Accidents mortels des 737 MAX : Boeing a « conclu un accord » avec la justice américaine
latribune.fr
Le 10 mars 2019, le Boeing 737 Max 8 assurant le vol Ethiopian Airlines 302 reliant Addis-Abeba à Nairobi s'est écrasé six minutes après son décollage de l'aéroport de la capitale de l'Éthiopie. Aucun des 149 passagers et 8 membres d'équipage n'a survécu.
Boeing a « conclu un accord » avec le ministère de la Justice (DoJ) dans le dossier pénal lié aux deux accidents de 737 MAX en 2018 et 2019 qui ont fait 346 morts. Les familles des victimes sont vent debout contre cette transaction.
C'est une annonce qui pourrait clore le dossier des deux accidents mortels de 737 MAX de la compagnie indonésienne Lion Air en 2018 et d'Ethiopian Airlines en 2019, deux crashes qui ont causé la mort de 346 passagers et membres d'équipage. Au grand dam des familles de victimes.
« Nous avons conclu un accord de principe sur les termes d'une résolution avec le ministère de la Justice (DOJ) » américain, a, en effet, indiqué Boeing à l'AFP dans un communiqué. Il intervient alors que les procureurs sont parvenus à la conclusion que le géant de l'aéronautique a bafoué un accord antérieur concernant ces deux catastrophes. Des sources ont déclaré à l'AFP la semaine dernière que Boeing disposait d'un délai pour accepter ou rejeter une proposition du DOJ qui l'obligerait à plaider coupable de fraude lors de la certification du 737 MAX. Le constructeur a donc préféré au procès un accord à l'amiable.
D'après les informations ayant filtré depuis quelques jours, l'accord inclut notamment une amende de 243 millions de dollars, la nomination d'un superviseur indépendant pour trois ans ainsi qu'un plaider-coupable pour fraude. Les familles de victimes sont vent debout contre cet arrangement depuis l'origine, réclamant haut et fort un procès et une condamnation de Boeing.
« C'est plus attractif pour le DOJ d'obtenir la certitude liée à un accord de plaider-coupable que d'aller à un procès », a expliqué à l'AFP Tracy Brammeier, du cabinet d'avocat Clifford, qui représente des familles dans le volet civil. Selon elle, ces dernières sont particulièrement mécontentes de l'absence de lien explicite de causalité entre la fraude reconnue par Boeing et les crashes. Le géant aéronautique avait reconnu avoir commis une fraude lors de la certification du 737 MAX 8, impliqué dans les deux accidents mortels. Tous les 737 MAX ont été immobilisés pendant vingt mois aux Etats-Unis et à travers le monde.
Boeing de nouveau dans la tourmente après une série de problèmes de production
Cette annonce intervient alors que Boeing subit une série de problèmes de production et de contrôle de qualité, affectant, depuis début 2023, trois des quatre avions commerciaux du constructeur actuellement commercialisés (737, 787 Dreamliner et 777). Et, surtout, après un incident en vol le 5 janvier sur un 737 MAX 9 de la compagnie Alaska Airlines.
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Entre autres conséquences, cette série noire a conduit le ministère à conclure mi-mai que Boeing n'avait pas respecté ses engagements prévus dans un accord de poursuites différées (DPA) de 58 pages, conclu le 7 janvier 2021. Ce que l'avionneur continue de réfuter. En vertu de cet accord, Boeing a accepté de payer 2,5 milliards de dollars et s'était engagé, entre autres, à renforcer son programme de conformité. Il prévoyait aussi une mise à l'épreuve de trois ans, à l'issue de laquelle un retrait de l'inculpation était prévu si l'entreprise respectait certaines conditions.
Mais des audits et enquêtes lancées après l'incident du 5 janvier ont identifié des problèmes de non-conformité et des lacunes du contrôle qualité du groupe.