Les rebondissements ont été nombreux pour les entreprises, qu'elles soient françaises ou étrangères, en 2022. Des révélations sur les conditions de traitement des personnes âgées au sein des maisons de retraite Orpéa, du rachat retentissant de Twitter par le milliardaire Elon Musk marqué par des licenciements massifs et une liberté d'expression en question, en passant par le mariage raté de TF1 et M6, sans oublier la découverte de problèmes de corrosion dans les centrales nucléaires d'EDF mettant à mal la production d'énergie..., les difficultés ont été nombreuses ces douze derniers mois et devraient se poursuivre durant ceux à venir. Pour d'autres entreprises, 2022 fut placée sous le signe du succès, à commencer par CMA CGM qui, parmi toutes les emplettes réalisées, a fait son entrée au capital d'Air France ou encore Porsche qui a, elle, fait son entrée en Bourse. Retour sur ces dix entreprises qui ont marqué 2022.
[Entre janvier et mai, Orpea a perdu plus de 60% de sa valeur en Bourse. Crédit : REUTERS/Stephane Mahe]
Tout est parti d'un livre : Les Fossoyeurs du journaliste indépendant, Victor Castanet. Dès la parution dans Le Monde des bonnes feuilles, les conséquences pour Orpea sont lourdes. Le groupe de maisons de retraite, dont les établissements sont accusés de connaître de graves défaillances au profit de la rentabilité de l'entreprise, chute, le 25 janvier, de 18,74% à la Bourse de Paris, soit plus de 30% en deux jours. Dans son livre, Victor Castanet dépeint un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont « rationnés ». Et ce alors que les séjours sont facturés au prix fort. S'ensuit un rapport d'enquête, établi par l'Inspection générale des Finances (IGF) et celle des Affaires sociales (IGAS), à la demande du gouvernement qui conduit l'Etat à déposer plainte contre le groupe privé, fin mars, en lui demandant le remboursement de dotations publiques, plusieurs dizaines de millions d'euros. Mi-mai, nouvelle dégringolade du titre en Bourse qui a, alors, perdu plus de 60% de sa valeur, soit la pire chute de l'indice SBF 120. En cause, cette fois, un scandale financier révélé notamment par Médiapart. Une société luxembourgeoise aurait, en effet, investi dans ses résidences et aurait procédé à des « opérations douteuses ». Et alors que le groupe refusait jusqu'alors de rembourser une grande partie de la somme réclamée par l'Etat, il a finalement capitulé le 22 novembre, annonçant qu'il acceptait de lui rembourser toutes les subventions publiques réclamées au titre de ses mauvaises pratiques passées. Soit 55,8 millions d'euros d'argent public.