La croissance économique du Portugal devrait finalement se limiter à +1,6% cette année, selon une nouvelle prévision publiée ce mardi par la Banque du Portugal. Soit 0,4 point de moins que précédemment attendu. Un ralentissement notamment dû à une baisse des exportations.
L'économie portugaise fera moins bien qu'en 2023, anticipe la Banque du Portugal. L'institution a en effet dévoilé ce mardi de nouvelles prévisions de croissance à la baisse pour le pays. Elle ne prévoit plus qu'une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,6% sur l'ensemble de l'année, contre 2% précédemment. Ce qui serait bien en dessous des +2,5% de l'année dernière. Le pays avait alors enregistré l'une des plus fortes croissance de l'UE, portée notamment par les exportations.
Ce « ralentissement de la croissance » a déjà été observé au cours du deuxième trimestre et « va se poursuivre » au troisième trimestre, a expliqué en conférence de presse le gouverneur de la banque centrale portugaise, Mario Centeno. Le PIB du Portugal a progressé de 0,1% au deuxième trimestre 2024, contre une croissance de 0,8% entre janvier et mars, en raison d'un ralentissement des exportations, selon les chiffres publiés en août par l'Institut national des statistiques (Ine).
Pour l'an prochain, les prévisions ont aussi été revues à la baisse. La Banque du Portugal prévoit désormais une croissance de 2,1% pour 2025, contre une précédente estimation de 2,3%.
Selon les nouvelles projections de la banque centrale, le taux d'inflation devrait se réduire cette année, là encore un peu moins que prévu. L'institution table sur +2,6% pour l'ensemble de 2024, contre +2,5% selon sa précédente estimation. Ce serait toutefois en nette baisse par rapport au +5,3% de l'an dernier.
En septembre, les prix à la consommation au Portugal sont repartis à la hausse, s'affichant à +2,1% sur un an, contre +1,9% en août, d'après les chiffres de l'Ine. Ils ont été tirés par les produits alimentaires malgré une baisse des prix de l'énergie. Ils restent cependant proches de l'objectif de +2% fixé à l'échelle des Vingt-Sept par la Banque centrale européenne (BCE).
La Banque du Portugal a aussi profité de cette prise de parole ce mardi pour revoir, également à la baisse, la croissance des exportations (+3,8%) et de l'investissement (+0,8%).
Inquiétude sur les finances publiques
Le gouverneur de la Banque du Portugal a par ailleurs appelé les différents agents économiques à épargner pour se prémunir contre une dégradation de la conjoncture internationale.
« C'est le moment pour tous de constituer des matelas financiers pour l'avenir »,a affirmé Mario Centeno.
L'ex-ministre des Finances et ancien président de l'Eurogroupe a, en particulier, mis en garde contre une dégradation des finances publiques du Portugal, en raison d'une importante hausse des dépenses de l'État. « Nous observons au cours de l'année 2024 une détérioration du solde budgétaire », a-t-il noté.
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Or, le pays avait dégagé l'année dernière un excédent budgétaire à hauteur de 1,2% de son PIB, du jamais-vu en cinquante ans. Mais dès son arrivée au pouvoir au printemps, le gouvernement de droite modérée a assuré, par la voix de son ministre des Finances, que le pays a en fait hérité d'une situation financière dégradée qui ne correspond pas à l'excédent budgétaire annoncé par le précédent gouvernement socialiste.
« La situation budgétaire est bien pire », avait fustigé Joaquim Morais Sarmento. Le parti socialiste s'était défendu en accusant le gouvernement de « [dramatiser] la situation des comptes publics » pour préparer le pays « au fait de ne pas respecter ses promesses électorales », avait taclé le leader socialiste Pedro Nuno Santos.
Reste que le Portugal pourrait bientôt se retrouver dans une situation de crise politique. Le gouvernement du Premier ministre Luis Montenegro, qui ne dispose pas de majorité absolue au Parlement, doit trouver un accord avec l'opposition socialiste permettant d'adopter son budget pour 2025. Les négociations durent depuis plusieurs semaines et bloquent notamment sur deux mesures contestées concernant d'éventuelles baisses d'impôt pour les sociétés et les jeunes. Faute de quoi, le pays risque une « crise politique et économique », a prévenu fin septembre le président Marcelo Rebelo de Sousa.