Espace : la France doit partager les coûts de la fusée Ariane 5 (Cour des Comptes)

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Dans un référé adressé au gouvernement la Cour des Comptes recommande à la France de négocier une participation homogène des principaux parternaires de l'ESA et de l'Union européenne. La France supporte près de 80% des coûts relatifs au Centre spatial guyannais et près de 60% du soutien à l'exploitation d'Ariane 5.

La France ne doit pas être le principal contributeur à l'accès européen à l'espace, garanti par le Centre spatial guyanais (CSG) et le lanceur Ariane estime jeudi la Cour des comptes dans un référé adressé au Premier ministre, au ministre de la défense et au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. "Actuellement, c'est toujours la France qui supporte, à près de 80%, l'ensemble des coûts relatifs au CSG, et à près de 60% le soutien à l'exploitation du lanceur Ariane 5", souligne la Cour des comptes. Selon elle, "la question se pose dès aujourd'hui d'une répartition plus équitable de l'effort financier concernant le CSG et le soutien à l'exploitation des lanceurs entre les Etats membres de l'Agence spatiale européenne (ESA) et de l'Union européenne, bénéficiaires de l'accès garanti à l'espace".

La France doit renégocier une participation homogène

Les sages de la rue Cambon recommandent ainsi au gouvernement de "se préparer dès maintenant à négocier, en vue du prochain conseil ministériel" de l'ESA, en 2014, "une participation homogène, et garantie sur le long terme, de nos principaux partenaires de l'ESA et de l'Union européenne, à l'ensemble des composantes de l'accès garanti à l'espace". La Cour relève aussi que la France "est la seule à s'engager résolument dans le financement d'Ariane 6", dont le développement a été acté lors de la conférence ministérielle de l'ESA de novembre dernier.

Plus de clarté dans l'utilisation de Soyouz

La Cour recommande notamment de "définir de manière claire et cohérente l'objectif d'utilisation de Soyouz au CSG dans l'hypothèse d'une mise en service d'Ariane 6, qui vise le même marché que le Soyouz". Les autres lanceurs utilisés à Kourou sont en effet dans le viseur des Sages de la rue Cambon. Soyouz, qui "n'assure pas l'autonomie de l'accès (européen) à l'espace dans la mesure où il dépend de notre partenaire russe", et Vega, petit lanceur à la capacité limitée, dont le coût "dépasse largement celui des lanceurs concurrents".
La Cour préconise également d'étudier la possibilité de développer de nouveaux lanceurs "à maîtrise d'oeuvre française en dehors du cadre de l'ESA avec le ou les seuls pays -Allemagne, voire Italie- les plus concernés".

 

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a écrit le 04/04/2013 à 21:28 :
Partager ou liquider ? Cela va risque fort de tourner comme EADS où les industriels franco-allemands sont expulsés, les Etats muselés, dans un actionnariat non seulement infiltré mais exploité et dicté par les concurrents anglo-américains. Non merci.
Réponse de le 05/04/2013 à 9:34 :
???
a écrit le 04/04/2013 à 16:04 :
La FRANCE est à l'origine de tous les projets d'envergure EUROPEENS (?). Les mauvaises langues veulent la faire passer en dépit du bon sens "chef de clan des pays du sud" . C'est une stupidité sans nom; il est temps de faire participer les autres pays financièrement à l'espace (et la dissuasion); eux qui s'abritent douillettement sous le bouclier américain.
a écrit le 04/04/2013 à 14:09 :
Ben, tiens ! ! !
a écrit le 04/04/2013 à 13:41 :
A ouai c clair! Je suis trop d'accord avec toi! T'es trop fort.....waou!!
a écrit le 04/04/2013 à 12:08 :
Et partager plus les coûts ça veut aussi dire plus partager la charge de travail, donc laisser filer du boulot ... Quand on sait que l'Allemagne (qui est numéro 2 du spatial en Europe depuis des années derrière la France en termes de charge de travail) vient de mettre les moyens pour passer numéro 1 (soit justement un poil de dépenses en plus que la France), quelle lumineuse idée de laisser partir du boulot en priorité chez nos voisins allemands (ironie) ...
Réponse de le 05/04/2013 à 9:33 :
Attention, l'allemagne va effectivement devenir le premier contributeur de l'ESA mais cela ne représente pas les seuls investissements dans le spatial et la France au total reste largement devant.
a écrit le 04/04/2013 à 11:46 :
Quid des bénéfices ?

Partager les coûts, drôle d'idée, si ariane est rentable qui encaisse les bénéfices ?

De toute façon le vrai risque est de se faire doubler... par des lanceurs moins chers et plu sperformants
Réponse de le 04/04/2013 à 12:08 :
Plus performant ce n'est pas demain la veille, à ce jour c'est le plus performant, pas le moins cher certes, mais sachant que les satellites valent plusieurs millions pièce, je pense que les clients se basent d'abords sur la réussite des lancements, sur lequel Ariane est à ce jour le plus performant.
Réponse de le 04/04/2013 à 16:47 :
Vous avez raison, l'article (et certainement la CC), ne dit pas où vont les bénéfices.
Mais ce constat va encore plus loin que le simple aspect financier, c'est le sens même de la viabilité de l'Europe qui est en jeu. Depuis sa création le jeu des politiques de tous les pays membres et de revenir chez eux en disant qu'ils "ont arraché à l'Europe des subventions". Leurs interventions tiennent plus du journaliste sportif qui commente un match que de la véritable volonté de construire une Europe dont les adversaires ne sont pas les "membres de l'équipe", mais les autres pays!

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