Les agences de notation sont aux aguets pour juger de la crédibilité des mesures annoncées par le Premier ministre François Bayrou pour redresser les finances. Le risque est élevé d’une nouvelle dégradation de la note de la France en 2026.François Bayrou a-t-il réussi à convaincre les marchés et les agences de notation ? Le Premier ministre, qui a fait de la réduction de la dette son mantra politique depuis sa candidature à l'élection présidentielle de 2007, a présenté ce mardi son plan budgétaire pour ramener le déficit public à 4,6 % du PIB en 2026, soit près de 44 milliards d'euros à trouver en recettes nouvelles ou en économies, selon le dernier chiffrage.
Cet exercice de haute voltige s'avère déterminant pour restaurer la crédibilité de la France sur les marchés de la dette souveraine en zone euro, notamment auprès des investisseurs hors de la zone euro. Cette perte de crédibilité est observée depuis un an, au profit de la dette des pays périphériques, comme l'obligation italienne BTP.
Les agences de notation ne cessent d'alerter sur les dérives budgétaires en France et, surtout, sur l'incapacité de la classe politique à trouver un consensus pour réduire les déficits. En décembre dernier, l'agence Moody's avait dégradé d'un cran (avec perspective stable) la note de crédit de la France à Aa3, s'alignant sur celles de S&P Global et de Fitch (perspectives négatives).
Le rendez-vous de septembre
« Nous assistons, en zone euro, à une convergence graduelle des fondamentaux, avec une dégradation dans les pays "core" et une amélioration dans les pays périphériques. Cette convergence s'exprime également dans les notations de crédit. Nous nous attendons donc à des révisions à la hausse des notes des pays périphériques et, en parallèle, à de nouvelles dégradations de certains pays "core" comme la France, avec un risque modéré pour la seconde moitié de l'année et plus sur l'année prochaine », estime Ninon Bachet, stratégiste taux chez Société Générale CIB.