Coronavirus : le PDG de JPMorgan Chase plaide pour une économie plus équitable

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Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan.
Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan. (Crédits : Carlo Allegri)
La crise sanitaire doit être un "électrochoc" pour bâtir une économie plus équitable, a enjoint mardi Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan Chase, la première banque américaine et une des plus puissantes de la finance mondiale.

Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan, a plaidé, ce mardi 19 mai, pour la construction d'une économie plus "équitable"."Cette crise doit servir d'électrochoc et d'appel à l'action pour les entreprises et les gouvernements à réfléchir, penser, agir et investir pour le bien commun et à s'attaquer aux obstacles structurels qui ont empêché jusque-là une croissance économique plus équitable pendant de nombreuses années", a développé M. Dimon, dans un document interne consulté par l'AFP. Cette économie devrait donner un "large accès aux opportunités" à tous, poursuit M. Dimon, 64 ans, une des voix les plus influentes de la finance, qui avait déjà plaidé il y a plusieurs mois pour une réforme du capitalisme.

"Les derniers mois ont étalé au grand jour une dure réalité, bien avant la pandémie, trop de monde vit à la limite du seuil de pauvreté. Les ménages à faibles revenus et les personnes de couleur sont les plus affectés (par la pandémie), ce qui creuse encore un peu plus les inégalités économiques (...) déjà criantes avant le virus", fait encore remarquer le banquier à qui on prête souvent des ambitions politiques. M. Dimon, reconnaissable à sa chevelure argentée, promet de partager "bientôt" des idées sur cette économie équitable car "en faisant la chose juste en ces temps de crise, nous pouvons en ressortir plus forts".

Critiques

Il affirme que sa banque a commencé à faire sa part: JPMorgan Chase a aidé 1,5 million de comptes, soit en supprimant les frais de découvert, en repoussant les échéances de remboursement de crédits automobile, de crédits à la consommation et de prêts immobiliers et en supprimant des pénalités pour des retards ou défauts de paiements. Cette nouvelle sortie du banquier, qui n'a pas hésité à s'exprimer ces dernières années sur des problématiques sociétales, allant de la couverture santé à l'éducation en passant par les inégalités sociales, les discriminations et la diversité, pourrait relancer des spéculations sur son entrée en politique.

Lire aussi : « Aux États-Unis, les banques sous-estiment la catastrophe à venir »

Jamie Dimon, plus proche des démocrates, avait refusé l'offre du président Donald Trump de devenir secrétaire au Trésor, avaient indiqué à là l'époque des sources proches. Sa banque a été critiquée récemment pour avoir privilégié les grandes entreprises, comme les chaînes de restaurant Shake Shack et Ruth's Chris Steak House, dans le plan fédéral de prêts aux petites et moyennes entreprises américaines dévastées par la crise du coronavirus (PPP).

"Depuis le début du 'PPP', nous avons accordé plus de 30 milliards de dollars de financement à plus de 250.000 entreprises, ce qui a permis de soutenir plus de 3 millions de salariés. Le prêt moyen que nous avons accordé était de 122.000 dollars et la moitié de ces prêts sont allés à des entreprises employant moins de cinq personnes", s'est défendu mardi Jamie Dimon.

Il a par ailleurs fait savoir que JPMorgan Chase pourrait revoir "la configuration" de ses bureaux, la pandémie ayant montré que le travail à distance était tout autant efficace que si les salariés étaient sur site. Une grande majorité des employés de la banque travaillent de chez eux depuis bientôt deux mois.

