Pourquoi l'Etat ne souhaite plus désinvestir dans Safran

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La minorité de blocage de la part du capital public pèse plus de 20% dans le capital de Safran
La minorité de blocage de la part du capital "public" pèse plus de 20% dans le capital de Safran (Crédits : Regis Duvignau)
Selon nos informations, l'Etat, qui est le premier actionnaire de Safran, ne souhaite désormais plus faire évoluer sa participation. L'équipementier aéronautique et de défense reste pour la France un groupe stratégique, notamment pour sa contribution industrielle à l'outil de la dissuasion militaire.

Selon des sources concordantes, l'Etat va marquer une longue pause dans le processus de cession de sa participation dans le capital de Safran. "Nous avons plus l'intention de bouger" dans le capital de l'équipementier aéronautique et de défense, explique-t-on à La Tribune. Malgré la nouvelle cession de l'Etat début octobre sur le marché de 2,35% du capital de Safran, il est toujours le premier actionnaire du groupe aéronautique, avec 10,81% du capital (contre 13,16% auparavant) et 18,4 % des droits de vote exerçables. Avec cette pause, l'Etat souhaite envoyer un signal fort aux marchés en mettant Safran "à l'abri de mésaventures capitalistiques hostiles", précise-t-on à La Tribune.

Une minorité de blocage au-dessus de 20% du capital de Safran

Pour "verrouiller" le capital de Safran, l'Etat peut également compter sur l'actionnariat salarié (6,9 % du capital et 10,7% des droits de vote), l'autocontrôle (2,4% du capital), ainsi que les ex-actionnaires de référence de Zodiac racheté en février 2018 (les familles, le fonds FFP  - holding de la famille Peugeot - et le Fonds Stratégique de Participation détenu par six assureurs : BNP Paribas Cardiff, CNP Assurances, Crédit Agricole Assurances, Sogécap, Groupama et Natixis Assurances). Ces derniers détiennent 2,5 %. Soit une minorité de blocage de la part du capital "public" qui pèse plus de 20% dans le capital de l'équipementier aéronautique (22,61% au total).

Et si d'aventure l'Etat souhaitait au final se désengager, il tenterait, avant une opération de cession, de trouver un industriel français, voire européen, de référence pour se substituer à lui afin de protéger un groupe très stratégique pour la France notamment dans le domaine de la dissuasion nucléaire. Outre les moteurs civils, Safran travaille beaucoup dans la défense : numéro quatre mondial dans les moteurs d'avions militaires, numéro deux mondial dans les moteurs spatiaux (+ missiles balistiques), numéro un européen dans les drones tactiques, dans les systèmes optroniques et dans les systèmes de navigation inertielle (y compris pour la dissuasion). Il fabrique également les turbines des hélicoptères de l'armée française (Tigre, NH90, Caracal...). Enfin, Safran emploie, avec le rachat de Zodiac Aerospace, plus de 91.000 personnes pour un chiffre d'affaires qui s'élèverait à environ 21 milliards d'euros (pro-forma 2016).

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Commentaires
a écrit le 10/12/2018 à 18:51 :
Je cite "Et si d'aventure l'Etat souhaitait au final se désengager, il tenterait, avant une opération de cession, de trouver un industriel français, voire européen"

et quand cet industriel français sera ensuite racheté par un concurrent allemand ? autant aller directement au but : industriel européen...pardon...allemand
a écrit le 10/12/2018 à 13:59 :
Participation déjà trop basse!
On connaît la musique !
Quelques casseroles récentes :
Aldebaran > Softbank Robotics
https://www.softbankrobotics.com/emea/fr
Alcatel > Nokia
Technip > FMC
Alstom > GE
Alstom > Siemens
Airbus quand l’Allemagne (Merkel) avait récupéré la même participation que la France et bloqué toute initiative française.
CGG
STX, Naval Group ?
Les petites PME dans l'électronique
Etc.
a écrit le 10/12/2018 à 13:50 :
SAFRAN enfin SNECMA à l'époque qui a beaucoup appris lors du transfert de technologie du reacteur General Electric du bombardier B1.
Il y a eut, il y a et il y aura encore beaucoup d'acquisition de licenses de ce genre, vous n'en parlez jamais, par fierté ou pression on ne sait, mais il n'y a pas que des transfert de la france vers la corée du sud, loin s'en faut.

Ils auront peut etre besoin de l'état un jour pour recapituler pardon recapitaliser.
a écrit le 10/12/2018 à 12:18 :
Réaction française tardive, après le « traité de Versailles » que représenterait la dissolution de fait de Nexter dans un groupe allemand KMW/Rheinmetall en cours de constitution et où le français pourrait devenir le fournisseur des rétroviseurs du futur char « franco-allemand »... Quant à Dassault, ça sera un plus long car il y a beaucoup plus à « pomper »...

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