La vente de 2,35% de Safran va rapporter 1,24 milliard d'euros à l'Etat

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L'Etat poursuit progressivement son désengagement de Safran
L'Etat poursuit progressivement son désengagement de Safran (Crédits : Regis Duvignau)
Le produit de cession des titres Safran cédés par l'Etat servira à alimenter le fonds pour l'innovation et l'industrie dédié au financement des innovations de rupture.

Le désengagement de l'Etat dans le capital de Safran se poursuit. L'Agence des participations de l'État (APE) a cédé lundi pour le compte de l'Etat 10.410.000 actions Safran, a annoncé un communiqué du ministère de l'Economie et des Finances. Soit 2,35% du capital de l'équipementier aéronautique. Cette opération va rapporter à l'État environ 1,24 milliard d'euros. L'État restera le premier actionnaire de Safran, avec 10,81% du capital (contre auparavant 13,16%) et environ 17,67% des droits de vote (contre 21,8%). L'APE a précisé que 0,26% du capital de Safran serait ultérieurement proposé aux salariés et anciens salariés du groupe.

"Le produit de cession de ces titres servira à alimenter le fonds pour l'innovation et l'industrie dédié au financement des innovations de rupture", a expliqué le ministère.

"Cette cession s'inscrit dans le cadre d'une politique de gestion active des participations de l'État, respectueuse des intérêts patrimoniaux et stratégiques de l'État", a précisé  Bercy. Ces dernières années, l'Etat a cédé à plusieurs reprises des parts dans le groupe aéronautique. En 2013, il en possédait encore 23,5%.

Le jour où l'Etat a perdu le contrôle de Safran... sur un oubli de l'APE

A l'issue de la fusion de l'équipementier aéronautique Snecma et du groupe de défense Sagem en 2005, l'Etat a conservé 30,2 % du capital du nouveau groupe Safran. Une participation qui avait été fixée "en prenant en compte le fait que, escomptant obtenir des droits de vote double deux ans plus tard, avec près de 40 % des droits de vote à l'assemblée générale", a écrit en avril 2013 la Cour des comptes dans un rapport intitulé "Les faiblesses de l'Etat actionnaire d'entreprises industrielles de défense".

