Défense aérienne en Irak : succès, échec et espoirs
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Thales a vendu en Irak des systèmes de surveillance aérienne pour près de 1 milliard d'euros en trois ans
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Thales a vendu en Irak des systèmes de surveillance aérienne pour près de 1 milliard d'euros en trois ans
Reuters
L'Irak est redevenu un pays de conquête pour l'industrie de l'armement français. Avec son lot de succès et d'échecs mais aussi d'espoirs. La France a lancé ces dernières années une opération de séduction en Irak avec des visites régulières de très hauts responsables français en Irak, à commencer par Emmanuel Macron, qui y est allé deux fois (septembre 2020 et août 2021). Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, s'y est pour sa part rendu en juillet 2023. Son prédécesseur, Florence Parly y est allée deux fois (2019 et 2020) tandis que l'ancien ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'est posé quatre fois en Irak (2018, deux fois en 2019 et 2020). Fin janvier 2023, la France et l'Irak ont d'ailleurs signé un Traité de partenariat stratégique.
Cette opération de séduction s'est révélée être gagnante pour certains prospects commerciaux des industriels de l'armement français. Dernièrement, l'Irak a mis en vigueur début 2024 le contrat Asradoc 2 portant sur la vente par Thales de systèmes C4I équipés de 14 radars de moyenne portée GM200 pour un montant de près de 600 millions d'euros. Cette commande signée en juillet 2023 faisait suite à un premier contrat signé en 2020 (Asradoc) et mis en vigueur en 2022. Bagdad avait acheté un système de surveillance aérienne composé de quatre radars Ground Master 403 avec du support associé (400 millions d'euros). Soit près de 1 milliard d'euros de commandes obtenues par Thales en trois ans en Irak.
Ces systèmes vont permettre à l'Irak à terme de contrôler l'ensemble de son espace aérien et de pouvoir mieux assurer sa souveraineté territoriale et le respect de son espace aérien. Hors défense aérienne, la France a également remporté un succès avec la vente par Airbus Helicopters de 14 hélicoptères de transport de troupes multirôles de type Caracal H225M, dont deux d'occasion.
À lire également
En revanche, la France n'a pas réussi à vendre à Bagdad le système de défense aérienne SAMP/T, qui essuie un nouvel échec à l'export après ceux en Pologne (2015), en Suède (2017) et en Suisse (2021). Pourtant extrêmement intéressé, l'Irak n'a pas pu sélectionner ce système fabriqué par Eurosam (un GIE à 50-50 entre MBDA et Thales). Selon des sources concordantes, l'Irak ne l'a pas acheté en raison des délais de livraison trop longs proposés par les industriels. En outre, les Irakiens, prêts à attendre la livraison d'un système neuf, ont demandé au ministère des Armées français de leur prêter un ou deux systèmes. Mais la France en a trop peu en service (six sur les huit commandés) pour se permettre d'en fournir en prêt à l'Irak.