HSBC déploie la Blockchain pour les opérations de change

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La banque britannique HSBC a réalisé en interne plus de trois millions d'opérations en devises en utilisant la technologie de registre distribué.
La banque britannique HSBC a réalisé en interne plus de trois millions d'opérations en devises en utilisant la technologie de registre distribué. (Crédits : HSBC)
La banque britannique a effectué le règlement de 250 milliards de dollars de transactions en devises l'an dernier en utilisant la technologie de registre distribué, source d'importants gains d'efficacité. Après cette mise en place réussie en interne, elle réfléchit désormais à étendre sa solution à ses clientes multinationales pour optimiser leur trésorerie.

Après avoir été un des pionniers dans le financement du commerce international, HSBC déploie la Blockchain dans ses activités de change. La technologie dite de chaîne de blocs, née avec le Bitcoin il y a dix ans, recèle des qualités d'immuabilité, de transparence et d'automaticité pouvant améliorer radicalement certains processus financiers encore longs et coûteux. Le géant bancaire britannique, très présent en Asie, explique dans un communiqué avoir utilisé un registre partagé "permissionné" (une blockchain privée, fermée et accessible sur autorisation, sans préciser le sous-jacent technologique), en interne, pour régler des transactions de change entre les bilans de plusieurs de ses entités.

« HSBC a réglé plus de trois millions d'opérations de change et effectué plus de 150.000 paiements d'une valeur de 250 milliards de dollars à l'aide de la technologie DLT (de registre distribué). Cette solution, appelée HSBC FX Everywhere, a été utilisée au cours de l'année écoulée pour orchestrer les paiements dans les bilans internes de HSBC, créant ainsi des gains d'efficacité et des opportunités considérables » détaille la banque dans un communiqué publié lundi.

L'utilisation d'un registre partagé a permis de « transformer le processus liés aux activité de change intra-groupes, en automatisant plusieurs procédures manuelles et en réduisant la dépendance vis-à-vis de réseaux de règlement externes » observe la banque.

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Optimisation du bilan, moins d'erreurs et de retard

Autre avantage : elle a réduit les risques d'erreurs et de retards et aidé à optimiser le bilan, grâce à « une vision globale consolidée des flux de trésorerie futurs et la certitude de recevoir les fonds tout au long du cycle de financement ». De quoi inciter HSBC, qui dit réaliser « des milliers d'opérations de change au sein de la banque, sur plusieurs bilans, dans des dizaines de des pays », à aller plus loin.

« Après une mise en œuvre réussie au sein de la banque, nous étudions maintenant comment la technologie pourrait aider les clients multinationaux - qui ont également plusieurs centres de trésorerie et des chaînes d'approvisionnement transfrontalières - à mieux gérer les flux de devises au sein de leurs organisations » a commenté Richard Bibbey, le responsable monde par intérim des activités de change et matières premières chez HSBC.

Le groupe britannique n'est pas le seul à percevoir le potentiel de la Blockchain sur le marché des changes. Depuis 2015, IBM travaille avec le système CLS (créé en 2002 pour réduire le risque de règlement des opérations de change et détenu par une soixantaine de banques du monde entier parmi les plus actives sur ce marché, dont BNP Paribas, Crédit Agricole, Natixis et Société Générale, mais aussi HSBC) sur la mise en place d'une infrastructure blockchain. CLS a annoncé fin novembre 2018 l'ouverture d'un service de compensation bilatérale automatisé en 120 devises, en conditions opérationnelles avec deux banques, Goldman Sachs et Morgan Stanley pour commencer, six autres banques devant les rejoindre par la suite. La plateforme baptisée CLSNet a été développée avec IBM et s'appuie sur la technologie blockchain opensource de la Fondation Linux, Hyperledger Fabric. Elle n'a pas vocation à se substituer à l'actuel système CLS mais à traiter des opérations ou des devises (comme le yuan) qui ne passent pas par ce dernier.

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a écrit le 17/01/2019 à 8:08 :
le RSSI va suer et le PDG aussi, la blockchain, c'est du flan : cherchez vol de cryptomonnaie 51% : il suffit d'avoir un poids suffisant pour pouvoir manipuler les transactions... et la puissance de calcul, ce n'est clairement pas les banques qui l'ont. Du marketing....
Réponse de le 19/01/2019 à 10:32 :
L'attaque des 51% n'est possible que sur des blockchain public, dans ce cas HSBC utilise un protocole privée comme citer dans l'article:

"Le géant bancaire britannique, très présent en Asie, explique dans un communiqué avoir utilisé un registre partagé "permissionné" (une blockchain privée, fermée et accessible sur autorisation, sans préciser le sous-jacent technologique), en interne, pour régler des transactions de change entre les bilans de plusieurs de ses entités."

Concernant les blockchain public tel que Bitcoin ou Ethereum par exemple, l'attaque des 51% nécessiterait une puissant de calcul tel qu'il serait économiquement insoutenable de maintenir ce type d'attaque plus de quelques heures, mème pour un ou un agglomérat d’états.

L'attaque des 51% n'est applicable que sur des blockchain ou le nombre de mineurs est minime voir quasiment insignifiant, le dernier exemple connu étant Ethereum Classic (Sous produit du hard fork datant de 2016).
a écrit le 16/01/2019 à 22:33 :
Le RSSI va suer, le PDG aussi : cherchez vol de crypto 51% et vous trouverez la raison. Ce n'est pas tant les sommes en jeu qui importe, c'est bien le principe même de la blockchain. SI un acteur a suffisamment de puissance de calcul, toutes les transactions peuvent être faussées. Il n'est pas question ici de faire des maths mais les spécialistes en la matière en ont fait la démonstration publique (travaux accessibles). La blockchain, c'est du flanc... ça fait chouette, hype, etc. mais méfiance, tout ce qui brille n'est pas diamant...

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