L'Arabie Saoudite bloque le contrat des corvettes Meko A200 en Egypte

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L'Egypte semble être une victime collatérale de la nouvelle dégradation des relations diplomatiques entre Berlin et Ryad, qui bloquerait la vente de quatre corvettes Meko A200 au Caire.
L'Egypte semble être une victime collatérale de la nouvelle dégradation des relations diplomatiques entre Berlin et Ryad, qui bloquerait la vente de quatre corvettes Meko A200 au Caire. (Crédits : Marine algérienne)
Signé à la mi-septembre entre le ministère de la défense égyptien et TKMS, le contrat de quatre Meko A200 serait gelé. L'Arabie Saoudite se serait opposée à cette vente en raison de la nouvelle dégradation des relations diplomatiques entre Ryad et Berlin.

Selon des sources allemandes concordantes, le contrat de quatre Meko A200 évalué à 2 milliards d'euros, qui a été signé à la mi-septembre entre le ministère de la défense égyptien et ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), aurait été gelé rapidement après la signature. Initialement l'accord portait sur deux corvettes fabriquées en Allemagne, mais aujourd'hui le contrat porterait sur quatre Meko A200, dont une fabriquée en Egypte.

Pourquoi ce gel alors que la mise en vigueur de ce contrat semblait une formalité pour TKMS ? Tout simplement parce que l'Arabie Saoudite, qui finance une grande majorité des acquisitions d'armement de l'Egypte, aurait mis son veto catégorique au projet naval allemand. Résultat, sans financement saoudien, Le Caire, victime collatérale de la nouvelle dégradation des relations entre Ryad et Berlin, ne peut plus conclure l'acquisition des quatre corvettes Meko A200.

Revirement de Berlin vis-à-vis de Ryad

Alors que Berlin et Ryad négociaient un rapprochement dans le domaine de l'armement, l'Arabie Saoudite n'a vraiment pas apprécié la position de la Chancellerie allemande à propos de l'affaire Khashoggi. Elle a décidé de geler les nouvelles licences d'exportation d'armement vers l'Arabie et d'examiner celles déjà accordées, notamment celles des avions-ravitailleurs MRTT d'Airbus, des avions de combat Typhoon (consortium Eurofighter) et des patrouilleurs de Lürssen.

"Il faut tirer les choses au clair. Tant que ce ne sera pas résolu, il n'y aura pas d'exportations d'armes vers l'Arabie saoudite. Je vous assure très clairement de cela", avait déclaré le 22 octobre Angela Merkel lors d'un meeting à Ortenberg, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Francfort. "Il est nécessaire de clarifier le contexte de cet horrible incident, faute de quoi nous ne livrerons aucune arme à l'Arabie saoudite", avait-elle confirmé le 26 octobre lors d'une conférence de presse avec Premier ministre tchèque, Andrej Babis, à Prague.

L'homme de la normalisation avec Ryad, le ministres des Affaires étrangères Heiko Maas, membre du SPD, a dû lui-aussi s'aligner sur la position de la Chancelière. Tant que les circonstances exactes de la mort de Jamal Khashoggi n'auront pas été éclaircies, "je ne peux pas m'imaginer qu'il y ait une base positive au sein du gouvernement allemand pour approuver des exportations d'armes vers l'Arabie Saoudite", avait-il annoncé le 20 octobre à la télévision publique ARD. Pour l'Arabie Saoudite, la dégradation des relations diplomatiques germano-saoudiennes entre la fin septembre et le début octobre, ressemble à une douche glaciale.

Berlin et Ryad pourtant très proches fin septembre

Jusqu'au meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le gouvernement allemand avait décidé de ne pas respecter son propre contrat de coalition (CDU/CSU et SPD), qui interdisait toute fourniture d'armes à destination des belligérants de la guerre au Yémen. "Nous n'approuverons pas les exportations vers les pays tant qu'ils seront directement impliqués dans la guerre du Yémen", était-il écrit noir sur blanc dans l'accord de coalition signé en mars. Mais la politique poursuivie par le nouveau gouvernement s'est inscrite très clairement dans les pas de celle institutionnalisée par l'ancien vice-chancelier et ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel. Résultat, les contrats d'armement signés avant l'arrivée de l'actuelle coalition étaient respectés en vertu d'une clause de confiance (Vertrauensschutz). En outre, le gouvernement de coalition d'Angela Merkel a validé l'exportation de nouveaux matériels militaires.

En mars dernier, le gouvernement a autorisé la vente de huit patrouilleurs fabriqués par le chantier naval Lürssen destinés aux garde-côtes saoudiens. Puis, début septembre, le conseil de sécurité (Bundessicherheitsrat- BSR), qui valide ou pas les demandes de licences d'exportation, a donné son feu vert pour six nouvelles ventes vers Ryad pour un montant estimé à 416,4 millions d'euros : radars de contre-batterie Cobra (surveillance radar pour l'artillerie), pièces détachées de véhicules et d'aéronefs, patrouilleurs. Le feu vert du BSR devait, dans l'esprit d'Heiko Maas, devait inaugurer une nouvelle ère diplomatique entre l'Allemagne et l'Arabie Saoudite dans le domaine de la défense. Il avait d'ailleurs publiquement exprimé fin septembre lors de l'Assemblée générale des Nations-Unies des regrets pour la crise provoquée par son prédécesseur, Sigmar Gabriel.

