La BCE sonne la fin de la "morphine monétaire"
Delphine Cuny et Gabrielle Thin

Mario Draghi BCE juin 2018
BCE
Delphine Cuny et Gabrielle Thin

Mario Draghi BCE juin 2018
BCE
C'était une réunion très attendue. La Banque centrale européenne (BCE) a comme promis fourni un calendrier relativement précis de la sortie de sa politique monétaire accommodante. Le président de la BCE, Mario Draghi, a annoncé ce jeudi 18 juin, lors d'une conférence de presse à Riga, où se tenait l'une des réunions "hors les murs" de l'institution européenne, que la BCE mettrait un terme à son programme d'achats de dettes ("quantitative easing" ou QE en anglais) à la fin de cette année. Mais il ne prévoit pas de toucher aux taux d'intérêt, à un niveau historiquement bas, "jusqu'à la fin de l'été 2019", une formulation "délibérément imprécise", a-t-il reconnu.
Le taux des dépôts à la BCE est actuellement négatif (-0,40%). Le taux de refinancement reste à 0%, le taux de prêt marginal à 0,25%.
La BCE, qui s'est fixée pour objectif une hausse des prix légèrement inférieure à 2% en rythme annuel, table désormais sur 1,7% cette année, le même niveau (inchangé) en 2019 et en 2020. Elle a revu à la baisse sa prévision de croissance du PIB dans la zone euro pour l'année 2018, de 2,4% à 2,1%.
Lancé en janvier 2015, le programme d'achats d'actifs, qui s'élevait à 60 milliards d'euros par mois jusqu'en décembre dernier, baissera de 30 milliards d'euros à 15 milliards à partir de septembre prochain avant de s'arrêter définitivement. Ou presque.
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[Luis de Guindos, le vice-président de la BCE, Zoja Razmusa, de la banque centrale de Lettonie, Mario Draghi, Christine Graeff, la directrice de la communication de la BCE, à la conférence de presse de Riga ce jeudi 18 juin. Crédits : BCE]
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L'euro a accusé le coup, les investisseurs avaient espéré un relèvement des taux plus tôt. Toutefois, ils craignaient aussi un changement de cap brutal comme celui de la Fed en 2013 (le "tapering"). Les marchés d'actions en Europe ont tous fini largement en hausse.
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Même perception positive chez l'agence de notation Fitch.
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Les investisseurs mondiaux doivent se préparer à la fin de ces interventions massives des banques centrales sur les marchés, aux effets souvent comparés à ceux de "piqûres de morphine" auxquelles il est difficile de mettre un terme brutal.
Cela ne sera pas sans conséquence sur le marché des changes, au lendemain du relèvement des prévisions de hausse des taux annoncé par la Réserve fédérale américaine.
Delphine Cuny et Gabrielle Thin