Comment les nouveaux cadres dirigeants veulent révolutionner l’entreprise

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La plupart des jeunes cadres dirigeants a un avis positif, à 97% de l'innovation, du collaboratif et du digital.
La plupart des jeunes cadres dirigeants a un avis positif, à 97% de l'innovation, du collaboratif et du digital. (Crédits : Headway / Unsplash)
Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron les a dragués ouvertement. Ces jeunes cadres dirigeants, “génération moins de 45 ans”, ont l’ambition de participer à la transformation du monde du travail. Ils parlent “digital”, misent sur les innovations RH, veulent trouver du sens au quotidien et, “en même temps”, jouent les équilibristes entre vie pro et vie perso. Le cabinet Boyden et l’Ifop ont dressé le premier baromètre de la transformation des entreprises via le prisme des jeunes cadres dirigeants.

Mais que veulent les jeunes cadres dirigeants ? C'est, grossièrement, à cette question que le cabinet Boyden et l'Ifop ont cherché à répondre, à travers une enquête recensant les aspirations et visions des leaders âgés de 35 et 45 ans, ceux que certains nomment "la génération Macron".

"Nous sommes partis du postulat que, ces jeunes dirigeants n'avaient pas la même vision de l'entreprise que leurs aînés", explique Caroline Golenko, associée chez Boyden.

Globalement, d'après ce baromètre, il faut rappeler que 82% des interrogés se disent satisfaits de leur situation professionnelle actuelle et plus de 70% d'entre eux se montrent optimistes pour l'avenir, qu'il s'agisse de leur secteur d'activité, de leur entreprise ou de leur situation professionnelle. On peut donc dire que ces jeunes managers ont le moral au beau fixe.

L'une des raisons de leur positivisme vient de la politique, semble-t-il, car, comme le rappelle Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop, "la population étudiée a largement voté en faveur d'Emmanuel Macron lors de la présidentielle". De fait, 68% des jeunes cadres dirigeants interrogés pensent que les changements survenus à la tête du pays auront un impact pour favoriser la transformation des entreprises françaises. "C'est plus que l'ensemble des cadres", précise Frédéric Dabi.

Le digital et l'humain

Et si le sourire s'étend sur les lèvres de ces managers, c'est aussi parce qu'ils associent à l'idée de transformation des entreprises des concepts plutôt positifs. La plupart des interrogés a un avis positif de l'innovation, du collaboratif et du digital (à 97%). La transformation est associée, pour près d'un jeune cadre dirigeant sur deux, à une opportunité et à une nécessité, tandis que 70% des interrogés anticipent un bénéfice personnel via la transformation de leur entreprise.

Ayant grandi avec les nouveaux outils technologiques, les mots "digital", "numérique" ou encore "évolution stratégique", leur viennent tout naturellement à l'esprit.

"Cela montre que les espérances des jeunes managers dépassent la dimension technique : ils prévoient une évolution stratégique avec des 'enjeux qui concernent l'organisation interne et externe', complète Frédéric Dabi de l'ifop.

Car pour cette génération, au-delà de l'évolution technique, les ressources humaines doivent connaître une transformation. Le "management" et "l'organisation" sont des concepts auxquels pensent fortement les jeunes cadres dirigeants lorsque l'on évoque la disruption de l'entreprise.

| Lire aussi : Entreprise : "2018 sera l'année du passage à l'échelle industrielle de l'intelligence artificielle"

La réalité et les attentes diffèrent largement

Du côté des constats, les cadres interrogés sont conscients qu'aujourd'hui, l'entreprise se transforme (pour 82% des interrogés) et ce, sur des aspects majoritairement liés à la digitalisation, à la transformation numérique, pour 47% des répondants (Big Data, intelligence artificielle). Pour autant, leurs attentes sont larges quant à cette disruption de l'entreprise. Ils sont majoritaires à souhaiter que leur entreprise se transforme en priorité sur les modes de rémunération des salariés, sur l'évolution des types de management, sur la formation, le développement des compétences, sur le rythme auquel sont prises les validations des décisions et l'organisation du temps de travail.

"Et pourtant, lorsque l'on compare ces attentes avec la réalité des transformations, on y remarque un fossé", explique Frédéric Dabi.

La digitalisation et la transformation numérique arrivent en tête des transformations que citent les cadres dirigeants en dressant les constats actuels. Arrivent ensuite l'évolution des styles de management et la relation client.

Management libéré

Cette jeune génération de cadres ne manque pas d'ambition puisqu'ils sont 53% à se projeter dans des fonctions de direction (au sein de leur entreprise ou en fondant leur propre structure) dans les cinq prochaines années. Mais, dès lors qu'il s'agit de prendre du galon, cette génération cite comme piliers prioritaires à changer s'il devenait dirigeant de leur entreprise : l'évolution des styles de management, le dialogue, le développement du collaboratif et la responsabilité, la formation et le développement des compétences. Soit, là encore, un hiatus entre leurs attentes pour eux-mêmes et les projections s'ils augmentaient dans la hiérarchie.

