Cathay Pacific : l'AESA ordonne l'inspection des Airbus A350-1000 dans les 30 jours
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Sur les 612 modèles A350 en exploitation, seuls 86 sont des versions 1000, selon Airbus.
Edgar Su
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Sur les 612 modèles A350 en exploitation, seuls 86 sont des versions 1000, selon Airbus.
Edgar Su
[Article publié le jeudi 5 septembre à 17h42, mis à jour à 7h54] Alors que l'enquête sur l'incident de Cathay Pacific se poursuit à Hong Kong, de nouvelles inspections vont avoir lieu en Europe. Sollicité par l'AFP, Airbus n'était pas en mesure de réagir dans l'immédiat à cette annonce.
Jeudi, l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) a ainsi annoncé qu'elle va demander le contrôle d'au moins une partie des A350 en exploitation, après qu'une défaillance de moteur ait obligé un avion de Cathay Pacific allant à Zurich à rebrousser chemin vers Hong Kong lundi.
Les inspections, pour vérifier l'absence de dégâts sur des canalisations de carburant à l'intérieur des moteurs, « doivent avoir lieu dans les prochains 3 à 30 jours, selon le passé individuel des moteurs », détaille l'Agence jeudi soir. « Cette action est une mesure de précaution », a souligné son directeur exécutif Florian Guillermet, cité dans un communiqué.
Ces « consignes urgentes de navigabilité » ne s'appliquent qu'aux appareils basés en Europe, avait initialement précisé l'AESA à l'AFP. Les autorités compétentes dans d'autres zones géographiques devront prendre leurs propres mesures éventuelles.
L'AESA a précisé demander des inspections sur la seule flotte d'A350-1000, appareils équipés des moteurs XWB-97. Au total, 86 A350-1000 sont actuellement en service dans le monde. L'A350-900, variante plus petite de l'avion et doté d'une version différente du moteur de Rolls-Royce, le XWB-84, échappe donc aux inspections. Il représente la vaste majorité des A350 en service (526 selon les chiffres d'Airbus à fin juillet).
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Dans ce contexte, l'AESA « va demander une inspection de la flotte d'A350, qui pourra n'en concerner qu'une partie, pour identifier et démonter toutes les canalisations de carburant à haute pression potentiellement défectueuses », a-t-elle encore ajouté dans son communiqué.
Les inspections ont d'ailleurs commencé à Hong-Kong. Selon Keith Brown, directeur de l'ingénierie de Cathay, la compagnie aérienne est en contact avec les autorités aéronautiques de Hong Kong, ainsi qu'avec les constructeurs de l'avion et du moteur.
« Chaque avion fait l'objet d'une inspection rigoureuse, a-t-il déclaré dans un communiqué mercredi. Une fois l'inspection terminée, les avions autorisés à voler seront remis en service, tandis que ceux qui présentent des problèmes techniques feront l'objet de réparations et d'entretien supplémentaires ».
Pour rappel, peu après le décollage, Cathay Pacific avait déclaré avoir identifié « une défaillance d'un composant du moteur » fabriqué par Rolls-Royce sur son avion ayant dû rebrousser chemin, sans toutefois préciser lequel. L'AESA a précisé dans un communiqué ce jeudi qu'il s'agissait d'un « incendie d'un moteur en vol, peu après le décollage », comme indiqué par La Tribune.
Celui-ci serait lié a priori à des « canalisations de carburant à haute pression » défectueuses. Depuis cet incident, lundi, le cours de l'avionneur a décroché de 3,78% à la Bourse de Paris pour clôturer à 131,74 euros ce jeudi à 18h en baisse de 1,38%.
Lors de cet incident, « le feu a été rapidement détecté et éteint, et l'avion est retourné à Hong Kong en toute sécurité », a souligné l'AESA. Celle-ci a dit « prendre des mesures de précaution pour éviter tout incident similaire », sur la base d'informations préliminaires des autorités hongkongaises compétentes, ainsi que des « constructeurs de l'appareil et du moteur ». Les « conduites de carburant au niveau du moteur (de) 15 avions » nécessitent un remplacement et, « parmi eux, six ont déjà connu des réparations réussies », avait-elle assuré.
Bien que la position adoptée suggère que l'incident est de plus en plus considéré comme isolé, il est trop tôt pour exclure d'autres conclusions ou analyses qui pourraient éventuellement nécessiter une action de la part d'autres compagnies aériennes, ont déclaré des personnes proches du dossier à Reuters mercredi.
De son côté, le fabricant britannique de moteurs d'avion Rolls-Royce a dit jeudi « travailler en étroite collaboration » avec l'Agence de l'UE pour la sécurité aérienne (AESA) « sur un programme ponctuel d'inspection préventive des moteurs, qui pourrait n'être applicable qu'à une partie de la flotte A350 ».
« Nous tenons nos clients informés et attendons une nouvelle annonce de l'AESA plus tard dans la journée », a-t-il ajouté, assurant que « la famille de moteurs Trent XWB présente un excellent bilan au cours de ses neuf années de service (avec) plus de 20 millions d'heures de vol ».
Jusqu'alors, le motoriste n'a pas apporté beaucoup plus de détails sur ces conduites de carburant défectueuses, si ce n'est qu'il avait sécurisé la fourniture de pièces de rechange pour Cathay Pacific, afin d'effectuer des remplacements sous aile. Ce qui allège largement le processus de réparation.
Il faut dire qu'elle marche quelque peu sur des œufs avec ce moteur qui avait déjà fait l'objet de critiques de la part du très écouté patron d'Emirates, Tim Clark, lors du salon de Dubaï 2023. Il avait exprimé ses inquiétudes quant à la durabilité et la longévité de ce moteur spécifique à l'A350-1000.
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Concurrent du Boeing 787 Dreamliner ou du futur 777X, l'A350 a été commandé à 1.327 exemplaires, dont 613 ont été livrés, selon un décompte arrêté fin juillet. Mais il n'y en a que 612 en exploitation depuis une collision au sol, suivie d'un incendie, d'un appareil de Japan Airlines en janvier dernier.
Sur ce total, seuls 86 sont des versions « -1000 », selon Airbus. Le plus important opérateur de cette déclinaison est Qatar Airways avec 24 appareils, suivi de Cathay Pacific avec 18, British Airways (également 18) et Virgin Atlantic avec 12 appareils. En France, le Groupe Dubreuil (Air Caraïbes et French bee) en exploite cinq. Air France, de son côté, ne fait voler que des A350-900.
(Avec AFP)
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