Fin septembre, l'Arabie saoudite avait annoncé avoir décidé de renvoyer un ambassadeur à Berlin, concluant dix mois de crise déclenchée par les propos fin 2017 du ministre des Affaires étrangères allemand sur sa politique au Liban. "Nos relations ont été illustrées ces derniers mois par des malentendus qui contrastent fortement avec nos liens par ailleurs forts et stratégiques et nous le regrettons sincèrement", avait expliqué le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas lors d'un entretien avec son homologue saoudien Adel al-Jubeir à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. "Nous aurions dû être plus clairs dans notre communication (...) L'Arabie saoudite joue un rôle important pour la paix et la stabilité dans la région et dans le monde", avait précisé le ministre allemand, qui n'avait pas ménagé sa peine pour rapprocher les deux pays.

L'Arabie Saoudite, troisième client de l'Allemagne

Sur les neuf premiers mois de l'année, l'Arabie Saoudite est devenu le troisième pays export de l'Allemagne après l'Algérie et les Etats-Unis. Les industriels allemands ont livré sur cette période des équipements militaires pour un montant estimé à 162 millions d'euros, essentiellement des patrouilleurs de Lürssen (38,9% du montant total). Ce qui est la preuve que le contrat de coalition sur les exportations d'armes à destination des belligérants de la guerre au Yémen n'est pas respecté.

Lire aussi : Rafale en Egypte : les Etats-Unis bloquent

Et maintenant ? D'intenses discussions étaient en cours fin octobre au sein du gouvernement allemand pour savoir quoi faire des contrats d'armes conclus avec l'Arabie saoudite mais pas encore honorés, avait précisé le 24 octobre le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert. "Concernant la question de savoir comment traiter les permis déjà octroyés, ou les biens qui n'ont pas encore été livrés, il y a d'intenses discussions au sein du gouvernement à ce propos et nous devons examiner ce dossier très minutieusement", avait-il expliqué. L'examen, qui porte sur des questions aussi bien politiques que juridiques, s'achèvera dans les jours qui viennent. Dans un sondage publié le 24 octobre par le quotidien Die Welt, 65% des Allemands se disent convaincus que leur pays devrait cesser de commercer avec l'Arabie saoudite.

Concrètement, les deux patrouilleurs de Lürssen de 40 mètres (At Tuwal et Sharorah), autorisés en mars et construits dans le chantier de Wolgast dans la circonscription d'Angela Merkel, seront-ils bien livrés aux garde-côtes saoudiens comme prévu. De même, le premier patrouilleur d'une nouvelle série de 60 mètres l'Alriyadh, obtiendra-t-il  son autorisation pour être exporté (Ausfuhrgenehmigung). Le contrat du chantier de Brême est en vigueur depuis 2013... Ryad a besoin de ces patrouilleurs pour faire le blocus maritime face au Yémen tandis que Berlin ne veut pas connaître l'utilisation finale de ces patrouilleurs. L'Allemagne pourrait continuer à s'abriter derrière la fameuse clause de garantie pour poursuivre les livraisons et les accorder aux nouvelles unités en cours de construction. Inch Allah...

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a écrit le 05/11/2018 à 22:49 :
Des saoudiens financent des groupes islamistes qui ont tués des européens.

Des présidents et des ministres européens passent des accords directs ou indirects avec des saoudiens.

