Comment les nouveaux cadres dirigeants veulent révolutionner l’entreprise

Management bureau jeunes cadres dirigeants digitalisation entreprise travail
Headway / Unsplash

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Mais que veulent les jeunes cadres dirigeants ? C'est, grossièrement, à cette question que le cabinet Boyden et l'Ifop ont cherché à répondre, à travers une enquête recensant les aspirations et visions des leaders âgés de 35 et 45 ans, ceux que certains nomment "la génération Macron".
Globalement, d'après ce baromètre, il faut rappeler que 82% des interrogés se disent satisfaits de leur situation professionnelle actuelle et plus de 70% d'entre eux se montrent optimistes pour l'avenir, qu'il s'agisse de leur secteur d'activité, de leur entreprise ou de leur situation professionnelle. On peut donc dire que ces jeunes managers ont le moral au beau fixe.
L'une des raisons de leur positivisme vient de la politique, semble-t-il, car, comme le rappelle Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop, "la population étudiée a largement voté en faveur d'Emmanuel Macron lors de la présidentielle". De fait, 68% des jeunes cadres dirigeants interrogés pensent que les changements survenus à la tête du pays auront un impact pour favoriser la transformation des entreprises françaises. "C'est plus que l'ensemble des cadres", précise Frédéric Dabi.
Et si le sourire s'étend sur les lèvres de ces managers, c'est aussi parce qu'ils associent à l'idée de transformation des entreprises des concepts plutôt positifs. La plupart des interrogés a un avis positif de l'innovation, du collaboratif et du digital (à 97%). La transformation est associée, pour près d'un jeune cadre dirigeant sur deux, à une opportunité et à une nécessité, tandis que 70% des interrogés anticipent un bénéfice personnel via la transformation de leur entreprise.
Ayant grandi avec les nouveaux outils technologiques, les mots "digital", "numérique" ou encore "évolution stratégique", leur viennent tout naturellement à l'esprit.
Car pour cette génération, au-delà de l'évolution technique, les ressources humaines doivent connaître une transformation. Le "management" et "l'organisation" sont des concepts auxquels pensent fortement les jeunes cadres dirigeants lorsque l'on évoque la disruption de l'entreprise.
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Du côté des constats, les cadres interrogés sont conscients qu'aujourd'hui, l'entreprise se transforme (pour 82% des interrogés) et ce, sur des aspects majoritairement liés à la digitalisation, à la transformation numérique, pour 47% des répondants (Big Data, intelligence artificielle). Pour autant, leurs attentes sont larges quant à cette disruption de l'entreprise. Ils sont majoritaires à souhaiter que leur entreprise se transforme en priorité sur les modes de rémunération des salariés, sur l'évolution des types de management, sur la formation, le développement des compétences, sur le rythme auquel sont prises les validations des décisions et l'organisation du temps de travail.
La digitalisation et la transformation numérique arrivent en tête des transformations que citent les cadres dirigeants en dressant les constats actuels. Arrivent ensuite l'évolution des styles de management et la relation client.
Cette jeune génération de cadres ne manque pas d'ambition puisqu'ils sont 53% à se projeter dans des fonctions de direction (au sein de leur entreprise ou en fondant leur propre structure) dans les cinq prochaines années. Mais, dès lors qu'il s'agit de prendre du galon, cette génération cite comme piliers prioritaires à changer s'il devenait dirigeant de leur entreprise : l'évolution des styles de management, le dialogue, le développement du collaboratif et la responsabilité, la formation et le développement des compétences. Soit, là encore, un hiatus entre leurs attentes pour eux-mêmes et les projections s'ils augmentaient dans la hiérarchie.
Ils miseraient sur la responsabilité juste avant la performance et le respect. "L'humain reste au centre de leur priorité", note Anita Pouplard, associée chez Boyden. Un paradoxe pour ces jeunes avides de nouvelles technologies et évoluant à côté d'un boom de la digitalisation, de l'IA et autres innovations numériques.
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Car de fait, cette génération encourage les innovations RH et une meilleure organisation du temps de travail (avec le télétravail par exemple) ; encourage un management plus libéré dans lequel le collaboratif est très apprécié ; ou encore, aime courir après de nouveaux challenges en encourageant ses équipes...quitte à se planter. "Le droit a l'erreur est plus toléré. Pour eux-mêmes comme pour les autres", rapporte Caroline Golenko. Ce sont finalement davantage les "soft skills" qui sont mis en avant et, pour l'associée de Boyden, cela arrive tout doucement à se glisser dans la tête des entreprises.