Blockchain : Ledger accélère dans la « tokenisation » de la finance et de l’énergie

Eric Larchevêque Ledger Bitcoin
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Eric Larchevêque Ledger Bitcoin
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Le krach des crypto-monnaies, Bitcoin en tête, l'an dernier n'a pas épargné la prometteuse startup française Ledger. La jeune entreprise, qui a écoulé plus de 1,5 million d'exemplaires de son Nano S, un mini-coffre digital pour sécuriser les clés d'accès aux comptes de crypto-actifs, a subi un coup d'arrêt de la demande, qui s'était envolée en même temps que les cours. Un an après sa levée de fonds de 61 millions d'euros, un record dans le jeune secteur de la Fintech, l'équipe dirigeante de Ledger a dressé un bilan de cette année un peu compliquée, après avoir connu une croissance exponentielle les deux années précédentes.
En 2017, Ledger avait engrangé des revenus de 46 millions d'euros, à 98% à l'export, grâce aux ventes de son produit, qui ressemble à une clé USB à écran, fabriqué à Vierzon dans le Cher. Des ventes « dépendantes à 90% du marché des "crypto" pour l'activité grand public » a souligné Eric Larchevêque, le président et cofondateur, également à l'origine de la Maison du Bitcoin, devenue Coinhouse (qui vient de lever 2,4 millions d'euros).
La nouvelle version du produit, le Nano X, un peu plus cher (119 euros contre 95 euros pour le précédent désormais soldé à 59 euros), a reçu le prix de l'innovation au salon CES de Las Vegas et une couverture médiatique élogieuse dans la presse tech américaine.
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[Le nouveau Nano X et sa sauvegarde papier : une liste de 24 mots à garder dans un vrai coffre-fort. Crédits : Ledger]
L'entreprise, qui a investi 8 millions d'euros dans la construction à Vierzon d'une usine qui sera opérationnelle en septembre, a créé deux autres activités à destination des entreprises, dont les revenus seront moins corrélés aux soubresauts des bitcoins et autres "alt coins". Elle compte une vingtaine de clients et a signé avec une quarantaine pour son Ledger Vault, une sorte de coffre-fort numérique destiné aux institutions financières, banques, hedge funds, family offices, y compris des « agences gouvernementales de lutte contre le blanchiment qui se retrouvent avec des bitcoins sans savoir quoi en faire. » Cette activité n'a pas encore généré de revenus significatifs en 2018.
De grands acteurs de la place commencent à se positionner sur ce créneau de la conservation des crypto-actifs, à l'image de Fidelity et de l'opérateur boursier ICE (New York Stock Exchange) avec sa plateforme Bakkt, qui vient de lever quelque 182,5 millions de dollars. Presque toutes les banques s'intéressent à la « tokenisation » de la finance, c'est-à-dire la transformation d'actifs financiers en jetons numériques (tokens) pour les rendre plus liquides et traçables.
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L'autre business unit concerne l'Internet des objets et le machine-à-machine. Ledger a signé un contrat avec le géant Engie, dévoilé en octobre dernier, sur la « tokenisation » de l'énergie verte, afin d'équiper de boîtiers les compteurs d'éoliennes ou de barrages pour qu'ils produisent un token certifiant l'origine de cette énergie renouvelable, token pouvant ensuite être vendu sur les marchés.
Ledger discute même avec Tesla au sujet de la sécurisation de ses voitures électriques.
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Pascal Gauthier a relevé que « le Bitcoin et les hacks de plateformes ont montré l'importance de sécuriser les actifs numériques critiques, de les protéger d'un piratage : cela peut-être l'Internet des objets, une voiture autonome ou bien un pace-maker », autant d'objets que Ledger pourrait sécuriser en embarquant une carte à puce couplée à son système d'exploitation propriétaire.
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