Armement : l'Egypte et la France à nouveau sur la même longueur d'onde

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L'Egypte a acheté pour sept milliards d'euros à l'industrie d'armement française entre 2014 et 2017
L'Egypte a acheté pour sept milliards d'euros à l'industrie d'armement française entre 2014 et 2017 (Crédits : Dassault Aviation)
La visite à Paris du nouveau ministre de la Défense égyptien, Mohamed Ahmed Zaki, a permis d’éclaircir un certain nombre d'incompréhensions entre les deux pays. La vente de Rafale supplémentaires redevient un sujet d'actualité.

Après le coup de froid entre Paris et Le Caire en début d'année, les relations sont revenues à la normale entre les deux pays dans le domaine de l'armement. Paris a su lever un certain nombre d'interrogations des Égyptiens, notamment celles concernant le blocage par les Etats-Unis de l'exportation du missile de croisière Scalp et de certains composants sur des équipements du Rafale (réglementation ITAR) pour protéger Israël. Washington se sont engagés de maintenir un avantage militaire (QME ou Qualitative military edge) de Tel Aviv par rapport à leurs adversaires potentiels. En dépit de cet axiome de la politique étrangère américaine, la visite aux Etats-Unis fin avril d'Emmanuel Macron n'a pas été vaine. Selon des sources concordantes, le dossier Scalp et Rafale avait été alors abordé dans le secret des discussions entre les deux présidents par la partie française.

Résultat, des licences ont été récemment accordées permettant l'exportation des POD du Rafale, la nacelle de désignation de cible bloquée par ITAR, vers l'Egypte, selon nos informations. En parallèle, la France a entrepris un long travail de désITARisation du missile Scalp, qui prendra au moins plusieurs mois pour éviter de futurs désagréments avec ITAR. D'autant que cette réglementation peut être aussi utilisée de façon "mercantile" par les Etats-Unis, explique-t-on dans l'entourage de la ministre des Armées, Florence Parly, pleinement consciente de ce dossier. A l'Hôtel de Brienne, on fait état de relations personnelles entre Florence Parly et son homologue américain, le secrétaire à la Défense des États-Unis, James Mattis, pour dénouer certains dossiers. "Nous avons une écoute bienveillante en raison des excellentes relations entre la France et les Etats-Unis", précise-t-on.

Visite du ministre de la Défense égyptien

Les assurances françaises ont été bien reçues par Le Caire. Depuis les négociations sur la vente de 24 Rafale a repris et pourraient se conclure "rapidement", explique-t-on à La Tribune. D'ailleurs la visite mardi dernier à Paris du nouveau ministre de la Défense égyptien, Mohamed Ahmed Zaki, un très, très proche du président Abdel Fattah al-Sissi, a permis d'avancer sur un certain nombre de dossiers. Outre les 24 Rafale, Le Caire est très intéressé par l'achat de 30 drones Patroller (Safran) armés. Les militaires égyptiens demandent une campagne de tests en Egypte. En outre, ils ont marqué un intérêt pour l'hélicoptère Cougar (Airbus Helicopters) pour leur marine. En revanche, les négociations sur la vente de deux corvettes Gowind supplémentaires (5 et 6) font du surplace, les Égyptiens trouvant la maintenance et les prix trop élevés. Business as usual...

Depuis 2014, l'Égypte a engagé une modernisation de ses forces armées avec le soutien de la France. La France s'est engagée à fournir de nouveaux équipements, en particulier à la force aérienne (24 Rafale, un satellite de télécoms militaire) et à la marine (quatre corvettes Gowind, une FREMM, deux BPC). Ce qui a représenté sept milliards d'euros de contrats pour l'industrie d'armement française entre 2014 et 2017.

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Commentaires
a écrit le 09/07/2018 à 19:15 :
Moi j'aurais investit ces 7 milliards d'euros dans l'éducation des jeunes filles , gros point faible des pays musulmans, et qui les empêchent de se moderniser pour de vrai. Se retrouver à 150 millions de population autour du Nil c'est invivable ! Pourquoi donc s'obstiner à faire des enfants si on ne peut pas leur assurer un avenir. Prenez donc exemple sur l'Asie !
a écrit le 09/07/2018 à 10:23 :
N'avions nous pas prêter de l'argent récemment à l'Egypte pour que ce pays nous achète des Rafales ? D'où vient l'argenet que nous prêtons ? Ou est notre bénéfice ?
Réponse de le 09/07/2018 à 11:30 :
Il n'y a pas d'argent prêté, il n'y a que la garantie de l'Etat français. Le bénéfice ? Pour les salariés de Dassault Aviation et des 500 partenaires du Rafale qui bossent sur le Rafale ainsi que leurs actionnaires. Ce n'est pas rien... Il est là le bénéfice pour la France.
Réponse de le 09/07/2018 à 16:34 :
On n'a rien prêté car ce sont les Saoudiens qui financent l'achat des Rafales pour les Égyptiens. Les Saoudiens ont l'argent (malgré les cours bas du pétole) tandis que les Égyptiens ont une population importante (premier pays arabe démographiquement) et ont les soldats et pilotes qu'il faut !!

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