Paiement : Libeo veut créer le "Lydia" des TPE et PME

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Les trois cofondateurs de Libeo, de gauche à droite : Jeremy Attuil, Pierre Dutaret et Pierre-Antoine Glandier.
Les trois cofondateurs de Libeo, de gauche à droite : Jeremy Attuil, Pierre Dutaret et Pierre-Antoine Glandier. (Crédits : Libeo)
La jeune fintech parisienne vient de finaliser un premier tour de table de deux millions d'euros mené par le fonds français Breega. Elle propose une solution qui permet aux petites structures de dématérialiser la gestion de leurs factures fournisseurs et de les régler depuis la même interface via l'envoi d'un simple email.

Permettre aux PME et TPE de régler les factures à leurs fournisseurs aussi simplement qu'un particulier pourrait rembourser un ami avec son téléphone. Voici l'ambition de la fintech Libeo spécialisée dans les paiements entre entreprises et qui officialise, ce jeudi 7 novembre, une première levée de fonds de deux millions d'euros. Le tour de table a été mené par le fonds Breega, particulièrement actif dans les startups de la finance avec notamment des participations dans iBanfirst, Lemon Way, ou encore la startup britannique Curve et l'américain Mpower. Plusieurs business angels et Bpifrance participent également à cette première augmentation de capital.

"La gestion financière est très chronophage et manuelle au sein des PME. Cela représente une énorme perte de temps. Elles ont par ailleurs une mauvaise visibilité sur leurs finances car les chiffres qu'elles obtiennent de manière tardive sont parfois peu précis", expose Pierre Dutaret, cofondateur et directeur général de Libeo, passé par Merrill Lynch puis BNP Paribas en banque d'affaires avant de créer une entreprise spécialisée dans la restauration collective.

Un simple email pour régler les fournisseurs

L'idée de Libeo est née de cette première expérience entrepreneuriale, au cours de laquelle Pierre Dutaret a été confronté à ces tâches répétitives. Fondée en janvier 2019, la fintech s'est spécialisée dans la gestion des factures fournisseurs que l'on appelle la gestion du cycle d'achat, contrairement à d'autres entreprises comme Sellsy, spécialisée dans la gestion des factures clients.

Disponible en ligne, l'offre de Libeo s'articule autour de deux briques : elle permet dans un premier temps de dématérialiser et centraliser dans une seule et même interface les factures fournisseurs (comme une facture d'électricité ou d'un prestataire) puis de les régler directement en initiant les paiements depuis la même interface, sans avoir à saisir d'IBAN mais en envoyant un simple email aux fournisseurs concernés. Libeo ne cache pas ses ambitions. La fintech espère reproduire pour les TPE et PME une expérience aussi simple que celle proposée par l'application de paiement entre particuliers Lydia, qui a séduit 2,5 millions d'utilisateurs.

"Il existe aujourd'hui beaucoup de solutions de comptabilité sur le marché, comme Quickbooks et Xero, mais elles nécessitent de véritables expertises comptables que n'ont pas forcément les plus petites structures. Libeo, elle, a une approche de pré-comptabilité qui permet de faire de la réconciliation automatique et de payer en un clic grâce à une intégration bancaire. Une solution comme celle de Libeo permet par ailleurs d'avoir une visibilité plus granulaire et plus fine sur les dépenses d'une société et de développer par la suite des solutions de financement et d'achat pour améliorer leur rentabilité financière", commente Ben Marrel, un des associés fondateurs du fonds Breega.

Les TPE et PME sous équipées

Disponible en version beta depuis deux mois, Libeo revendique aujourd'hui une cinquantaine d'entreprises clientes dont le spécialiste du crowdfunding KissKissBankBank (groupe La Banque Postale) et la chaîne de restauration Côté Sushi. Grâce aux fonds levés, la fintech, qui emploie 15 salariés, entend au moins doubler ses effectifs d'ici à la fin 2020 et développer de nouvelles fonctionnalités. Libeo affirme avoir déjà traité quelque 12.000 factures représentant un total de près d'un million d'euros, mais ne communique pas sur ses prévisions.

La jeune pousse espère décrocher un agrément d'agent de paiement auprès de l'ACPR, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, adossée à la Banque de France. Elle vise toutes les TPE et PME, et plus particulièrement celles qui exercent dans des secteurs où les volumes de factures sont importants comme la grande distribution, l'hôtellerie, la restauration et le commerce.

"Le marché que nous visons est estimé à 80 milliards d'euros. Et selon les données de McKinsey, sur 1,9 milliard de factures émises en 2018 en France, seulement 4,2% étaient dématérialisées", indique Pierre Dutaret, soulignant les opportunités significatives à saisir.

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