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Commentaires
a écrit le 21/05/2020 à 11:55 :
La réalité est souvent censurée ...
Juste un indice ( peut être que ça passera? ...)
Pour le monde de la finance mondiale : aujourd’hui c’est le «  retour aux sources « d’origine.
Replay puissance 3 pour le futur ; certains angoissés ne « vont pas aimer »
âmes sensibles ne lisez pas .
a écrit le 20/05/2020 à 19:27 :
Ça oui !! Faut espérer pour des millions d'Américains que le monde d'après sera sensiblement différent du monde d' avant.
Car question protection sociale, ça n'a pas avancé d'un pouce par rapport à la crise de 29, il y a bientôt 100 ans.
Les 30 millions de chômeurs actuels st guère mieux lotis que les 30-40 millions de miséreux des années 30, les petits producteurs agricoles ruinés en moins, sauf que maintenant les queues interminables se pressent devant les associations d'aide alimentaires qui ont remplacé les anciennes soupes populaires.
Le Boss de La Chase Manhattan...non, de Goldman Sachs...mais non!! de JP Morgan, oui c'est ça... peut s'interroger pour savoir où passe ce pognon de dingue, ailleurs que pour financer ses émoluments et bonus de plusieurs dizaines de millions d'euro, ainsi que ceux de ses copains ou comparses ( le dernier PDG D. Mullemberg de Boeing qui a été viré pour avoir conduit sa firme à la ruine, n'emargeait il pas à 22 millions $ ?? Reléguant les meilleurs cachets de nos patrons du CAC40 à de modestes seconds couteaux...).
Car il faut bien financer sur la richesse nationale, les cachets mirobolants et les avantages en nature qui vont avec, de tte cette caste pléthorique, plus ou moins parasite et nuisible dt les frasques passées ont svt conduit à une quasi faillite mondialisée, payée au prix d'un endettement massif des États et d'un chômage de masse de millions de 1ers de corvée.
Dc, que ce PDG fasse des propositions constructives de nature politique qui puissent inspirer ds le bon sens les futurs élus de la prochaine présidentielle.
On peut rêver d'une autre Amérique, qui sait...
a écrit le 19/05/2020 à 19:39 :
Ben oui ! Là ces patrons de la finances se rendent compte que sans les personnes en bas de l'échelle et leur consommation leur beau système se fissure de toute part. Problème aux états unis un nombre important de gens n'ont aucune épargne et quand ils perdent leur emploi ils ne consomment plus rien du tout parce qu'ils ne peuvent plus faute de finances. Et là tout le système s'écroule. Et les USA se retrouvent en slip.
a écrit le 19/05/2020 à 19:06 :
Ils nous prennent vraiment pour des c... ! Et donc continuent allègrement à se foutre de notre g... . Ça veut dire quoi équitable dans l'esprit tordu d'un patron de la finance ? Je suis étonné Qu'il connaisse le mot.
a écrit le 19/05/2020 à 17:06 :
Ben disons qu'à force de prendre le peu d'argent que les pauvres ont, en petits quantités certes mais tout à une fin hein, bel les pauvres n'ont plus du tout d'argent et pire, c'est que la cupidité maladive de nos mégas riches fait que dorénavant ce sont les salariés qui sont pauvres voir même très pauvres, les salaires passant directement dans les paradis fiscaux des mégas riches.

Je ne me fait aucun souci, aussi hauts gradés soient leurs soldats financiers pour leur conseiller de réfléchir, leur aliénation mentale du fait de leur cupidité maladive leur empêchera tout recul dans le suicide lent qu'ils ont entrepris pour eux mêmes et donc plus rapides pour nous-mêmes.

Plus on possède et plus on est possédé, cherchez pas les gars c'est mort, vous pourrez vous consoler en vous disant que vous avez bien travaillé que grâce à vous les dragons célestes vont éradiquer l'humanité lui ayant déjà fait énormément de mal et depuis longtemps, la fin se rapproche enfin parce que rien de pire que de ne servir à rien, et vivre pour consommer c'est vivre pour rien.

"la pandémie ayant montré que le travail à distance était tout autant efficace que si les salariés étaient sur site"

Aux états unis en effet je pense qu'ils n'ont aucun souci à se faire, les américains travaillant à fond pour leur pays ils travaillent forcément à fond chez eux aussi.

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