Comment transformer les projets qui se sont multipliés dans les différents programmes de recherche européens en véritables produits industriels, opérationnels et compétitifs ? C'est la réponse qu'espèrent (enfin) trouver les acteurs du secteur qui viennent de publier une nouvelle Stratégie pour la recherche et l'innovation (R&I) dans l'aviation de l'aviation (ARIS). Elle doit permettre de franchir le fossé qui sépare la recherche du monde opérationnel et éviter que nombre de projets finissent dans « la vallée de la mort » de l'innovation.
Cette nouvelle stratégie a été présentée lundi dans le cadre du Salon du Bourget, après avoir été élaborée par une centaine d'acteurs, sous l'égide des entreprises communes européennes Clean Aviation et Sesar (partenariats public-privé pour coordonner la recherche européenne, respectivement pour la décarbonation de l'aviation et la modernisation du contrôle aérien). Elle a été officiellement remise au Commissaire européen pour le transport durable et le tourisme, Apostolos Tzitzikostas.
À travers l'ARIS, les acteurs du secteur appellent à renforcer fortement les investissements dans la R&I pour l'aviation dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), qui définira le budget de l'Union européenne entre 2028 et 2034. Le besoin d'investissements sur la période est estimé à pas moins de 66 milliards d'euros. Il est ainsi demandé à la Commission d'y contribuer à hauteur d'un tiers, 22,5 milliards d'euros pour être précis, tandis que le reste sera apporté par les États membres et le secteur privé.