Ariane 6 : une première mission commerciale prévue fin février
latribune.fr

La première mission commerciale de la fusée européenne Ariane 6 est enfin prévue le 26 février 2025 (photo d'illustration).
ESA
latribune.fr

La première mission commerciale de la fusée européenne Ariane 6 est enfin prévue le 26 février 2025 (photo d'illustration).
ESA
La première mission commerciale de la fusée européenne Ariane 6 est enfin prévue le 26 février 2025, a annoncé ce mardi Arianespace. Le nouveau lanceur lourd européen Ariane 6 avait déjà réalisé un vol inaugural en juillet 2024, marquant le retour d'un accès autonome à l'espace pour l'Europe. Et ce, malgré l'échec de la rentrée atmosphérique de l'étage supérieur en fin de mission.
L'Agence spatiale européenne (ESA), qui gère et finance le programme Ariane 6, avait déclaré en septembre que l'anomalie à la fin du vol inaugural avait été identifiée et se trouvait en cours de traitement, en ajoutant que « rien ne s'opposait à la deuxième mission ». Lors de ce vol inaugural, Ariane 6 avait mis en orbite une dizaine de micro-satellites d'universités.
« Avec ce lancement au service de la défense française et des besoins capacitaires de plusieurs pays partenaires, Arianespace garantit à la France et à l'Europe un accès autonome à l'Espace, au bénéfice de l'ensemble de nos concitoyens », salue David Cavaillolès, nouveau président exécutif d'Arianespace, cité dans le communiqué.
La première mission commerciale d'Ariane 6 sera un lancement d'un satellite d'observation militaire, CSO-3, qui sera placé en orbite à 800 km d'altitude. Ce satellite est le troisième et dernier d'un programme commun à plusieurs pays européens piloté par la France, qui vise à mettre en orbite une constellation de satellites dédiés à l'observation de la Terre à des fins de défense et sécurité. Son décollage depuis Kourou, en Guyane, est prévu exactement le 26 février à 16h24 GMT, soit 17h24 en France métropolitaine, précise Arianespace.
L'enjeu pour les Européens est de continuer à exister face au géant américain SpaceX qui lance ses fusées réutilisables Falcon 9 environ deux fois par semaine. D'autant que depuis le dernier vol d'Ariane 5, les Européens ne pouvaient plus mettre en orbite par eux-mêmes un satellite. Avec l'invasion de l'Ukraine, ils n'ont plus accès au lanceur moyen russe Soyouz, tiré pendant dix ans depuis la Guyane. Et l'autre fusée européenne Vega-C est clouée au sol depuis fin 2022 après un accident.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Décidée en 2014, Ariane 6 pourra aussi bien placer des satellites en orbite géostationnaire, à 36.000 kilomètres d'altitude, comme Ariane 5, que mettre en orbite des constellations à quelques centaines de kilomètres de la Terre.
« Le spatial est en train de révolutionner l'art de la guerre », a déclaré mardi dernier le président du Centre national d'études spatiales, Lionel Suchet. Il a aussi estimé qu'une possible priorité de la nouvelle administration américaine accordée à la conquête de Mars plutôt qu'à un retour sur la Lune valide la stratégie européenne d'« autonomie d'accès à l'espace ». « Pour les conflits d'aujourd'hui déjà, et de demain, le spatial a un rôle majeur à jouer », a-t-il dit, en rappelant que le CNES gère le spatial civil et militaire.
À lire également
Outre CSO-3 positionné pour le compte du ministère des Armées, il y aura ensuite YODA, deux nano-satellites démonstrateurs pour « tester les capacités de manoeuvre dans l'espace », et contrer le cas échéant des actions hostiles d'autres satellites. Certaines missions auront une capacité duale comme CO3D, dont la « grappe » de satellites vise à restituer un « modèle de terrain à grande vitesse », pour des applications civiles comme militaires.
(Avec AFP)
latribune.fr