Boeing : le vaisseau Starliner et ses deux astronautes bloqués à la Station spatiale internationale
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Le vaisseau de Boeing, Starliner, amarré à la Station spatiale internationale depuis deux mois, rencontre des difficultés.
STEVE NESIUS
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Le vaisseau de Boeing, Starliner, amarré à la Station spatiale internationale depuis deux mois, rencontre des difficultés.
STEVE NESIUS
[Article publié le 7 août 2024 à 8h20, mis à jour le 8 août à 9h56] La Nasa va devoir prendre son mal en patience. L'agence spatiale américaine a annoncé ce mardi repousser d'août à fin septembre le décollage d'astronautes avec SpaceX, à cause des problèmes rencontrés par le vaisseau de Boeing, Starliner, amarré à la Station spatiale internationale depuis deux mois.
En effet, la capsule Starliner, qui a transporté deux astronautes de la Nasa jusqu'à la Station spatiale (ISS) début juin, ne devait à l'origine passer qu'un peu plus d'une semaine dans l'espace, mais des tests ont dû être menés après plusieurs anomalies détectées en vol.
Depuis, la mission traîne en longueur et sa date de retour est devenue de plus en plus incertaine. Si le véhicule de Boeing ne se révèle pas sûr pour ramener ses deux astronautes, la Nasa devra alors trouver un autre moyen pour les faire revenir sur Terre. L'agence spatiale américaine pourrait par exemple envisager d'utiliser un vaisseau de SpaceX, laissant Starliner repartir vide.
La prochaine mission habitée de SpaceX est une mission de rotation régulière de l'équipage de l'ISS. Les quatre membres de cette mission, nommée Crew-9, devaient initialement décoller mi-août, afin de relever les quatre membres de Crew-8 actuellement à bord du laboratoire volant. Mais Crew-9 pourrait éventuellement ne partir qu'avec deux astronautes au lieu de quatre, afin de pouvoir ramener les deux naufragés spatiaux de Boeing à son retour, selon la presse spécialisée. Le décollage de Crew-9 est désormais repoussé au 24 septembre au plus tôt, a déclaré la Nasa.
« La NASA et Boeing continuent d'évaluer l'état de préparation du vaisseau » Starliner et « aucune décision n'a été prise concernant (son) retour », a ajouté l'agence spatiale américaine.
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Les deux astronautes pourraient donc resteraient donc à bord de l'ISS jusqu'en février, date du retour prévu de Crew-9. « Nous n'avons pas approuvé ce plan », a toutefois prévenu Steve Stich lors d'une conférence de presse mercredi. Mais « nous avons fait tout le nécessaire » pour qu'il puisse être mis en place, a-t-il ajouté. « Notre option privilégiée est de faire rentrer Butch et Suni à bord de Starliner », a-t-il répété, en expliquant que de nouveaux tests devraient permettre aux équipes d'ingénieurs de mieux comprendre les risques induits par les problèmes rencontrés sur le vaisseau. Il a indiqué que la Nasa devait se décider d'ici « mi-août » entre les deux options.
Vendredi, Boeing avait assuré dans un communiqué rester « confiant » dans la capacité de Starliner « à revenir en toute sécurité avec l'équipage ». « Nous continuons à répondre aux demandes de la Nasa pour des tests, des données et des analyses supplémentaires », avait ajouté l'entreprise, qui n'a pas participé à la conférence de presse mercredi comme habituellement. Steve Stich a reconnu l'existence de « désaccords ». Avant d'approuver le retour des astronautes, les responsables de la Nasa « aimeraient mieux comprendre les causes et les mécanismes physiques » ayant conduit aux soucis de propulsion, a-t-il dit.
La capsule, après son décollage vers l'ISS, avait rencontré des problèmes sur son système de propulsion ainsi que des fuites d'hélium. Trois tentatives avaient d'ailleurs été nécessaires pour réussir le décollage de l'appareil, avec à son bord, Barry « Butch » Wilmore, 61 ans, capitaine de la marine américaine et pilote de chasse à la retraite, et Sunita « Suni » Williams, 58 ans, ancienne pilote d'essai d'hélicoptère de la marine.
En effet, le décollage avait été annulé au dernier moment à cause de problèmes techniques, alors que les astronautes avaient déjà pris place à bord et que la fusée était remplie de carburant. Un problème de valve sur la fusée, puis un problème d'alimentation en électricité d'un des ordinateurs au sol, responsables de ces annulations, qui avaient pu être réparés pour ce nouveau test.
Le constructeur américain avait déjà accumulé des années de retard sur son programme, se laissant ainsi largement battre par SpaceX, qui achemine déjà les astronautes de la Nasa vers l'ISS depuis 2020.
Pour la Nasa, qui a commandé ce véhicule il y a dix ans, l'enjeu était d'avoir un deuxième véhicule en plus de celui de SpaceX pour transporter les astronautes américains et mieux répondre à « différents scénarios » d'urgence, par exemple en cas de problème sur l'un des vaisseaux.
En 2014, l'agence spatiale a, en effet, passé contrat avec Boeing et SpaceX afin qu'ils construisent chacun un vaisseau, lui permettant ainsi de ne plus dépendre de la Russie et de Soyouz pour rejoindre l'ISS. SpaceX a développé la capsule Dragon dont les trajets ont donc commencé il y a quatre ans. Des dizaines de personnes ont déjà volé avec Dragon, lors de missions de la Nasa, mais aussi lorsque le Starliner a connu davantage de difficultés.
Le programme de développement de Starliner a déjà connu de multiples revers - notamment un premier vol sans équipage raté en 2019. Cette première mission habitée intervient avec des années de retard sur le calendrier initial. L'agence spatiale américaine persiste malgré tout à vouloir disposer d'un deuxième moyen de transport vers l'ISS en plus de SpaceX, afin de pouvoir mieux faire face à d'éventuelles situations d'urgence.
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Outre le spatial, le groupe a cumulé pendant de longs mois une série de problèmes de production et de qualité ayant affecté, à des degrés divers, trois des quatre avions commerciaux sortant actuellement de ses usines (737, 787 Dreamliner et 777). Un incident en vol le 5 janvier sur un 737 MAX 9 d'Alaska Airlines a été celui de trop, entraînant moult retombées judiciaires, politiques, réglementaires et de gouvernance.
Et pour l'énième épisode du feuilleton des déboires de Boeing : l'Agence nationale de sécurité des transports (NTSB) américaine tient audience mardi et mercredi dans l'enquête sur l'incident en vol du 737 MAX 9 d'Alaska Airlines. Le 5 janvier 2024, pendant la phase d'ascension d'un Boeing 737 MAX 9 opérant le vol 1282 d'Alaska Airlines entre Portland (Oregon) et Ontario (Californie), une porte-bouchon - opercule condamnant une issue de secours redondante - se détache, laissant un trou béant dans le fuselage et faisant quelques blessés légers.
Un mois plus tard, l'Agence nationale de sécurité des transports (NTSB) américaine publie un rapport préliminaire accablant pour le géant de l'aéronautique. Selon elle, l'absence d'usure ou de déformation à certains emplacements indiquait que « quatre boulons prévus pour empêcher que la porte-bouchon ne se déplace vers le haut étaient manquants avant qu'elle ne bouge ». L'agence a recueilli des écrits et des photos montrant que des employés de Boeing avaient retiré ces boulons lors d'une inspection à son usine d'assemblage de Renton (nord-ouest).
(Avec AFP)
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