INTERVIEW. Le projet de règlement "Market in Crypto Assets" (MiCA), qui doit encadrer les crypto-actifs en Europe, a été adopté lundi par la Commission des affaires économiques du Parlement européen, ce qui ouvre la voie à une entrée en vigueur du texte d'ici 2024. Un amendement, visant à interdire de facto un système de minage utilisé dans de nombreuses blockchains (bitcoin, ethereum...) a finalement été repoussé par les députés, au grand soulagement de l'écosystème français des crypto-actifs. Toutefois, le député de la majorité Pierre Person (LREM), très engagé dans la défense de cette...
... strie émergente, juge le texte insuffisant pour permettre à l'Europe d'imposer ses propres standards face à une concurrence internationale féroce.
Après les sueurs froides du week-end, la communauté française des cryptomonnaies a poussé lundi un grand ouf de soulagement. Depuis vendredi soir, et les tweets alarmistes du député de la majorité Pierre Person (LREM), la communauté était en ébullition face à la dernière version du texte de la directive européenne "MiCA" (Market in Crypto Assets). Le texte, très attendu, et voté ce lundi 14 mars par le Parlement européen, fixe en effet le tout premier cadre réglementaire sur la revente et la conservation des crypto-actifs en Europe.
Et c'est in extremis que l'amendement interdisant le protocole informatique (système de la preuve de travail, proof of work) sur lequel reposent notamment les deux principales cryptomonnaies, le bitcoin et l'ether, a été repoussé par les députés européens.
« A moins de 48h de l'adoption de MiCa, la version finale du texte remet en cause l'émission ou l'offre d'échange de crypto-actifs qui reposent sur des protocoles de preuve de travail (bitcoin en première ligne). Interdire la PoW est une vision très singulière sur ce sujet de la blockchain !» condamnait par exemple sur le réseau LinkedIn Céline Moille, avocate chez Deloitte. «L'union européenne a t'elle décidé de se suicider économiquement ? », s'alarmait-on encore sur les réseaux.
L'heure est donc au soulagement suite au vote. Mais pour Pierre Person, député de la majorité, très engagé dans la défense l'écosystème français des crypto-actifs, si ce risque a été écarté par le retrait de l'amendement, il n'y a pas encore de quoi crier victoire. Le texte, doit, lui, entrer en application d'ici 24 mois.
LA TRIBUNE - Après avoir alerté la communauté ce week-end concernant l'amendement du MiCA qui aurait visé à interdire le Bitcoin en Europe, son retrait in extremis est sans doute une victoire ?
PIERRE PERSON - Nous avons évité le pire. Pour autant, la dernière version du texte laisse en suspens de nombreuses questions, car elle se réfère à un document qui va être finalisé... plus tard. Un petit rappel des faits s'impose : la version parue le week-end dernier condamnait définitivement le futur des cryptomonnaies en Europe. Au début, avec MiCA, et en raison de la consommation énergétique des cryptomonnaies, sous la pression des Verts et des socialistes, il s'agissait d'interdire le protocole du "Proof-of-Work" (PoW) (soit le processus informatique - utilisé par notamment par le bitcoin, la doyenne des cryptomonnaies- qui vient valider les transactions et miner de nouveaux jetons dans la blockchain, de manière sécurisée et décentralisée NDLR). Cela excluait donc les blockchains Bitcoin et Ethereum.
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