Ils miseraient sur la responsabilité juste avant la performance et le respect. "L'humain reste au centre de leur priorité", note Anita Pouplard, associée chez Boyden. Un paradoxe pour ces jeunes avides de nouvelles technologies et évoluant à côté d'un boom de la digitalisation, de l'IA et autres innovations numériques.

Car de fait, cette génération encourage les innovations RH et une meilleure organisation du temps de travail (avec le télétravail par exemple) ; encourage un management plus libéré dans lequel le collaboratif est très apprécié ; ou encore, aime courir après de nouveaux challenges en encourageant ses équipes...quitte à se planter. "Le droit a l'erreur est plus toléré. Pour eux-mêmes comme pour les autres", rapporte Caroline Golenko. Ce sont finalement davantage les "soft skills" qui sont mis en avant et, pour l'associée de Boyden, cela arrive tout doucement à se glisser dans la tête des entreprises.

"Elles évoluent pour ne plus forcément s'appuyer sur des compétences académiques et le 'pedigree'. Aujourd'hui, dans le monde de l'entreprise, on change aussi de mode de référence."

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Commentaires
a écrit le 04/04/2018 à 16:57 :
Le terme génération Macron n'est pas approprié. Le style de management décrit ne correspond pas à celui de M. Macron, qui est absolu, centralisé, autoritaire, directif, top down, et absolument pas collaboratif (même s'il en donne parfois l'impression grâce à la communication). Dans ce mode de management, on peut avoir les opinions que l'on veut tant que l'on fait ce que le chef exige et qu'on ne les défend pas. C'est un management du XIXe siècle, pas du XXIe. Heureusement, tous les managers de 35-45 ans ne sont pas ainsi (idem pour les autres générations).
a écrit le 30/03/2018 à 12:33 :
Ces cadres là ils ne sont pas arrivés chez orange ils se sont fait découragés et cassés par les cheveux blancs et les polytechniciens bien décidés à se gaver jusqu’à la dernière goutte
a écrit le 29/03/2018 à 10:22 :
"la population étudiée a largement voté en faveur d'Emmanuel Macron lors de la présidentielle".

Je comprends mieux les 82% satisfaits de leur situation professionnelle actuelle.La fracture va être totale entre ces CSP+ et les salariés qui eux vont se taper la loi travail.
a écrit le 28/03/2018 à 22:25 :
Cet «  article » c’est «  un coup de pub »
M Macron a été élu avec 36% des voix et un record d’abstention ( juste pour poser le cadre juste )
Ensuite il est trop tôt pour utiliser le «  terme «  génération Macron car pour la génération Mitterand c’est 14 ans...
Ensuite j’espère bien «  que les mentalités «  des jeunes dirigeants évoluent sinon il y aurait un gros problème non ?
En France il y a eu toujours des politiques qui favorisent d’autres par rapport à d’autres c’est «  comme ça » il faut accepter ce concept c’est courant.
Ce concept c’est a la fois un point fort comme un point faible pour les jeunes dirigeants.
C’est article reflète juste une facette de la situation, c’est juste de la publicité gratuite.
a écrit le 28/03/2018 à 17:56 :
"Citation
ces jeunes dirigeants n'avaient pas la même vision de l'entreprise que leurs aînés"
et
"il faut rappeler que 82% des interrogés se disent satisfaits de leur situation professionnelle actuelle"
N'est-ce pas contradictoire ?
Si ces jeunes dirigeants n'ont pas la même vision de l'entreprise que leurs aînés (qui sont leurs chefs) on peut se demander pourquoi ils sont satisfaits, en très grande majorité, de leur situation.
Cordialement
a écrit le 28/03/2018 à 11:43 :
Dans le monde de l’entreprise, rare sont ceux qui mises sur «  l’humain «  et la «  cohérence « 

C’est pourquoi il faut mettre en place en France et à l’international des «  process » de recrutement basé sur l’humain et la cohérence ( quitte à recruter par un outil numérique)

Comment faire pour protéger les jeunes ?
1) cadre juridique de recrutement obligatoire à toutes les entreprises

Annonce d’emploi et statut validée par une plateforme officielle ( rectification des erreurs sur 15 jours)

Pas plus de 3 étapes
Un téléphone
Deuxième vidéo
Troisième entretien finale

Deuxième cadre juridique : obligation de donner une réponse écrite claire ( oui ou non, pas de réponse ambiguë)et un conseil au candidat pour pas le casser dans ses recherches d’emplois.

L’état a le devoir de protéger les jeunes qui cherchent de l’emploi en France ou ailleurs.
a écrit le 28/03/2018 à 11:26 :
A quoi bon la formation des salariés si leurs compétences actuelles ne sont déjà pas reconnus ? Beaucoup de Français sont sur-qualifiés pour le poste qu'ils occupent. De plus, a quoi bon avoir un haut niveau de qualification quand la majorité des postes demandent une exécution à la lettre des procédures ISO. Il suffit en fait de savoir lire et comprendre les instructions. Les salariés sont loin d'être traités comme des êtres intelligents.

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