Paiement mobile : la startup Lydia lève 13 millions d'euros pour conquérir l'Europe

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L'appli de paiement est notamment acceptée dans les magasins Franprix.
L'appli de paiement est notamment acceptée dans les magasins Franprix. (Crédits : DR)
La startup parisienne de la Fintech, qui revendique un million d'utilisateurs, notamment chez les jeunes, veut accélérer en Europe face à des mastodontes comme PayPal. CNP Assurances, qui a prévu d'investir 100 millions dans des startups, mène ce tour de table.

« Fini les retraits au distributeur, la petite monnaie et les gros chéquiers », promet Lydia sur son site. Cyril Chiche, le cofondateur de cette startup parisienne de la Fintech, est l'un des chantres de la fin de l'argent liquide, de la « révolution cashless » : il rêve de convertir l'Europe au paiement mobile. La jeune pousse, qui emploie une quarantaine de personnes, vient de se donner de nouveaux moyens pour y parvenir : elle annonce ce jeudi une levée de fonds de 13 millions d'euros. Ce troisième tour de table, après celui de 7 millions en septembre 2016 et celui de 3,6 millions fin 2014, est mené par CNP Assurances, qui entre au capital et rejoint les fonds Xange (Siparex) et New Alpha AM, la banque Oddo BHF et le promoteur Groupe Duval.

C'est le sixième investissement de la CNP dans une startup dans le cadre de son programme Open CNP de corporate venture doté d'une enveloppe de 100 millions d'euros sur cinq ans : l'assureur est notamment au capital de Lendix (prêts aux PME en ligne), d'Alan (complémentaire santé digitale) et de Stratumn (Blockchain pour entreprises).

Lire aussi : La fin du cash, utopie ou futur proche ?

À l'assaut de l'Europe des paiements

Lancée en 2013, Lydia, qui fonctionne sur iPhone et Android, revendique plus d'un million d'utilisateurs, le double d'il y a dix-huit mois, à raison de 2.000 nouveaux comptes par jour. L'appli se présente comme « incontournable chez les 18-35 ans », séduits par ses fonctionnalités pour l'essentiel gratuites comme le remboursement entre amis en payant par SMS. L'entreprise ne communique pas la part des utilisateurs équipés d'une carte MasterCard Lydia (facturée 10 euros pour la fabrication et l'envoi) ni son chiffre d'affaires (frais de virement des cagnottes, frais d'impayés, etc). Lydia propose aussi une carte virtuelle, qui est compatible avec Apple Pay.

« Ces nouveaux moyens vont nous permettre d'aller encore plus vite et plus loin pour offrir aux 500 millions d'Européens l'interface la plus pertinente pour leur argent », explique Cyril Chiche, le président de Lydia.

Lydia s'est déjà lancée au Royaume-Uni, en Irlande, au Portugal et en Espagne. En France, elle est acceptée dans les magasins Franprix et sur le site CDiscount. Lydia se rémunère auprès des commerçants acceptant sa solution (commission de 0,7% pour les paiements par QR code).

Concurrence de PayPal et du paiement instantané

La jeune pousse française a connu une belle percée, « une croissance exponentielle en France » assure-t-elle, mais elle est loin d'être seule sur ce marché. Une autre startup, lilloise, Pumpkin, a choisi ce créneau du « paiement entre potes, le remboursement simple et instantané », et gratuit : Crédit Mutuel Arkéa en a acquis 80% du capital et a prévu d'y injecter 15 millions d'euros pour en faire une néobanque. Lydia aussi a l'ambition de « devenir le leader européen des comptes de paiement nouvelle génération. » Au printemps dernier, elle avait lancé une grande campagne de communication dans le métro parisien au ton décalé, jouant sur la simplicité de sa solution.

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[Campagne d'affichage de Lydia dans les métros et RER parisiens]

Un géant du paiement aux poches profondes a répliqué il y a quelques semaines, le pionnier américain PayPal, avec une campagne dans le métro, déclinée depuis janvier à la télévision, axée sur le remboursement entre amis, gratuit aussi. Chez Lydia comme chez Pumpkin, on balaie ce concurrent puissant au motif que la marque serait complètement ringarde chez les Millennials.

Lire aussi : PayPal vise les jeunes avec le transfert d'argent gratuit depuis son appli

L'autre concurrence pourrait bien venir des banques elles-mêmes. BNP Paribas va proposer le paiement entre amis par SMS dans son appli « avant l'été » alors qu'il existait dans une application à part, peu utilisée, Mes Transferts. Surtout, le paiement instantané sera proposé dans toute l'Europe à partir de novembre prochain, à l'initiative de la Banque centrale européenne (BCE). Certaines banques traînent un peu les pieds, s'interrogeant sur les cas d'usage, au-delà du paiement entre particuliers, et sur la difficulté à monétiser ce service dans un univers du paiement où le gratuit devient le standard.

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Commentaires
a écrit le 15/02/2018 à 20:23 :
Bonjour

Je n'ai pas de smartphone, est-ce possible de me tatouer le code barre sur le front, que je puisse faire transaction en toute conformité avec le règlement ?

Cordialement.

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