Toutefois, l'APE a omis en février 2007, de déclarer à l'Autorité des marchés financiers (AMF) ce franchissement de seuil. "L'APE s'est tardivement aperçue qu'elle ne pourrait exercer ses droits", a précisé la Cour des comptes. Du coup, l'APE ne disposait plus que de "seulement 29,5 % des voix à l'assemblée générale". Et la Cour rappelait que l'Etat, qui avait tenté en vain à cette époque d'imposer à Safran et Thales un vaste échange d'actifs, "ne dispose que de pouvoirs limités dans Safran". Et cela a été le début du désengagement de l'Etat dans Safran. D'ailleurs, en mars 2013, il avait effectué une première cession de 3,12% du capital de l'équipementier aéronautique pour une somme estimée à 461 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 04/10/2018 à 15:01 :
Et combien pour la cession partielle d'Aéroports de Paris ou la privatisation de la Française des Jeux ?
C'est les soldes d'automne. L'Etat a besoin d'argent rapidement mobilisable. Bradons.
Et il nous en faudra, des sous, si l'on doit recevoir une nouvelle mega amende impliquant Areva, la Societe Ausra, et un ministre actuel qui pourrait risquer son poste dans cette affaire à presque 24 milliards ! Un tiers de nos impôts sur la revenu ... Une peccadille !
a écrit le 02/10/2018 à 19:55 :
1,24 milliard d'euros qui serviront à alimenter le fonds pour l'innovation et l'industrie dédié au financement des innovations de rupture", a expliqué le ministère dont 50% en frais de ponxionnaires et diverses retenues financières bancaires improbables . . .
Question qui dans ce fond décidera de choisir et d'attribuer telle somme et à quelles conditions ? probablement par des gens si super-hautement-qualifiés qu'on ne pourra pas contester quoique ce soit . . .
a écrit le 02/10/2018 à 16:38 :
Vous prétendez que la vente va rapporter € 1,24 millards à l'Etat. N'oublions pas que le compte de participation de l'Etat sera diminué d'autant. Y aura-t'il une plus- ou moins-value par rapport au prix d'achat?
a écrit le 02/10/2018 à 14:16 :
Quand l'État aura tout vendu, c'est pour demain, sur quel levier pourra-t-il appuyer pour continuer à dépenser plus (sans compter), à part les taxes et impôts en tous genres bien sûr ?
a écrit le 02/10/2018 à 13:18 :
Bonne opération mais il ne faudrait pas s'arrêter là, l'état n'a rien à faire au capital des entreprises industrielles et commerciales du secteur concurrentiel.
Réponse de le 02/10/2018 à 19:46 :
L'Etat c'est nous et oui moi j'ai envie qu'on soit actionnaires et qu'on puisse influencer des politiques d'entreprises qui ne pensent jamais à l'intérêt général et qui n'ont pour règle qu'une seule chose : faire du fric.
a écrit le 02/10/2018 à 12:29 :
A défaut de réduire le train de vie, ou d'augmenter les prélèvements, il ne reste que cela comme solution ?
En dehors des paramétrés géostratégiques et autres jeux d'argent et de pouvoir que seuls les experts peuvent comprendre, on peut toujours se demander quels avoirs stratégiques il faut vendre et à qui.
Il faut espérer que se sont nos partenaires européens qui vont profiter des ces fleurons qui ont mis des décennies à se réorganiser et à devenir leaders dans leurs secteurs.
https://www.capital.fr/entreprises-marches/safran-letat-a-cede-2-35-du-capital-pour-1-24-milliard-deuros-1309237
Problème de fond et de fonds.
En l'occurrence "Le produit de cession de ces titres servira à alimenter le fonds pour l’innovation et l’industrie dédié au financement des innovations de rupture". https://www.capital.fr/entreprises-marches/safran-letat-a-cede-2-35-du-capital-pour-1-24-milliard-deuros-130923
https://www.entreprises.gouv.fr/dge/mise-place-du-fonds-pour-innovation-dote-de-dix-milliards-d-euros
Soit une partie des 10 Milliards prévus, le reste étant financé par l’apport de titres d’autres groupes. Montage étrange qui reste sous contrôle de l’Etat. Espérons que le pilotage administré de Bpifrance ne va pas freiner l’essor de technologies par nature agiles, mouvantes et disruptives.
Il faut bien essayer de faire bouger les choses. L’autre solution est de déplacer des investissements particuliers placés dans les traditionnels produits d’épargne ou dans l’immobilier, vers les actions d’entreprises, c’est prévu dans la loi PACTE. Comme quoi il y aurait une cohérence à tout cela, mais que cela manque d’explications ?
Surtout que les Français sont attachés aux 3 % de l’assurance vie, au livret d’épargne à taux quasi négatif et à leur immobilier, qui malgré des aides massives au secteur semble toujours avoir du mal à répondre aux besoins. D’autres pays avaient tout autant misé sur l’immobilier et cela ne leur a pas réussi.
Bref, il faudrait investir dans les entreprises, or un épargnant détenant quelques actions est encore considéré comme un spéculateur et non comme un investisseur dans l’économie réelle.
Ce n'est pas qu'une question de finances publiques, culturellement, le compte n’y est pas.
a écrit le 02/10/2018 à 12:17 :
L'état petit boursicoteur et spéculateur, faites ce que je dis, pas ce que je fais.
a écrit le 02/10/2018 à 10:54 :
Beau coup de la part de l'état français avec la vente de 2.35% du capital de Safran qui lui rapporte 1.24 milliard d'euros. Safran est une entreprise aéronautique qui se porte très bien sur un marché aéronautique très très très concurrentiel.Oui une belle affaire pour l'état français.
a écrit le 02/10/2018 à 9:48 :
C'est scandaleux ces ventes à la découpe si nos élus et hauts fonctionnaires ne sont pas capables de gérer qu'ils s'en aillent. "Les affaires d'un pays appartiennent aux citoyens de ce pays et pas à une secte".
Réponse de le 02/10/2018 à 11:30 :
Je suis d'accord avec vous mais ils ne veulent pas s'en aller ! C'est pour cela que je suis pour la suppression de l'ENA et au plus vite, une réorganisation des postes de direction publics en les ouvrant enfin à la société civile, donc aux gens compétents, professionnels, diplômés (en CDI public, surtout pas des fonctionnaires généralistes sans compétences professionnelles). Tout reste à faire car on est encore sur une logique de caste et pas une logique de compétences ! Urgent car notre capacité technologique est en cours de destruction rapide et nous ne devons pas laisser faire ...
a écrit le 02/10/2018 à 9:14 :
Et combien de perte de revenus annuels svp du coup ?
a écrit le 02/10/2018 à 8:38 :
innovation de rupture.

Echange truc qui rapporte contre truc qui coute, faire offre
a écrit le 02/10/2018 à 1:36 :
La Snecma est née de la volonté de Pompidou d assurer a la Fr son indépendance aéronautique suite a une tentative Anglaise de torpiller Airbus en ne livrant pas des moteurs R.R. Safran finira dans le giron US ! Bercy explique que cela s inscrit dans "une politique de gestion ! La bonne blague, comme pour Alstom, STX ? Pour mieux comprendre qui sont ces gens qui nous parlent de gestion stratégique, http://www.lcp.fr/emissions/droit-de-suite/283004-alstom-une-affaire-detat

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