Que devons-nous penser de ces présidents et de ces ministres européens ?
a écrit le 05/11/2018 à 18:53 :
Il faut bien voir que "notre bon prince Mbs, adulé par Macron" se croit donc le Maître du monde . Opposant découpé en morceaux en Turquie, crimes contre l'humanité au Yemen . Cela est une erreur passagère de sa part , nous dit-on !
a écrit le 05/11/2018 à 18:15 :
Argentine, économie en ruine. Achète 5 avions de combat à la France, toute heureuse de vendre ses rosignols de 2 ème main. Egype économie en ruine aussi achète des bateaux de combats. Des porte-containers on aurait compris......
Réponse de le 06/11/2018 à 7:17 :
Faite un effort. C eet marqué dans l article.l Egypte est financé par l Arabie Saoudite et les américains.... Également l Egypte est un pays clé car il semblerait qu il ai un petit canal?
a écrit le 05/11/2018 à 16:50 :
Les règlements de comptes entre saoudiens ne nous concernent toujours pas. Les Allemands se sont crus très forts de jouer les moralistes. Certains voulaient nous voir leur emboîter le pas en France : on avait pourtant déjà donné avec le fiasco des BPC destinés à la Russie, comme du temps de la croisade des enfants...
Réponse de le 05/11/2018 à 19:18 :
@Britannicus
Les BPC ont été recassés, ce qui a permit d'augmenter nos liens militaires plus rapidement avec l'Egypte.
Y'a donc pas de fiasco, juste des frais supplémentaires qui n'atteignent pas le 1/5 du montant du contrat !
En ce moment même se déroule l'exercice de l'OTAN « Trident Juncture ».
Les russes viennent titiller l'exercice avec leurs navires et avions.
Imaginer qu'ils aient en leur possession les 4 BPC et qu'ils viennent se balader avec l'un d'entre-deux auprès de forces française qui elles-mêmes y utilisent le 2ème plus gros navire de cette opération, l'un de nos BPC.
Un peu de sérieux SVP ! La France n'avait pas d'autre choix, sous la pression des nations baltes et nordiques et de ses partenaires de l'OTAN !
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Le fiasco c'est plutôt d'avoir signé ces BPC avec Poutine, après l'annexion de la Géorgie. C'est bien Sarkozy qui avait rattaché la France à l'OTAN, peu après son élection, et qui peu de temps après offre des BPC à l'agressif Poutine ? Adhésion non prévue dans son programme présidentiel !
Pas très cohérent tout cela ?
Avoir signé avec la Russie n'est pas un problème, mais avoir signé avec la Russie de Poutine, après l’épisode en Géorgie, des bâtiments de débarquements massifs, est totalement débile !
Et c'est évidement les voisins de la Russie qui auraient pu éventuellement en faire les frais, mais pas directement l'OTAN.
a écrit le 05/11/2018 à 16:16 :
Les Allemands sont devenus de grands donneurs de leçons de morale. Surtout quand on sait qu'ils livrent quasi-gratuitement à Israel les sous-marins "Dolphin" qui peuvent lancer des missiles de croisière avec têtes nucléaires !
a écrit le 05/11/2018 à 15:40 :
Justement,il faut que personne vende ces fregates à lEgypte,sinon l'Europe se tire une balle dans le pied.
a écrit le 05/11/2018 à 12:28 :
Premier client de l'Allemagne en matière d'armements : USA ! PLus grande ex colonie de l'empire britannique suivie de l'algérie, plus grande ex colonie francaise...

Les anglo saxons ! La double origine des américains, anglais et on l'oublie trop souvent allemands... d'où cette rigueur dans l'ingénierie, cette organisation, ce systématisme tout industriels versus le coté brico depot, bricorama, castorama leroy merlin en france... qui s'americano latinise vis à vis de l'allemagne comme le dit Todd!
a écrit le 05/11/2018 à 10:58 :
La vérités elles n est pas finis le crime ne paye pas en Allemagne pas en france Avec macron ? Si bsm et coupable La lois de lislame doiv etres applique
a écrit le 05/11/2018 à 10:11 :
Alllez, on y va, on va pas s'arrêter sur des petits détails de morales. On en profite et on place nos frégates!
Par contre, l'Allemagne peut-elle bloquer l'exportation d'Airbus MRTT, seule contre tous ses partenaires européens ?
a écrit le 05/11/2018 à 9:46 :
On met de la morale dans tout les aspects politiques et économiques mais trop de morale n'amène a rien, elle devient l'ennemie de nos intérêts. Les alliés ont gagnés la guerre contre le nazisme en s'alliant avec un des pire criminel de l'histoire, Staline !!!
Réponse de le 05/11/2018 à 15:00 :
Le commerce et le pognon avant la morale. Vous avez bien résumé la politique des dirigeants actuels, et notamment la politique élyséenne en la matière qui s'insurge dès qu'il s'agit d'un seul Saoudien disparu, mais qui se montre beaucoup plus discrète lorsqu'il s'agit de dizaines, de centaines de Palestiniens assassinés. Vous l'avez résumée, cette politique. Mais de là, comme vous le faites, à la cautionner... Il y a une marge faite de conscience, d'humanité et de décence qui semble vous échapper à vous autant qu'aux politiciens qui privilégient les intérêts bassement mercantiles et bien souvent immoraux de leurs petits copains industriels. Et certainement pas les vôtres. Encore faut-il avoir l'honnêteté, l'intelligence et le courage de penser par soi-même pour s'en rendre compte et dénoncer ces politiques amorales.
a écrit le 05/11/2018 à 9:16 :
Il faut se passer de pétrole et de gaz et être autonomes en énergie çà règle beaucoup de problèmes car l'argent va à des armements et génèrent des conflits
Réponse de le 05/11/2018 à 10:59 :
En matière de "Faut qu'on, Y a qu'à !" vous êtes parfait ...
a écrit le 05/11/2018 à 8:43 :
C'est beau la morale à deux balles, de belles et pures déclarations, contredites dans les faits.L’honnêteté y perd ce que le PIB y gagne, alors forcément...
a écrit le 05/11/2018 à 8:33 :
impossible de critiquer l'ARABIE , systématiquement sanctions économiques.
"La morale et le buisness ", sujet de philosophie pour l'ensemble du gouvernement.
en ajoutant la langue de bois...

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