de la Russie pour 35% de ses importations de gaz, voit ses livraisons réduire depuis l'instauration des sanctions occidentales à l'égard de Moscou.

Cette incertitude s'est renforcée après que Gazprom a entamé lundi, 10 jours de travaux de maintenance des deux gazoducs Nord Stream 1, qui acheminent une grande quantité de son gaz livré encore à l'Allemagne ainsi qu'à plusieurs autres pays de l'Ouest de l'Europe. Le marché s'est ainsi inquiété d'une possible crise énergétique majeure sur le Vieux continent, doutant du rétablissement par la Russie des flux de gaz après cette interruption.

Lire aussiLa France se prépare à livrer du gaz à l'Allemagne..., une grande première!

L'Union européenne souffre également de la hausse du prix des matières premières comme les céréales, l'Ukraine et la Russie étant deux importants exportateurs mondiaux. Face à ces difficultés et incertitudes, l'euro éloigne ainsi les investisseurs qui lui préfèrent la devise américaine, jugée plus sûre.

Une politique monétaire américaine plus agressive

Un sentiment exacerbé par la politique monétaire plus agressive enclenchée par la Réserve fédérale américaine. Mi-juin, l'institution monétaire a relevé ses taux directeurs de trois-quarts de points de pourcentage, soit la plus forte hausse depuis 1994, pour tenter de contrôler une inflation plus forte qu'escomptée. De son côté, la Banque centrale européenne a, elle aussi, opté pour un resserrement monétaire mais plus léger. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a annoncé un relèvement de 25 points de base des taux d'intérêt en juillet, avant une nouvelle hausse en septembre. Car l'institution craint qu'une hausse trop brutale des taux ne plonge l'économie européenne en récession. Sans compter que la perspective d'une pénurie de gaz accentue ce risque.

La chute de l'euro pourrait encore s'aggraver, selon les données sur l'inflation en France, en Allemagne et aux Etats-Unis qui seront publiées mercredi et qui pourraient nourrir les inquiétudes des investisseurs sur une divergence des économies des deux côtés de l'Atlantique. « Si l'inflation américaine est plus forte que le marché ne le prévoit, cela pourrait profiter au dollar », les investisseurs pariant que la Fed va devoir agir encore plus vite pour remonter ses taux, estime Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com.

L'euro est également en difficulté face au franc suisse, lui aussi considéré comme une valeur refuge: il a reculé à 0,9836 franc suisse, un plus bas depuis 2015 quand le dollar brille non seulement face à la devise européenne mais aussi face aux autres monnaies considérées comme vulnérables au risque: la livre sterling a plongé jusqu'à 1,1807 dollar, un niveau plus atteint depuis mars 2020, quand le début de la pandémie de Covid-19 en Europe, en pleines négociations sur le Brexit, avait fait reculer la devise britannique à son plus bas niveau depuis 1985.

(Avec AFP)

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Commentaires 10
à écrit le 13/07/2022 à 11:19
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Désolé. Je voulais dire, ''Pas brievement. Puisqu'aujourd'hui Mercredi, le taux d'echange est toujours ou encore à 1 euros pour 1 dollar US''

à écrit le 13/07/2022 à 11:15
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pas brievement. Aujourd'hui Mercredi, c'est toujours a 1 euros pour 2 dollars US

à écrit le 13/07/2022 à 11:06
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Et pendant ce temps là les importations Françaises d'énergies (pétrole, gaz etc..) explosent alors que nos exportations battent ees records en déficit commercial à plus de 140 milliards d'euros sur un an. Et aussi les économistes européens qui s'apit...

à écrit le 13/07/2022 à 9:43
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Peut être le début de l'explosion de la zone euro par les problèmes financiers des pays du sud comme la France, l'Italie et l'Espagne qui prennent le chemin de la faillite et dont l'Allemagne n'a plus les moyens ni l'envie de continuer à les aider !

à écrit le 12/07/2022 à 16:54
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Les fourmis allemandes qui placent leur épargne vont payer pour les cigales françaises qui vont la leur dépenser. Je pense qu'en Allemagne çà va secouer très bientôt contre l'Etat providence de Bruno Lemaire : il faudra alors plus que des chèques res...

à écrit le 12/07/2022 à 14:17
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Cette dépréciation de l’euro est une occasion unique pour rendre les économies européennes plus compétitives et d’attirer des investisseurs. Ce modèle a bien servi les États-Unis et la Chine pendant des décennies. Évidemment il y a des contreparties,...

le 12/07/2022 à 20:49
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L EU n'a pas de problème de compétitivité. La France oui. Franchement, la parité est logique car globalement c'est les mêmes prix sauf que quand les ricains ont un pib de 50000, les français c'est au mieux 30000$....par contre, même si l'euro sombrai...

à écrit le 12/07/2022 à 14:15
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Les atouts économiques des pays européens sont mal mis en valeur. Les états sont trop centralisés, trop réglementés, ce qui empêche les innovations et les progrès d'émerger. Aujourd'hui pour être riche il faut être petit, flexible et bien géré (Émira...

à écrit le 12/07/2022 à 13:10
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AInsi qu'une énorme vague de relocalisations économiques engendrée par Trump vers les Etats Unis qui ne peuvent qu'augmenter la valeur du dollars, l'UERSS elle se retrouve à poil dépossédée par ses riches qui ont cru la mondialisation et la fin des f...

à écrit le 12/07/2022 à 13:07
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Les entreprises (GE, ETI, PME) exportatrices, notamment vers l'Amérique du Nord, vont apprécier, les réindustrialisassions aussi, ainsi que le secteur du tourisme qui pèse sur le transport aérien encore boderline. Pour les importations de matières pr...

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