Pourquoi le dollar décolle face à l'euro
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L'euro a plongé jusqu'à 1,0314 dollar ce jeudi, son plus beau niveau depuis fin novembre 2022.
Reuters
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L'euro a plongé jusqu'à 1,0314 dollar ce jeudi, son plus beau niveau depuis fin novembre 2022.
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[Article publié le jeudi 02 janvier 2025 à 15h58 et mis à jour à 17h45] Cela fait plus de deux ans que le dollar n'avait pas été aussi haut par rapport à l'euro. Ce jeudi, vers 17h42 (heure de Paris), la devise américaine grimpait de 0,98% face à la monnaie européenne à 1,0248 dollar pour un euro. Cette dernière avait même atteint, plus tôt dans la journée, 1,0314 dollar. Soit son plus beau niveau depuis fin novembre 2022.
Cela est moins dû à une chute de l'euro qu'à une forte progression du dollar. Celui-ci est poussé par le retour imminent de Donald Trump à la Maison Blanche, le 20 janvier. « Il s'agit simplement de la continuation de la tendance à la hausse du dollar observée au cours de la deuxième partie de l'année dernière, en particulier après la victoire de Donald Trump », confirme, en effet, Russ Mould, analyste d'AJ Bell, interrogé par l'AFP.
Ce mouvement a également été accentué jeudi par la baisse surprenante des demandes d'allocations chômage aux Etats-Unis. 211.000 ont été enregistrées au cours de la semaine achevée le 28 décembre, un plus bas depuis avril 2024, et un signal positif pour l'économie américaine.
Par ailleurs, le président américain élu prévoit des politiques susceptibles de doper l'inflation américaine. Il a ainsi assuré qu'en cas de retour à la Maison Blanche, il imposerait des droits de douane de 10 à 20% sur l'ensemble des produits entrants aux Etats-Unis, voire de 60 à 100% sur les produits en provenance de Chine. Au lendemain de son élection, il insistait d'ailleurs en assurant qu'une de ses premières décisions lors de sa prise de fonction serait d'instaurer une première série de droits de douane de 25% sur les produits en provenance du Canada et du Mexique, deux pays pourtant signataires d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis.
Or, cette promesse électorale pourrait entraîner une hausse « massive » des prix, alertait le 19 décembre Lael Brainard, la principale conseillère économique du président sortant, Joe Biden. Selon une enquête réalisée auprès de 500 entreprises américaines par la société de recrutement Resume Templates, 82% d'entre elles envisagent d'augmenter leurs prix si de nouveaux droits de douane sont effectivement mis en place.
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Un risque qui commence à être intégré par la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a révisé sensiblement sa prévision d'inflation pour 2025. Elle l'attend autour de 2,5%, alors qu'elle espérait la ramener à 2,1% lors de sa précédente prévision, en septembre.
De son côté, Donald Trump estime que, « utilisés convenablement », les droits de douane peuvent selon lui avoir un impact positif sur l'économie américaine.
Il n'en demeure par moins que le contexte pousse l'institution monétaire à la prudence. En témoigne ses annonces, en décembre dernier, à l'occasion de la publication de ses prévisions économiques. Certes, elle a dévoilé une nouvelle baisse de ses taux, de 0,25 point de pourcentage, pour les ramener dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%, mais elle n'en prévoit désormais que deux, de même amplitude, sur l'ensemble de l'année 2025.
En comparaison, les analystes estiment que la Banque centrale européenne (BCE) devrait réduire ses taux à un rythme plus soutenu que celui de la Fed, étant donné la faible croissance dans la zone euro, où l'inflation évolue près de la cible de 2% fixée par la BCE. Du côté de la Banque d'Angleterre (BoE), le marché projette toujours deux à trois coupes en 2025.
Ce jeudi, le billet vert prenait, d'ailleurs, 1,09% face à la devise britannique après avoir culminé à un plus haut depuis avril 2024, à 1,8081 livre pour un dollar.
La livre pâtit de l'activité économique atone au Royaume-Uni, où la croissance est restée nulle au troisième trimestre et où de fortes hausses d'impôts annoncées par le gouvernement travailliste inquiètent les entreprises pour l'année à venir.
Le yen perdait aussi du terrain après s'être pourtant maintenu au cours de la journée, profitant de l'optimisme des économistes japonais envers de nouvelles hausses des taux de la Banque du Japon (BoJ) en 2025.
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Vers 17h44, la devise nippone s'affichait à -0,31% contre le dollar, à 0,0063 dollars pour un yen. La faiblesse persistante du yen pourrait cependant « accroître la pression sur la BoJ (Banque du Japon) pour qu'elle relève ses taux plus tôt cette année, en janvier, plutôt qu'attendre mars », a jugé Lee Hardman, analyste chez MUFG.
(Avec AFP)
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