La fintech Mansa veut mettre fin au casse-tête du crédit pour les freelances
Juliette Raynal

Photo d'illustration
Mansa
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Dans l'univers des startups de la finance, que l'on appelle les Fintech, les entrepreneur(e)s comptent souvent plusieurs années d'expérience en banque, assurance ou autre société financière. Une étape précieuse, voire indispensable, pour se familiariser avec les codes du secteur et ingurgiter la quantité faramineuse d'informations réglementaires qui l'encadrent. Ce n'est pas le cas d'Ali Rami. A tout juste 19 ans, et après un passage éclair à Sciences Po (où il n'est resté qu'une année), Ali Rami a créé Mansa, une jeune pousse qui entend simplifier l'accès aux crédits pour les travailleurs indépendants et les professions libérales et dont le lancement est prévu d'ici à la fin de cette année.
Nextedia, Mensquare,
Meninvest), et de plusieurs business angels dont le PDG d'Havas Yannick Bolloré, Mathieu Laine (entrepreneur et professeur à Sciences Po), Guillaume Lestrade (cofondateur de Meero, pépite technologique française spécialisée dans la retouche photo, et de la startup Leeto spécialisée dans les avantages pour les salariés), ou encore Joan Burkovic (fondateur de la Fintech Bankin).--

@Ulysse Guttmann Faure
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Comment un jeune étudiant peut-il se prendre de passion pour un projet bancaire ?
Or, de plus en plus de jeunes diplômés aspirent à des carrières plus flexibles, assure l'entrepreneur appartenant à cette même génération. En France, on dénombre aujourd'hui quelque 930.000 freelances, contre 700.000 il y a cinq ans, selon les derniers chiffres publiés par Eurostat. C'est plus de 9 millions de personnes à l'échelle de l'Union européenne.
Pour répondre aux besoins de ces travailleurs indépendants de plus en plus nombreux, la Fintech a développé un nouveau modèle de scoring capable, selon les affirmations de Mansa, d'anticiper le montant et la régularité de leurs revenus grâce à l'analyse de leur historique bancaire. L'ensemble du parcours s'effectue en ligne. Mansa utilise ainsi une technologie (API Bridge) de la Fintech Bankin pour se connecter aux différents comptes bancaires de l'emprunteur. L'étape du KYC (qui consiste à vérifier l'identité de l'emprunteur) est réalisée à distance grâce à la technologie de la startup britannique Onfido et la signature du contrat est réalisée grâce à la startup spécialisée Yousign. Mansa promet ainsi une réponse en 10 minutes et un déblocage des fonds en l'espace de 48 heures.
La jeune Fintech entend proposer des prêts allant de 500 à 10.000 euros sur des périodes de 3 à 18 mois avec un taux d'intérêt oscillant entre 2 et 6%. "L'objectif est de permettre aux travailleurs indépendants de financer des projets personnels, comme des travaux, l'achat d'une voiture, mais aussi liés à leur activité comme l'achat d'une nouvelle licence ou d'un nouvel ordinateur pour un designer", indique l'entrepreneur.
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Pour lancer son produit le plus rapidement possible sur le marché, Mansa, qui emploie une dizaine de salariés, s'est associée à Ditto Bank, une autre Fintech née au sein du britannique Travelex, qui détient un agrément d'établissement de crédit. Mansa opère ainsi seulement en tant que courtier et a déposé son dossier auprès de l'Orias, l'organisation qui répertorie les intermédiaires en banque, assurance et finance.
Pour se faire connaître auprès de freelances, Mansa a noué des partenariats avec des plateformes rassemblant de larges communautés de travailleurs indépendants comme l'application de VTC Kapten, qui compte entre 20 et 30.000 chauffeurs partenaires. Des discussions sont également en cours avec Meero qui met en relation entreprises et photographes indépendants, avec Comet, une plateforme pour les freelances IT, ou encore avec la Sacem qui reverse des droits à près de 150.000 auteurs.
A quelques semaines de son lancement, Mansa assure avoir déjà enregistré 3.000 pré-demandes de crédit. Lors de sa première année d'activité, elle espère en octroyer environ 20.000.
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La Fintech entend se lancer dans un autre pays européen à court terme et prévoit de relever des fonds courant 2020. Comme toutes les jeunes startups du monde de la finance, Mansa devra gagner en notoriété et instaurer une relation de confiance auprès des utilisateurs pour atteindre une masse critique, tout en maîtrisant ses coûts d'acquisition. Un véritable challenge.
Juliette Raynal