La Bourse de Paris plombée par la peur d’une chute du gouvernement

Maxime Heuze

Le CAC 40 affichait une baisse de 1,74 % vers 11 heures ce mardi, à 7 706 points, après avoir déjà perdu 1,59 % hier, lundi 25 août.
Lucas Jackson

Maxime Heuze

Le CAC 40 affichait une baisse de 1,74 % vers 11 heures ce mardi, à 7 706 points, après avoir déjà perdu 1,59 % hier, lundi 25 août.
Lucas Jackson
La Bourse se réveille avec la gueule de bois ce mardi. Le CAC 40 affichait une baisse de 1,74 % vers 11 heures, à 7 706 points, après avoir déjà perdu 1,59 % hier lundi. La faute à un homme : François Bayrou. Anticipant un budget 2026 très compliqué, le Premier ministre a décidé, lundi, d'organiser un vote de confiance à l'Assemblée nationale le 8 septembre. Avec ce coup de poker, l'exécutif espère obtenir le soutien d'une majorité de députés et faire voter plus facilement les 44 milliards d'euros d'économies qu'il juge indispensables pour le budget de 2026.
Sauf que c'est un autre scénario qui semble se préciser. Le Rassemblement national ayant annoncé qu'il ne soutiendra pas le plan gouvernemental, l'équipe de François Bayrou a donc de grandes chances d'être renversée, avant même le débat budgétaire. Un scénario catastrophe pour les marchés financiers.
« Le "choc politique" ravive le risque souverain français et l'incertitude réglementaire et budgétaire. Les secteurs les plus domestiques et dépendants des décisions publiques décrochent logiquement davantage », explique dans une note Antoine Fraysse-Soulier, analyste chez eToro. Les fournisseurs de services aux collectivités, comme Engie (-2,5 %) et Veolia (-3 %), mais aussi les contractants et concessionnaires, comme Vinci (-5,2 %), Bouygues (-3 %) ou Eiffage (-6 %) ont accusé la nouvelle en Bourse.
Les banques françaises ont aussi particulièrement pâti de la nouvelle. BNP Paribas dévissant de 5,76 %, alors Société générale et Crédit agricole ont perdu chacune plus de 6 %. Ces entreprises « souffrent du fait que les marchés tablent sur une dégradation prochaine de la dette française par les agences de notation », expliquait ainsi à l'AFP Christopher Dembik, conseiller en investissement pour Pictet AM.
En cas de nouvelle crise politique et d'une absence de plan pour réduire le déficit public, S&P, Moody's et Fitch pourraient réduire la note française et faire donc augmenter le coût auquel le pays emprunte sur les marchés financiers.
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D'ailleurs le taux de l'obligation d'État à dix ans (OAT) s'est déjà envolé dans la journée de lundi, passant de 3,42 % à 3,51 %. Cette hausse soudaine aggrave l'écart avec le taux appliqué à l'Allemagne - écart appelé « spread » - qui s'établit 0,77 point de pourcentage en dessous de son équivalent français. L'écart n'était que de 0,7 point avant le discours du Premier ministre. Plus symbolique, le taux français se rapproche de celui imposé à l'Italie (3,57 %), jusqu'ici vu comme le plus mauvais élève d'Europe de l'Ouest.
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Une situation qui n'est cependant pas sans précédent pour la France. Lors de la chute du gouvernement Barnier, début décembre dernier, les marchés avaient déjà été mis à rude épreuve. Le taux à dix ans de la France était passé de 2,9 % le 1er décembre 2024 à 3,4 % le 5 janvier 2025. Ce stress financier n'avait cependant pas empêché le CAC 40 de gagner 3 % durant la même période. Reste à voir si la Bourse française resterait imperméable à une nouvelle crise politique.
Maxime Heuze