En pleine croissance, la Fintech Treezor pousse ses pions en Espagne
Juliette Raynal

Eric Lassus, cofondateur et dirigeant de Treezor
Treezor
Juliette Raynal

Eric Lassus, cofondateur et dirigeant de Treezor
Treezor
Ce mardi 26 février, Eric Lassus, cofondateur et dirigeant de la startup française de paiement Treezor, arpente les allées du Mobile World Congress, le grand salon européen dédié aux nouvelles technologies, qui se tient chaque année à Barcelone.
Rachetée par Société Générale en septembre dernier, la startup Treezor se présente comme une plateforme de « Banking-as-a-service ». « Nous bâtissons différents services bancaires sous la forme de micro-services accessibles à la demande par API [des interfaces de connexion informatiques, ndlr]», détaille Eric Lassus. Les startups de la finance peuvent ainsi piocher différentes briques, fastidieuses à construire en interne, qu'elles proposent ensuite à leurs propres utilisateurs, comme l'ouverture d'un compte, le paiement, l'identification des clients (KYC) ou encore le développement de programmes de cartes de paiement personnalisés. « Nous n'apparaissons à aucun moment, nous opérons systématiquement en marque blanche », précise Eric Lassus.
Treezor se targue aujourd'hui d'être la première Fintech française à proposer Google Pay. Déjà adoptée par son client Lydia, cette fonctionnalité permet aux utilisateurs finaux de réaliser des paiements sans contact en magasin avec leur smartphone. Treezor vient également de développer un service d'encaissement de chèques, que la néobanque Shine proposera dans les semaines à venir à ses clients : des professionnels indépendants particulièrement en attente de cette fonctionnalité.
Ce modèle de boîte à outils semble faire ses preuves. La startup francilienne revendique un chiffre d'affaires 2018 supérieur à 6 millions d'euros, contre moins d'un million l'année précédente, soit une progression de 640%, souligne le communiqué de presse. En 2018, Treezor a émis 300.000 cartes de paiement et géré 4 milliards d'euros de flux.
Cette hyper-croissance est mécaniquement liée à celle de ses clients, dont beaucoup sont en phase d'accélération. La jeune pousse travaille aujourd'hui avec une quarantaine de Fintech, dont l'application grand public Lydia (1,4 million d'utilisateurs), la néobanque pour PME Qonto (20 millions d'euros levés en septembre 2018 et 25.000 entreprises clientes) et celle pour les professionnels Shine (30.000 utilisateurs) ou encore Lunchr, spécialisée dans la dématérialisation des tickets restaurant, qui vient de lever 30 millions d'euros et vise les 200.000 utilisateurs d'ici la fin de l'année.
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Treezor travaille également avec des acteurs de la distribution et des industriels du paiement, dont l'identité reste confidentielle. « Nous travaillons notamment avec des acteurs de la carte cadeau qui souhaitent mettre en place des programmes de carte prépayée », précise l'entrepreneur.
D'ici deux ans, Treezor espère compter une centaine d'entreprises clientes.
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Treezor, qui emploie actuellement une soixantaine d'employés, devrait en rassembler une centaine d'ici à la fin de l'année. La jeune entreprise doit impérativement muscler ses équipes pour assurer la montée en cadence de son activité imposée par ses clients. Au cours des douze prochains mois, la jeune pousse compte s'appuyer sur la banque de La Défense pour proposer une offre de crédit et améliorer sa fonctionnalité dédiée aux virements internationaux. Treezor entend également proposer une brique d'Instant Payment, qui permettra de réaliser des virements en temps réel.
La Société Générale, qui a recapitalisé la startup après l'avoir rachetée, doit aussi faciliter son développement à l'international.
Juliette Raynal