La Fintech Paytweak zappe les terminaux de paiement

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Le client approche sa carte bancaire près du smartphone équipé de l'application Paytweak. Il doit ensuite renseigner un code à usage unique, reçu au préalable par SMS, pour finaliser la transaction.
Le client approche sa carte bancaire près du smartphone équipé de l'application Paytweak. Il doit ensuite renseigner un code à usage unique, reçu au préalable par SMS, pour finaliser la transaction. (Crédits : Paytweak)
La startup, basée en Normandie et à Paris, a développé une nouvelle solution de paiement entièrement dématérialisée destinée aux commerces physiques. Les clients n'ont plus besoin d'insérer leur carte dans un terminal de paiement, mais de renseigner un code à usage unique sur l'application Paytweak du commerçant.

Le marché des terminaux de paiement n'a pas fini de se transformer. Il y a une dizaine d'années, l'américain Square et son concurrent suédois iZettle ont créé une première vague d'innovation en proposant aux vendeurs itinérants et aux petits commerçants des lecteurs de cartes compacts couplés à une application mobile leur permettant d'accepter les paiements par cartes bancaires à moindre coût. Depuis, d'autres entreprises se sont lancées sur le même terrain de jeu, comme le britannique Sumup ou le français SmileandPay.

La startup Paytweak, basée à Paris et en Normandie, propose d'aller un cran plus loin en éliminant le boîtier permettant de lire la puce électronique de la carte bancaire. Elle présente, ce mardi 18 juin, une nouvelle solution entièrement dématérialisée destinée aux commerces physiques.

« Grâce à l'application mobile Paytweak installée sur une tablette ou un smartphone, quel que soit le système d'exploitation, le commerçant peut encaisser des paiements par carte sans terminal », explique Thierry Meimoun, le fondateur et dirigeant de la jeune pousse créée en 2015.

Si l'appareil est équipé de la technologie NFC, le client n'a qu'à poser sa carte bancaire dessus (dans le cas contraire, la carte doit être scannée depuis l'appareil photo de la tablette ou du smartphone). Comme lors d'un achat sur Internet, il reçoit, dans un second temps, un code à usage unique par SMS (le fameux 3D Secure) qu'il doit renseigner sur l'application Paytweak du commerçant pour finaliser son achat.

Pas de terminal, mais un code à usage unique

Le client peut également régler en apposant directement son smartphone s'il est utilisateur des portefeuilles électroniques du marché comme Apple Pay et Google Pay. « Dans les deux cas, les montants ne sont pas plafonnés », précise Thierry Meimoun.

Ce parcours en deux temps limite évidement certains usages. Difficile d'imaginer la mise en place d'un tel dispositif aux caisses d'un supermarché ou dans un point de vente de restauration rapide par exemple, où l'affluence est très importante. En revanche, il pourrait se révéler intéressant pour le règlement d'achats dans le cadre d'un échange privilégié avec un client. L'agence de voyage Thomas Cook teste ainsi la solution depuis deux mois dans ses 350 agences parisiennes. « Cette solution peut également être utile pour un livreur UPS afin qu'il puisse réaliser des encaissements », complète Thierry Meimoun.

Paytweak, qui s'est fait connaître grâce à ses solutions de paiement sécurisées pour régler des commandes et réservations à distance, espère, dans un premier temps, séduire ses propres clients retailers, qui disposent également d'une présence physique. Parmi eux : Saint-Gobain, Le Club Med, Havas Voyages ou encore Le Lutetia, Le Meurice ou les assureurs GMF et MMA.

La rentabilité visée cette année

La startup, qui emploie aujourd'hui une vingtaine de collaborateurs, met en avant trois intérêts pour l'entreprise cliente. « Elle disposera d'une vision instantanée et consolidée de tous les flux réalisés depuis l'application Paytweak. Elle pourra avoir une information en temps réel sur le chiffre d'affaires et sur qui a réalisé la vente », explique l'entrepreneur. Ce dernier défend également l'universalité de la solution :

« Nous sommes connectés aux prestataires de services de paiements locaux. Si Le Club Med travaille avec Ingenico en France, mais avec une autre entreprise aux États-Unis, il pourra utiliser notre solution dans les deux cas et encaisser directement les paiements dans une banque locale ».

Dernier argument : le prix. L'offre est commercialisée via un abonnement de 4,90 euros, contre des premières offres débutant autour d'une dizaine d'euros pour les terminaux classiques.

La Fintech, qui se rémunère uniquement via le modèle de l'abonnement sans prélever de commissions, revendique un chiffre d'affaires proche de 2 millions d'euros en 2018, en hausse de 300% par rapport à 2017. Elle prévoit d'atteindre l'équilibre cette année. Paytweak, qui a déjà levé 1,7 million d'euros, souhaite boucler un nouveau tour de table de 5 millions d'euros dans les mois à venir pour soutenir sa croissance à l'international, notamment en Russie, au Japon et aux États-Unis.

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Commentaires
a écrit le 18/06/2019 à 16:21 :
super article
a écrit le 18/06/2019 à 14:18 :
Et bien entendu, ce n'est pas piratable. Et en cas de panne de courant comme en Argentine, comment feront-ils pour payer ? Nous, on est les plus forts, cela n'arrivera pas...

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