Le réseau interbancaire Swift s’essaie à la Blockchain face à la menace Ripple

Swift Ripple Fintech
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Créée il y a plus de 45 ans, la messagerie interbancaire Swift (acronyme signifiant « Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication »), reste peu connue du grand public. Cette coopérative basée à Bruxelles joue un rôle central dans les transferts d'argent internationaux, pour lesquels 10.000 banques dans le monde l'utilisent, selon des protocoles standardisés (les fameux codes Swift ou BIC qui apparaissent sur les RIB). Mais les délais sont parfois longs (plusieurs jours ouvrés), inadaptés à l'heure du numérique qui nous a habitués à l'instantanéité.
Un service nouvelle génération, baptisé Swift gpi, lancé progressivement depuis deux ans, a permis d'améliorer significativement la rapidité, en passant à des transferts frontaliers en quelques minutes (plus de 300 milliards de dollars de paiements chaque jour sont désormais traités via gpi). « Dans quelques années, nous serons de facto en temps réel » a assuré le directeur général de Swift, Gottfried Leibbrandt, ce mercredi 30 janvier, lors du Paris Fintech Forum, soulignant le rôle d'aiguillon de la concurrence. Face à lui, justement, le patron de la startup américaine Ripple, qui se pose en rival direct de Swift.
La startup de San Francisco affirme que plus de 100 institutions financières ont rejoint son réseau RippleNet utilisant la technologie Blockchain l'an dernier, en recourant ou non à sa crypto-monnaie XRP. En France, Crédit Agricole a testé son protocole de paiement pendant neuf mois pour réaliser les virements transfrontaliers de clients travaillant en Suisse, en temps réel (contre trois jours traditionnellement), avec une plus grande transparence du taux de change. Réussi, le test n'ira cependant peut-être pas plus loin dans un contexte de généralisation du paiement instantané en Europe, selon une source bien informée.
Swift n'a toutefois pas l'intention de passer à côté de la Blockchain et de son potentiel en matière de rapidité d'exécution et de transparence des prix. En plein débat enlevé entre les deux hommes, le patron de Swift a en effet lancé une petite bombe : le réseau lance une expérimentation avec la startup américaine R3 (dont de nombreuses banques sont actionnaires, notamment Natixis, BNP Paribas et Société Générale). Un temps associé, R3 et Ripple se sont livrés une rude bataille judiciaire avant de trouver un accord amiable en septembre dernier.
Plusieurs banques et entreprises participeront à ce « proof of concept » (PoC, démonstration de faisabilité), dont le prototype sera présenté lors de sa conférence annuelle Sibos en septembre prochain à Londres : il vise à raccorder Swift gpi à la Blockchain de R3, Corda, et permettre ainsi à toutes les nouvelles plateformes de transactions s'appuyant sur cette Blockchain de bénéficier « de règlements rapides et transparents, en monnaies fiat [fiduciaires, légales, comme l'euro, ndlr], non cryptographiques ». La Blockchain de commerce international Voltron par exemple, lancée en octobre dernier par huit banques internationales, dont HSBC, ING, BNP Paribas, utilise Corda, tout comme une autre plateforme de trade finance, Marco Polo (de la startup irlandaise TradeIX).
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Pour autant, Swift n'est pas prêt de basculer d'un coup sur la Blockchain.
Le patron de Swift a évoqué le « proof of concept » mené en 2017 pour la réconciliation en temps réel des comptes Nostro-Vostro (ces comptes détenus par des banques dans d'autres banques pour des transactions à l'international), avec 40 banques, sur la plateforme Blockchain opensource de la Fondation Linux Hyperledger.
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« Ripple recrute » lui a lancé Brad Garlinghouse, qui a déjà débauché en 2017 l'ex directrice du développement de Swift, Marjan Delatinne. Il a par ailleurs mis en avant l'intérêt d'un réseau décentralisé pour connecter non seulement les banques mais aussi d'autres acteurs pour permettre des transferts vers un porte-monnaie mobile comme Mpesa au Kenya par exemple.